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Interview de Marzena Sowa : papa et Lech Walesa

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Interview de Marzena Sowa : papa et Lech Walesa


Petite dans les années 80, quelle image aviez-vous de Solidarnosc et de son leader Lech Walesa ?


J’étais très jeune et connaissais à peine le nom de Lech Walesa. Cela ne m’intéressait pas vraiment. Mais j’entendais quand même beaucoup parler de lui. Il était porteur d’espoir pour de nombreux Polonais et notamment pour mon père qui était ouvrier dans une usine d’armement. Un espoir qui m’a été d’une certaine manière transmis.

Progressivement, j’ai vu Lech Walesa comme quelqu’un qui n’avait peur de rien. C’était vraiment une personne importante pour la Pologne. C’était quasiment la deuxième star du pays, après le pape.


Comment votre père est-il devenu membre de Solidarnosc ?

Mon père avait connu une bonne période sous le communisme puisqu’au début la Pologne s’en sortait pas trop mal. Puis la situation s’est dégradée et on s’est retrouvé dans les années 80 à manquer de tout. Mais mon père voulait s’en sortir et voulait aussi protéger sa famille. A ses yeux, Solidarnosc représentait alors la seule issue possible. Mon père n’était pas un héros. Il était plutôt suiveur. Mais il a participé activement aux grèves.

A la maison, ma mère et lui n’arrêtaient pas de parler de Solidarnosc. Ils en parlaient même de plus en plus et évoquaient de moins en moins l’URSS. Comme si « le grand frère » nous faisait de moins en moins peur ou bien comme si l'on s’était habitué à cette peur… Ils en parlaient très souvent autour de la table avec mes oncles et mes tantes avec quelques verres de vodka !