Industrie textile au Bangladesh : drames en chaîne

Manifestant qui demandent la peine de mort du propriétaire du Rana Plaza, le 30 avril 2013 à Dacca / Photo AFP Munir Uz Zaman
Manifestant qui demandent la peine de mort du propriétaire du Rana Plaza, le 30 avril 2013 à Dacca / Photo AFP Munir Uz Zaman

Le 24 avril 2013, un immeuble s'effondrait à Dacca au Bangladesh faisant plus de 500 morts. Les victimes, principalement des femmes et des enfants, travaillaient dans les cinq ateliers de textile qu'abritait le bâtiment et qui fournissaient des firmes de prêt-à-porter occidentales. Après le deuil, les ouvriers ont commencé à manifester en masse pour déplorer leurs conditions de travail. Depuis le début de la semaine, des échauffourées ont éclaté avec entre la police et les manifestants qui tentaient de bloquer des usines. Grand angle sur une tragédie sociale.

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Chronologie

MARDI 24:Le Rana Plaza, un bâtiment de huit étages situé à Savar au Bangladesh s'effondre le matin, emportant dans sa chute cinq ateliers de confection travaillant pour de grandes firmes occidentales. Ces ateliers employaient régulièrement 3 000 personnes. Montagne de gravats et d'acier tordu: la scène évoque les conséquences d'un puissant séisme. Les secours s'organisent. La Première ministre, Sheikh Hasina, décrète une journée de deuil national. Des témoins affirment avoir alerté en vain les responsables de la présence de fissures, la veille du drame.
       
JEUDI 25: Les organisations de défense des ouvriers du textile dénoncent les liens des ateliers avec plusieurs grandes marques occidentales. Le Britannique Primark confirme, l'Italien Benetton nie, l'Espagnol Mango assure n'avoir commandé que des "échantillons", alors que l'Américain Walmart "enquête".
Des dizaines de milliers d'ouvriers débrayent en signe de solidarité, provoquant la fermeture de centaines d'usines.
       
VENDREDI 26: Nouvelle manifestation de centaines de milliers d'ouvriers dans la banlieue de Dacca pour réclamer justice et de meilleures conditions de travail. Ils attaquent des usines et renversent des véhicules, entraînant des échauffourées avec la police.
       
SAMEDI 27: Trois propriétaires d'ateliers de confection et deux ingénieurs sont arrêtés et visés par une enquête pour "homicide par négligence".
       
DIMANCHE 28: Arrestation de Sohel Rana le propriétaire de l'immeuble, membre du parti au pouvoir, accusé de ne pas avoir respecté la règlementation, car l'immeuble a été construit illégalement. Un incendie éclate dans les décombres et coûte la vie à la dernière survivante. Le bilan de ce drame s'élève à plus de 380 morts, le plus grave accident dans l'histoire industrielle du pays.

LUNDI 29: Début du déblaiement du site alors que s'éteint l'espoir de retrouver des survivants. Le travail reprend dans les autres ateliers du pays, mais un appel à la grève fait à nouveau sortir plus de 15.000 personnes dans la rue, en périphérie de Dacca.
La marque de textile britannique Primark s'engage officiellement à "verser des indemnités" aux victimes et à leurs familles, bientôt suivie par le canadien Loblaw.
 

L'effondrement d'une fabrique de textile

Reportage France 3 C.Boudin, C.Gueneau
L'effondrement d'une fabrique de textile
 

Manifestations des ouvriers réprimées violemment au Bangladesh

30.04.2013Récit Pascale Achard, C.Taillefer - JT TV5MONDE
Manifestations des ouvriers réprimées violemment au Bangladesh
 

Carte des incendies et effondrements d'usines de textile dans le monde


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