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Grippe A/H1N1 - Tout savoir sur le virus

Avant d'être mis sur le marché, les vaccins contre le virus H1N1 doivent subir des tests cliniques (Keystone).
Avant d'être mis sur le marché, les vaccins contre le virus H1N1 doivent subir des tests cliniques (Keystone).
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Le A/H1N1, cousin d'un virus qui a frappé en 1957


Le virus A/H1N1 se transmet d’homme à homme aussi facilement que celui de la grippe saisonnière normale, lorsque des personnes infectées toussent ou éternuent et que les gouttelettes infectées sont inhalées ou contaminent les mains ou des surfaces.

Au 14 août 2009, 1964 cas ont été confirmés et plus de 1500 personnes en sont mortes à travers le monde.

C'est un virus nouveau, issu de la grippe aviaire, porcine et humaine, cousin d'un autre virus apparu en 1957. Aussi les personnes qui ont connu cette période sont mieux immunisées que les plus jeunes.

Les premiers signes de la grippe A H1N1 sont de type grippal : fièvre, toux, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, maux de gorge et écoulement nasal, parfois accompagnés de vomissements ou de diarrhée.

Selon les conseils de l'Organisation mondiale de la Santé, il faut consulter un médecin en cas de difficultés respiratoires ou si la fièvre persiste plus de trois jours. Les parents doivent consulter un médecin si leur enfant respire rapidement ou difficilement, s’il a de fièvre de façon constante ou s’il a des convulsions.


Il y a 90 ans, la grippe espagnole faisait 30 millions de victimes

Il y a 90 ans, la grippe espagnole faisait 30 millions de victimes
Eclipsée par la première guerre mondiale, cette pandémie a pourtant été la plus meurtrière de l'histoire humaine et la première pandémie mondiale de grippe avant celle de la grippe A/H1N1.


Sujet de Jakob Schlüpmann
16 janvier 2006 - 2'17

“La grippe A va toucher davantage les jeunes, y compris ceux en bonne santé“

Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses et tropicales, hôpital Raymond-Poincaré à Garches et membre du haut conseil de santé publique en France









Comment est né le virus A/H1N1 ?

Ce virus est une combinaison de différents composant provenant de la grippe porcine, aviaire et la grippe humaine. Dans le monde, les virus s'échangent constamment des composants créant de nouvelles combinaisons. Et par le jeu du hasard, un virus plus virulent que les autres émerge. Avant d'apparaître au Mexique, le virus H1N1 a sans doute circulé dans d'autres zones du globe.


Quelles sont les spécificités de ce virus grippal ?

C'est le cousin d'un virus qui a frappé en 1957. Il se transmet très facilement d'homme à homme et s'avère dangereux. Certes, dans la majorité des cas, il prend des formes bénignes mais peut aussi engendrer des grippes sévères voir mortelles. On s'est rendu compte que certains patients peuvent en mourir très vite, en quelques jours seulement. Ils ne développent pas de surinfection bactérienne mais décèdent d'une pneumonie virale directement provoquée par le virus H1N1.


N'est-il pas moins dangereux que prévu ?

Quand il est apparu au Mexique, on a annoncé des chiffres énormes de mortalité. Finalement, il y a eu moins de décès que prévu. Mais il est claire que ce virus peut tuer. Selon l'OMS, il serait 10 fois plus mortel que les grippes saisonnières. Je pense toutefois qu'il faut relativiser ce chiffre, basés sur des statistiques pas toujours fiables issues notamment de pays qui n'ont pas nécessairement les moyens d'établir des diagnostics grippaux.

Dans les pays industrialisés, la grippe A semble provoquer un décès pour mille malades. Elle ne serait donc pas plus virulente que les grippes saisonnières classiques. Mais son impact sera sans doute différent. Elle va toucher davantage les jeunes, y compris ceux en bonne santé. Ayant connu la grippe de 1957, les sexagénaires et plus sont mieux immunisés que le reste de la population. Si cela reste rare, le virus H1N1 a déjà provoqué la mort de certaines personnes jeunes qui ne présentaient pas de maladie grave. C'est vraiment cela la nouveauté de ce virus.


Le virus H1N1 de la grippe porcine isolé au cours de l'épidémie de 1976, aux Etats-Unis.(Reuters)
Le virus H1N1 de la grippe porcine isolé au cours de l'épidémie de 1976, aux Etats-Unis.(Reuters)
Ce virus peut-il muter et devenir plus virulent en passant d'un hémisphère à l'autre ?

En se baladant d'une région à l'autre, ce virus peut muter à n'importe quel moment. Il peut devenir plus ou mois virulent, plus ou moins transmissible. Il est impossible de le prévoir.


Selon les chiffres de l'OMS, l'Afrique est le continent le moins touché. Est-ce lié au climat plus chaud ?

Il faut prendre ces chiffres avec prudence. En Afrique, la grippe n'a jamais été étudiée. Il n'y a pas de diagnostic ni de surveillance virologique. Mais il est vrai que le virus H1N1 disparaît quand la température monte. Il est détruit par les ultras-violets. Néanmoins, en 1918, avec la grippe espagnole, la mortalité avait battu des records en Inde. D'une manière générale, dans les pays en développement, les populations peuvent être plus vulnérables dans la mesure où elles souffrent plus souvent de malnutrition, sont porteuses d'infections chroniques et ont un accès aux soins plus difficile.


Dans l'hémisphère nord et notamment en Europe, le développement de la grippe est en partie freiné par les températures clémentes de l'été. Quand est-ce que doit arriver le pic de l'épidémie ?

Au pire, la grippe A pourrait toucher jusqu'à 60 % de la population. Selon des pronostics plus réalistes, un tiers à 45 % de la population pourrait être contaminée. L'épidémie va se faire en deux vagues. Un première attendue pour cet automne, entre octobre et novembre, et une seconde en hiver. En fait, quand la grippe frappe une population, certaines personnes s'immunisent et la contamination régresse mais dès qu'elle repart vers une nouvelle zone, elle se développe à nouveau.

En étudiant les grippes précédentes, on a remarqué que certaines grandes grèves dans les transports en commun comme en 1993 ont réussi à casser des épidémies. Il faut limiter les confinements et les concentrations de personnes. Les fermetures de classes et de crèches peuvent avoir de réels effets. Si elles sont décidées à temps, elles peuvent ralentir la propagation du virus. Pour toute grippe, les enfants constituent le principal réservoir de transmission.


Pourquoi les femmes enceintes sont-elles plus vénérables à cette grippe ?

La femmes enceinte est dans un état naturel de tolérance immunitaire. Pour pouvoir conserver son enfant qui n'est pas son homologue génétique, son corps freine la production d'anti-corps. Elle est donc plus sensible aux infections et à la grippe. De même, le nourrisson de moins d'un an, dont le système immunitaire est encore peu développé, est plus vulnérable.


Quelles sont les autres populations à risques ?

Toutes les personnes aux maladies sous-jacentes. Les personnes immuno-dépressives qui, par exemple, sont en chimiothérapie, et les personnes avec des problèmes respiratoires. Les très gros fumeurs qui ont des bronchites chroniques, les asthmatiques, les diabétiques, les personnes souffrant d'obésité importante...


Faut-il avoir peur des futurs vaccins contre le H1N1 ?

Les vaccins sont en tests cliniques. Une phase indispensable et incompressible. Pour l'instant, on se rend compte qu'ils n'engendrent pas une réponse immunitaire suffisante. Il y a donc deux possibilités pour corriger le tir. Soit augmenter la quantité virale mais cela risque d'épuiser le stock. Soit trouver un nouvel adjuvant (lire la définition) et en augmenter la dose pour renforcer la réponse immunitaire. Il sera aussi possible d'injecter le vaccin non pas en une seule mais en deux doses. Il faut donc affiner ces calibrages.

Mais les vaccins qui seront mis sur le marché ne seront pas dangereux et présenteront les mêmes effets secondaires que n'importe quel autre vaccin grippal. C'est-à-dire des formes d'allergies, dont l'allergie aux oeufs embryonnés - ces oeufs qui permettent de cultiver les cellules souches - qui peut s'avérer grave mais reste rarissime.

Une plaquette de Tamiflu pour lutter contre le virus.
Une plaquette de Tamiflu pour lutter contre le virus.
Ces futurs vaccins vont-ils assurer une immunité à 100% ?

En moyenne, les vaccins contre les grippes saisonnière immunisent à 80 %, en raison de leur mode de fabrication. Un an à l'avance, l'OMS détermine les trois virus les plus prédominants et transmet les cellules souches aux laboratoires pharmaceutiques. Mais, dans les faits, certains virus sous-estimés par l'OMS peuvent aussi frapper. Les vaccins saisonniers ne sont donc pas fiables à 100%. Mais dans le cas de la grippe A, le virus est bien déterminé. Les vaccins en préparation seront donc plus efficaces.


Etes-vous favorable à une vaccination obligatoire pour toute la population ?

Que ce soit en France ou dans d'autres pays industrialisés, il ne sera pas possible de vacciner tout le monde. Les premiers vaccins vont sans doute arriver en quantité significative fin septembre début novembre. Il faudra vacciner en priorité les personnes à risques et le personnel médical, puis le maximum de personnes.

La vaccination permet à la fois de s'auto-protéger et de freiner la contamination. Elle présente un intérêt individuel et collectif. Mais je ne suis pas favorable à la vaccination obligatoire car elle engendre toujours un phénomène d'opposition et de peur. Mieux vaut qu'elle soit vivement recommandée.


A quoi sert le Tamiflu ?

Alors que le vaccin est préventif, le Tamiflu, lui, permet de traiter la grippe A. Il ne tue pas le virus mais freine son développement dans le corps. Mais pour qu'il soit efficace, il doit être pris dans les 48 heures après l'apparition des premiers symptômes (montée de fièvre, maux de tête, mal de gorge, toux et courbatures).


Le Tamiflu peut-il être dangereux pour les jeunes enfants ?

Non. Il s'agit d'une rumeur provenant du Royaume-Uni. Dans des école britanniques où il y a eu quelques cas de grippes A, du Tamiflu a été donné de manière préventive à tous les écoliers alors que la plupart était en bonne santé. Or, certains se sont plaints d'effets secondaires. Ce qui est un phénomène normal quand on donne un médicament à des enfants non malades. Il faut faire un bon usage du Tamiflu.


Propos recueillis par Camille Sarret
21 août 2009

Grippes animales et humaines

Grippe aviaire
Elle désigne une maladie virale proche de la grippe qui infecte les oiseaux sauvages ou domestiques. Cette affection est transmissible entre volatiles et plus rarement à des mammifères (dont le porc qui est à la fois réceptif aux virus grippaux aviaires et humains). En 2004, la souche H5N1 du virus a rendu la maladie tristement célèbre : celle-ci est fortement dangereuse pour l'homme. A l'heure actuelle, on n'a observé que des transmissions d'oiseaux à hommes qui restent rare.

Grippe porcine
C'est une maladie respiratoire aiguë contagieuse qui est courante chez les porcs, avec une estimation de 25% des animaux atteints à l'échelle mondiale. Son taux de mortalité est relativement faible. Des vaccinations systématiques sont effectuées sur les populations de porcs dans de nombreux pays. Les virus grippaux porcins les plus fréquent appartiennent au sous type H1N1.

Grippe A H1N1
C'est est une maladie respiratoire aiguë contagieuse causée par un nouveau virus A H1N1. Ce virus n'avait jamais circulé auparavant chez l'homme. C'est une combinaison de différents composants issus des grippes aviaire, porcine et humaine. Cette grippe a été nommée ainsi par l'Organisation mondiale de la Santé le 30 avril 2009.

Définitions

Virus : une entité biologique qui a besoin d'une cellule hôte pour se multiplier et se reproduire. C'est un parasite intracellulaire.

Mutation : la mutation d'un virus est engendrée par une erreur dans son processus de division et donc de multiplication. Par un jeu du hasard, il peut se combiner avec d'autres composants et transformer ainsi sa composition biologique.

Pneumonie virale et bactérienne : c'est une infection des poumons causée soit par des bactéries ou par un virus.

Système immunitaire : un mécanisme naturel de défense face à une agression extèrieure ou à un dysfonctionnement de l'organisme.

Adjuvant : c'est une substance biologique qui est ajoutée au vaccin pour stimuler la réponse immunitaire de l'organisme.

Les laboratoires pharmaceutiques

Les principaux laboratoires pharmaceutiques dans le monde qui mettent au point les futurs vaccins contre le virus A H1N1: Sanofi Pasteur en France, Baxter aux États-Unis, GSK en Grande Bretagne et Novartis en Suisse.