Interview de Marzena Sowa : l'état de guerre

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Interview de Marzena Sowa : l'état de guerre


Quel événement lié à Solidarnosc vous a le plus marqué pendant votre enfance ?

Je pense qu’il y en a deux, en fait. Un très désagréable et un autre très agréable.


Le très désagréable d’abord…

C’est évidement le 13 décembre 81 quand l’état de guerre a été annoncé [un an après le triomphe de Solidarnosc qui a signé avec les représentants du gouvernement les accords de Gandsk, NDLR]. À cette date, j’étais très petite. Je ne peux pas dire que je m’en souviens très bien mais, chaque 13 décembre, cet événement revenait dans les mémoires. Sans arrêt. À mes 3 ans, 4 ans, 5 ans, 6 ans… jusqu’à la chute du communisme… À chaque fois, on avait peur que quelque chose d’aussi épouvantable survienne.

Pendant l’état de guerre, la milice surveillait de très près les ouvriers qui faisaient grève. Le quotidien était très difficile. Il était quasiment impossible de prendre la voiture et de sortir de la ville. Il fallait avoir les papiers nécessaires. De même pour téléphoner, c’était impossible. Toutes les conversations étaient contrôlées. Les courriers étaient ouverts. C’était le contrôle absolu. On avait l’impression d’être observé en permanence et on ne savait pas à quoi s’attendre. L’armée soviétique allait-elle franchir les frontières ? Aujourd’hui encore cette page de l’histoire polonaise est assez trouble.