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Hillary Clinton candidate démocrate investie pour la présidentielle américaine

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©A.Renevier

La convention démocrate s'est achevée ce jeudi 28 juillet à Philadelphie. Hillary Clinton est désormais la candidate officielle des démocrates à la Maison Blanche. Elle a clôturé cette grand messe par un discours programme et une charge contre Donald Trump. 

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Dans une mer de drapeaux américains, précédée à la tribune par un général et un arc-en-ciel d'Américains de toutes origines et toutes religions, Hillary Clinton, 68 ans, a fait plus que reprendre le flambeau du Parti démocrate: c'est en défenderesse de la Constitution et des valeurs américaines qu'elle s'est érigée jeudi 28 juillet.

Et elle a exhorté ses compatriotes à ne pas céder au message populiste de son rival républicain pour le scrutin de novembre.
 

Hillary Clinton à Philadelphie le 28 juillet 2016 lors de la convention démocrate qui l'a choisie comme candidate pour la présidentielle américaine. 
Hillary Clinton à Philadelphie le 28 juillet 2016 lors de la convention démocrate qui l'a choisie comme candidate pour la présidentielle américaine. 
©AP Photo/Carolyn Kaster

"C'est avec humilité, détermination et une confiance sans limites dans la promesse de l'Amérique que j'accepte votre nomination pour la présidence des Etats-Unis", a-t-elle déclaré, en clôture de la convention qui l'avait adoubée mardi 26 juillet, sept semaines après la fin des primaires.

Deux Amériques qui s'opposent

Dans son discours de près d'une heure, devant près de 5 000 délégués et des milliers d'invités et de journalistes, elle a prévenu les Américains séduits par le verbe martial de son adversaire que l'élection de novembre serait une "heure de vérité".

Comme Barack Obama la veille, elle a affirmé que l'alternative n'était pas entre droite et gauche, mais entre deux Amériques, l'une de peur et de rejet, l'autre confiante et solidaire.

Elle ne s'est d'ailleurs pas appesantie sur le programme démocrate, sachant que l'impréparation n'est pas ce que les électeurs lui reprochent. Elle a glissé sur son rôle de pionnière et la longueur de son CV. 

Si elle se targue d'être la première femme candidate à la présidentielle américaine, la vraie pionnière s'appelle en réalité Victoria Woodhull. 

Les mots les plus importants de son discours étaient "plus forts ensemble", le slogan de sa campagne.

La félicitant sur Twitter, Barack Obama a promis de lui céder son compte sur le réseau social.
 

[Formidable discours. Elle Great speech. She's tested. She's ready. She never quits. That's why Hillary should be our next @POTUS. (She'll get the Twitter handle, too)

Trump ciblé

Donald Trump n'est apparu dans son discours que comme un faire-valoir de la crédibilité de son parcours et de la sincérité de ses convictions. Elle a cité Franklin Roosevelt et John F. Kennedy et évoqué son éducation au début des Trente glorieuses pour dénoncer un candidat sans ancrage dans la tradition américaine.

"La triste vérité est qu'il n'y a pas d'autre Donald Trump. Il est vraiment comme ça", a lâché Hillary Clinton.

Depuis juin, la candidate a pris ses marques pour critiquer, avec force sarcasmes, le milliardaire new-yorkais. Elle prend plaisir à rappeler les faillites de ses casinos et à souligner sa susceptibilité supposée.

Assez d'intolérance et de grandiloquence. Donald Trump n'offre aucun vrai changement.

Hillary Clinton. 

"Imaginez-le dans le bureau ovale confronté à une crise réelle. Un homme que vous pouvez appâter avec un tweet n'est pas un homme auquel vous pouvez confier des armes nucléaires", a-t-elle lancé.

Mais elle est redevenue solennelle pour décrier des promesses creuses du républicain, assimilé à ces "petits hommes gouvernés par la peur et l'orgueil".

"L'Amérique est grande, car l'Amérique est bonne", a déclaré Hillary Clinton. "Assez d'intolérance et de grandiloquence. Donald Trump n'offre aucun vrai changement".

Clinton fait son autocritique

Le texte de Mme Clinton n'était pas sans autocritique. Elle a convenu avoir besoin des partisans de son ex-rival des primaires Bernie Sanders, leur lançant: "Je vous ai entendus".

Et l'héritière désignée de Barack Obama a admis que les électeurs "en colère, voire furieux" des problèmes économiques persistants avaient... raison.

"Nous ne vous avons pas assez bien montré que nous comprenons vos épreuves, et que nous allons vous aider", a-t-elle dit.

Promettant que l'emploi et la hausse des salaires serait sa "mission principale", elle concrétisera dès vendredi 29 juillet cet engagement par une tournée en Pennsylvanie et dans l'Ohio, épicentre de la désindustrialisation, avec son colistier Tim Kaine.

Protestations silencieuses

C'est l'électorat blanc et ouvrier de cette région que convoite également Donald Trump.

Stephen Miller, conseiller du républicain, a critiqué l'Amérique "imaginaire" d'Hillary Clinton, affirmant qu'en étaient exclus "les gens qui ont perdu leur emploi à cause des accords commerciaux des Clinton".

Et le scandale de son adresse mail privée utilisée pour des messages officiels alors qu'elle était secrétaire d'Etat n'a pas arrangé les choses.

Mais seuls quelques délégués fidèles à "Bernie" ont manifesté leur rejet par des protestations silencieuses, avec des pancartes, ou par des cris sporadiques vite couverts par ceux des partisans d'Hillary Clinton.

Défilé de soutiens à la tribune

La mise en scène impeccable de la convention a vu défiler à la tribune des Américains ordinaires, des célébrités allant de Katy Perry à Meryl Streep, des ténors démocrates ainsi que des républicains dégoûtés par leur porte-flambeau.

[Just arrivée à Philadelphie pour la convention démocrate et prête à écouter et apprendre.]

Le général à la retraite John Allen et des anciens soldats, dont l'Américain d'origine française Florent Groberg, ont aussi apporté leur caution militaire à l'ancienne sénatrice de New York, qui accède enfin à la nomination qu'elle avait dû céder il y a huit ans à Barack Obama.

Dans cette succession de discours, celui de Khizr Khan, père d'un soldat américain musulman tué en Irak en 2004, a marqué les esprits.

"M. Trump, vous demandez à l'Amérique de vous confier son avenir, mais avez-vous au moins lu la Constitution des Etats-Unis ?", a lancé ce père dans une colère à peine contenue, et en brandissant un exemplaire du texte.