Grèce : tour d'horizon de la presse européenne après le défaut de paiement

Le gouvernement grec a envoyé une nouvelle proposition d'accord à ses créanciers
Le gouvernement grec a envoyé une nouvelle proposition d'accord à ses créanciers
©AP Photo/Petros Giannakouris

Alors que la le 30 juin 2015 à minuit la Grèce n'a pas remboursé le 1,5 milliard d'euros qu'elle devait au Fonds monétaire international, la presse européenne revient largement sur la situation ce mercredi 1er juillet.

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En France, le quotidien Le Figaro, classé à droite, insiste sur la "vague bleue des partisans de l'euro" : ce mardi 30 juin au soir, environ 20000 personnes pour le "oui" au référendum ont manifesté à Athènes. Le journal dresse aussi la liste des autres pays, principalement d'Afrique subsaharienne n'ayant pas répondu à des échéances de paiement vis-à-vis du FMI.


De l'autre côté de l'échiquier politique, L'Humanité titre "Le vote non, c'est le choix de la dignité des Grecs." Comme le rappelle Paule Mason dans son éditorial, "les Grecs ne veulent pas sortir de l’euro. Son gouvernement non plus. Ils posent par contre la question de construire une Europe différente." Une manière de souligner que la question qui devrait être posée aux Grecs ce dimanche n'est pas de sortir, ou pas, de la zone euro. Mais d'accepter, ou pas, les réformes structurelles demandées par l'eurogroupe.


Outre-Rhin, en Allemagne, le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung revient notamment sur les demandes faites par la Grèce le 30 juin au soir. Et cite Sigmar Gabriel, le vice-chancelier : "Le mieux, ce serait que M. Tspiras annule le référendum". La chancelière, Angela Merkel, a pour sa part fait savoir dès ce mardi qu'elle refuserait de nouvelles négociations avant la tenue du référendum du 5 juillet.



Sur son site, le quotidien die Süddeutsche Zeitung​, libéral de gauche,​ tente d'expliquer "pourquoi Merkel échoue avec sa stratégie" sur le dossier grec. Parmi les explications données : un "manque de courage et de compassion".


Le site internet du Cyprus Mail met largement en avant la situation alarmante de la Grèce au lendemain de son défaut de paiement au FMI. Le média chypriote rappelle qu’Angela Merkel ne veut pas entendre parler de négociations, en vue d’un nouvel accord européen avec la Grèce, tant que le référendum n’aura pas eu lieu. Cyprus Mail relève cependant que le chef financier de l’Union européenne, Jonathan Hill, croit que l’eurozone peut surmonter la crise grecque.



Parmi les autres pays du Sud de l'Europe, l'Italie. La Repubblica titre sur les "négociations désespérées", et le Corriere della sera estime que "l'Europe fait pression, maintenant Athènes a peur", accompagnant sa Une d'une photographie de manifestante pour le "oui".



Pour le quotidien El Paìs, L’Europe doit maintenir le dialogue avec la Grèce pour éviter sa sortie de la zone euro, envisageant tous les scénarios possibles. Le journal espagnol souligne que l’Italie et la France essaient de trouver un accord avec les grecs avant le référendum de dimanche, tandis que l’Allemagne préfère attendre les résultats du référendum du 5 juillet avant toute décision.



Sur son site d’information, The Irish Time insiste sur l’intransigeance de la chancelière allemande, qui, selon les termes du journal, "verse de l’eau glacée sur l’espoir d’un plan de sauvetage de la Grèce de dernière minute" alors qu’au niveau européen la porte est toujours ouverte aux négociations.



Au Royaume-Uni, The Guardian qualifie ce défaut de paiement "d’échec historique de la zone euro". Le quotidien ajoute que la Grèce reste en situation de quasi-faillite, même après les aides apportées par le plan de sauvetage européen. Pour le quotidien, la crise grecque donne un sérieux coup à la zone euro qui n’avait jamais connu de pareille tourmente. 

 

Hors d'Europe, le président américain suit de très près la situation qui, pour certains observateurs, rappelle le précédent de la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers. The Wall Street Journal souligne que la Grèce est le premier pays développé à faire un défaut de paiement au FMI, malgré sa demande, déposée à la dernière minute, pour obtenir un délai supplémentaire. Le quotidien américain, qui relaie de nombreux banquiers, rappelle que les marchés mondiaux restent méfiants jusqu’au référendum grec.