Hommage au Père Jacques Hamel : unité à Notre-Dame de Paris

François Hollande, président de la République française, et le cardinal André Vingt-Trois lors de l'hommage au Père Jacque Hamel célébré à Notre-Dame de Paris, le 27 juillet 2016.
François Hollande, président de la République française, et le cardinal André Vingt-Trois lors de l'hommage au Père Jacque Hamel célébré à Notre-Dame de Paris, le 27 juillet 2016.

Au lendemain de l’attentat perpétré à Saint-Etienne-du-Rouvray, la cathédrale Notre-Dame de Paris était comble pour l'hommage au Père Jacques Hamel. Personnalités politiques, religieuses et anonymes y étaient rassemblées pour la messe célébrée par le cardinal André Vingt-Trois.

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En cette fin d’après-midi, mercredi 27 juillet, le parvis de Notre-Dame de Paris est étonnamment vide de ses touristes. Deux heures avant la cérémonie d’hommage au Père Jacques Hamel, exécuté la veille au sein de son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) lors d'un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique, le quartier de la cathédrale de l’île de la Cité est bouclé. Les fidèles s’amoncellent le long des barrières de sécurité. Quatre fouilles et palpations sont nécessaires avant de pénétrer, enfin, dans la nef. La messe officiée par le cardinal André Vingt-Trois est placée sous très haute sécurité.
 
N. Sarkozy, V. Giscard d'Estaing, C. Bartolone, G. Larcher, M. Valls et F. Hollande lors de l'hommage au Père Jacques Hamel à Notre-Dame de Paris le 27 juillet 2016.
N. Sarkozy, V. Giscard d'Estaing, C. Bartolone, G. Larcher, M. Valls et F. Hollande lors de l'hommage au Père Jacques Hamel à Notre-Dame de Paris le 27 juillet 2016.
©Benoit Tessier/Pool Photo via AP
Une à une, les personnalités politiques font leur entrée. Les anciens présidents de la République, Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy, sont là. Certains membres du gouvernement actuel, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Marc Ayrault, aussi. François Hollande arrive à son tour aux côtés d’André Vingt-Trois. Le temps d’une cérémonie religieuse, au moins, les politiques font table rase de leurs querelles sur les mesrures à prendre face au terrorisme et affichent un semblant d’unité. Les représentants des cultes musulman, juif, protestant et orthodoxe ont également pris place. Quelque 1500 personnes assistent à la messe. « Seigneur, rassemblons-nous dans la paix de ton amour ! » chante l’assemblée à l'unisson. La cérémonie peut débuter. 
 
Avec les derniers attentats qui ont frappé la France, les 14 et 26 juillet, un cap supplémentaire dans l’effroi a été franchi. « Maintenant, ça peut arriver n’importe où. Nous ne seront épargnés nulle part » confie un fidèle. Malgré cette atmosphère morose et les larmes de quelques croyants, Monseigneur André Vingt-Trois prononce une homélie confiante : « L’Espérance inscrite par Dieu au cœur de l’Homme a un nom. Elle se nomme la vie. (…) L’Espérance a un projet. Le projet de rassembler l’humanité en un seul peuple, non par l'extermination mais par la conviction et l'appel à la liberté. C'est cette espérance au cœur de l'épreuve qui barre à jamais pour nous le chemin du désespoir, de la vengeance et de la mort. » 
 
1500 personnes ont assisté à l'hommage au Père Jacques Hamel célébré à Notre-Dame de Paris le 27 juillet 2016.
1500 personnes ont assisté à l'hommage au Père Jacques Hamel célébré à Notre-Dame de Paris le 27 juillet 2016.
©TV5MONDE/Amélie Revert
Pendant son discours, les gens continuent d’arriver. Il n’y a plus de chaises disponibles, et certains sont obligés de s’asseoir à même le sol. « C’est cette même espérance qui nous permet de ne pas succomber à la haine quand nous sommes pris dans la tourmente », poursuit André Vingt-Trois. Un message contre la haine et d'unité que semblent aussi véhiculer les femmes voilées et hommes en kippa venus rendre hommage, eux aussi, au Père Jacques Hamel à Notre-Dame de Paris.
 
Mais la trêve politique n'aura pas duré. Ce jeudi 28 avril, Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice, publie une tribune dans Le Monde, en réponse à la proposition de Nicolas Sarkozy de mettre en rétention les personnes fichées "S". Selon le garde des Sceaux, celle-ci bafoue le droit français. « L'arbitraire n'est pas acceptable et, au nom de l'efficacité, je refuse cette volonté de "gantanamoïsation" de notre droit » a-t-il affirmé.