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Hambourg sous tension avant le G20

Arrivée des passagers d'un train de manifestants en gare de Hambourg le 6 juillet.<br />
Sur la banderole, "<em>la guerre commence ici</em>".<br />
<sub>(Daniel Bockwoldt/dpa via AP) </sub>
Arrivée des passagers d'un train de manifestants en gare de Hambourg le 6 juillet.
Sur la banderole, "la guerre commence ici".
(Daniel Bockwoldt/dpa via AP)

Les incidents ont eu lieu hier soir à Hambourg (Allemagne) à la veille du sommet du G20 qui doit s'y tenir les 7 et 8 juillet. Bastion traditionnel de la radicalité, la ville s'apprête à recevoir, outre les chefs d'Etats et de gouvernement avec leurs délégations, près de 10 000 "activistes" de gauche, venus en particulier de Scandinavie et d'Italie.

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A Hambourg, des affrontements ont éclaté jeudi soir entre plusieurs milliers de manifestants anti-G20 et la police, ajoutant à la tension pesant sur le premier sommet de ce type pour Donald Trump. Le président américain va rencontrer pour la première fois son homologue russe Vladimir Poutine dans l'après-midi.

Ces incidents entre plusieurs milliers de manifestants anti-G20 et la police ont fait plusieurs blessés jeudi soir, dont 76 blessés légers parmi les policiers. 5 personnes on ont été interpellées parmi les manifestants.
Les heurts se sont poursuivis peu avant dans la nuit tandis que quelques milliers de personnes continuaient à défiler, dans le calme cette fois, sous étroite surveillance des forces anti-émeutes.
"L'Etat policier fait tout ce qu'il peut pour nous priver de notre droit à manifester", indique à l'AFP un militant d'extrême gauche présent sur les lieux, Georg Ismail.
"Les guerres, le changement climatique et l'exploitation sont le résultat du système capitaliste que représente le G20", a-t-il indiqué.

Ces affrontements sont à l'image de la tension qui s'annonce dans l'enceinte de la ville portuaire allemande qui accueille le sommet des dirigeants des 20 principales économies de la planète, dans un contexte où de nombreux sujets conflictuels de discussion entre le président américain Donald Trump et les autres dirigeants seront abordés.

-Hambourg sous haute surveillance-

Quelque 20.000 policiers venus de toute l'Allemagne sont déployés dans cette grande cité portuaire.D'importantes restrictions de circulation dans le centre-ville. 

Avec 28 hélicoptères, 185 chiens et 3.000 véhicules, les policiers sont chargés d'assurer la sécurité d'un sommet qui réunira vendredi et samedi les dirigeants des vingt pays les plus riches de la planète, dont Angela Merkel, Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Très surveillée en raison des attentats islamistes qui ont frappé l'Europe depuis 2015, cette réunion s'annonce en outre comme un défi pour la police face à la forte mobilisation attendue des anti-G20, qui depuis des semaines promettent de bloquer les travaux des dirigeants.

- Démonstration de force -

Mercredi soir, déjà, environ 11.000 personnes ont défilé dans le centre-ville au son de la musique techno. Deux personnes ont été brièvement interpellées.

Une marche de "zombies", réunissant plusieurs centaines de personnes le corps entièrement recouvert de terre glaise grise, pour dénoncer la déshumanisation des peuples face à la mondialisation, a aussi eu lieu.  

Des manifestants ont en outre eu l'autorisation de planter leurs tentes dans deux parcs de la ville pour la nuit. 

Jeudi matin, huit voitures de luxe ont brûlé chez un concessionnaire Porsche, mais aucune revendication n'a été retrouvée et la police enquête sur un éventuel lien avec le sommet.

Selon les autorités, jusqu'à 100.000 manifestants devraient battre le pavé sur plusieurs jours. Plus de 30 rassemblements de protestation sont prévus.

- Black blocs -

Les autorités craignent tout particulièrement la présence de milliers de +Black blocs+, ces groupuscules de militants anarchistes ou autonomes. 

Dissimulés sous des cagoules ou des masques, ils apparaissent tout à coup dans les cortèges pour en découdre avec la police. 

Les inquiétudes sont d'autant plus vives que Hambourg est un bastion de la contestation violente. 

Une autre grande manifestation à l'initiative de la mouvance d'extrême-gauche est prévue samedi en fin de matinée.

Les protestataires jugent "la démocratie à Hambourg en danger" avec un tel déploiement policier.

Une large banderole s'affichait à l'entrée d'un célèbre théâtre de la ville: "La protestation n'est pas un crime!" et détournait l'un des slogans de Donald Trump en "Make democracy great again". 

Des voix, parmi lesquelles Amnesty International, s'indignent de voir Hambourg se transformer en "forteresse" avec interdiction des manifestations sur une zone de 38 km2, soit pratiquement tout le centre ville. 

Certains critiquent le fait qu'une grande ville ait été choisie pour accueillir un tel sommet, et non un endroit éloigné des zones urbaines comme c'est souvent le cas.

Mais les autorités allemandes ont affirmé vouloir envoyer un signal de transparence, à l'heure où les dirigeants politiques font face à une grande défiance des populations.