Instagram : les “gosses de riches“ de Téhéran ne sont plus à l'affiche

Capture d'écran du site  “richkidsoftehran“ avant sa fermeture
Capture d'écran du site “richkidsoftehran“ avant sa fermeture

Jeudi 9 octobre les autorités iraniennes ont fermé une page Instagram à la gloire de la jeunesse dorée de Téhéran. En quelques semaines à peine, elle avait entraîné une vague d'indignation en Iran et suscité l'intérêt des médias du monde entier. Un phénomène révélateur d'une société à double vitesse.

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Voitures de luxe, montres hors de prix, somptueuses villas avec piscine, soirées fastueuses où l'alcool coule à flot et les jeunes filles sont légèrement vêtues... depuis un mois, la jeunesse dorée de Téhéran étalait sa richesse et dévoilait sa douceur de vivre en postant des photos sur le compte Instagram "richkidsoftehran"(trad."Gosses de riches de Téhéran"). Des clichés qui ont surpris. Dans un pays soumis à de très strictes sanctions internationales (plus de la moitié de la population urbaine de l'Iran vit en-dessous du seuil de pauvreté) et où la loi islamique interdit l'alcool et les tenues "indécentes", ces images ont mis en évidence une société à deux vitesses. Et un pays où les règles et les sanctions ne sont pas les mêmes pour tous. Ouverte il y a moins d'un moins, les autorités iraniennes ont définitivement fermé la page jeudi 9 octobre.
 

Nouveaux riches 

Le journal Taadol, considéré comme proche de l'actuel président modéré Hassan Rohani, dénonce "une classe de nouveaux riches qui a émergé comme des champignons au cours des huits années de gouvernement de Mahmoud Ahmaninejad". Ce sont les "rentes (accordées par l'ancien gouvernement, ndlr) et la corruption qui ont permis la naissance de ces nouveaux riches de manière extraordinaire, notamment grâce au commerce", ajoute le quotidien.

D'autres internautes n'ont pas tardé à répliquer en créant : "poorkidsoftehran "(trad."Gosses de pauvres de Téhéran"). Un pastiche qui raille la page lancée par ces "gosses de riches" et qui tente de montrer le quotidien d'une frange plus représentative de la jeunesse téhéranaise. Sur cette page, les Porsche, les Ferrari et autres voitures de luxe sont remplacées par le volant d'une Saipa Pride... l'une des voitures les moins chères et les plus vendues du marché.

En quelques semaines à peine, le compte Instagram "richkidsoftehran" a attiré plus de 90 000 abonnés. Avant sa clôture et celle de son compte Twitter associé, voici ce qu'ont répondu les jeunes riches Téhéranais :


Il est mal de juger les gens riches en mettant en cause la façon dont ils se sont enrichis. A Téhéran, beaucoup ont travaillé dur pour devenir riche.


Pas qu'en Iran 

Si ces clichés étalés aux yeux du monde entier ont suscité intérêt et indignagtion, ces "gosses de riches" iraniens n'ont pourtant pas la primeur de l'initiative. Cette page Instagram imite en réalité le très prolifique Rich Kids of Instagram (trad."Gosses de riches d'Instagram") où l'on peut lire :"Ils ont plus d'argent que vous et voici ce qu'ils font".

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