Inondations au Canada : plus de 1500 personnes évacuées

Des habitants de l'Ile Mercier, au Sud du Québec, évacuent leurs maisons le 6 mai 2017.
Des habitants de l'Ile Mercier, au Sud du Québec, évacuent leurs maisons le 6 mai 2017.
(Photo : AFP / Amru Salahuddien / Anadolu Agency)

L'Est du Canada connaît de fortes crues, entraînant l'évacuation de plus de 1 500 personnes et la déclaration en état d'urgence de dix municipalités.

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« On est en stabilisation. On atteint les niveaux maximum », a déclaré ce 8 mai 2017 le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux à Radio Canada, tandis que les inondations se poursuivent depuis plusieurs jours dans l’Est du Canada. De nouvelles évacuations ont eu lieu dimanche soir dans plusieurs localités situées entre Ottawa et l’île de Montréal.

Une carte mise à jour en temps réel a été mise à disposition des Canadiens pour suivre la situation. 

D’après l’état de la situation publié le dimanche 7 mai à 22h30 par la cellule d’urgence québécoise, 146 villes et municipalités sont sinistrées, 2 429 résidences sont inondées, 1 520 personnes ont été évacuées et 427 routes sont touchées par la crue. Dix municipalités, dont celle de Montréal, ont par ailleurs déclaré l’état d’urgence local pour quelques jours. Celui-ci permet aux services de sécurité d’ordonner l’évacuation des habitants des zones inondées ou sous la menace d’une montée soudaine des eaux, selon les explications du maire de Montréal.

« Du jamais vu »

Le ministre de l’Environnement David Heurtel a expliqué dimanche en conférence de presse que le débit important des rivières pourrait ralentir à partir de mardi, ce qui permettrait d’espérer une baisse des niveaux de l’eau à partir de mercredi et jusqu’à la fin de la semaine, rapporte Radio Canada. « C’est du jamais vu en 55 ans, depuis qu’on compile des données au gouvernement », a également déclaré le ministre. Sur place, les riverains rencontrés par les journalistes de l’AFP témoignent de l’ampleur de l’événement : « J’ai pas vu cela depuis 1974 quand l’environnement n’était pas le même car il n’y avait pas autant de maisons », indique un habitant de Pierrefonds, à 30 km à l’ouest de Montréal. La situation est particulièrement critique dans la ville de Gatineau, où le fleuve atteint un débit d’environ 9 000 m3 par seconde, soit pratiquement deux fois son débit habituel en cette saison.

Les bâtiments abritant les administrations fédérales dans la ville doivent d’ailleurs rester fermés ce lundi 8 mai, ainsi que de nombreuses écoles et l’université locale. Des fermetures similaires ont lieu dans d’autres villes. Les Gatinois sont en outre invités à ne pas aller travailler à Ottawa, l’autoroute et le principal pont en permettant l’accès étant fermés.

Quelque 1 200 militaires sont déployés pour aider des services de secours, contribuant « au renforcement préventif des digues (…) et des infrastructures essentielles comme les stations de traitement de l’eau et les ponts », a indiqué le ministère de la Défense.
Le quotidien Le Devoir explique que quatre centres de coordination régionaux ont été mis en place, incluant autorités municipales, services d’incendie, policiers et forces armées canadiennes. Des centres d’hébergement de la Croix Rouge ont également été mis sur pied pour accueillir les sinistrés.
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