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Iran : accord historique sur le nucléaire

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<span lang="fr">De gauche à droite: le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi , ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius , ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier , Union européenne Haut Représentant Federica Mogherini , ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif , chef de l' Organisation de l'énergie atomique iranienne Ali Akbar Salehi , le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov , le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond et le secrétaire d'Etat américain John Kerry posent pour une photo de groupe à l'édifice des Nations Unies à Vienne , en Autriche , le mardi 14 Juillet 2015 au cours de leurs discussions sur le programme nucléaire iranien . </span></pre>
De gauche à droite: le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi , ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius , ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier , Union européenne Haut Représentant Federica Mogherini , ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif , chef de l' Organisation de l'énergie atomique iranienne Ali Akbar Salehi , le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov , le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond et le secrétaire d'Etat américain John Kerry posent pour une photo de groupe à l'édifice des Nations Unies à Vienne , en Autriche , le mardi 14 Juillet 2015 au cours de leurs discussions sur le programme nucléaire iranien .
( Joe Klamar / Pool Photo via AP )

Au terme d'une négociation-marathon de 17 jours, les négociateurs ont arraché un compromis historique. Cet accord solde un dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans.

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L'objectif de l'accord est de garantir que le programme nucléaire iranien ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie du pays.

Le texte, qui autorise l'Iran à poursuivre son programme nucléaire civil, ouvre la voie à une normalisation des relations économiques et diplomatiques de l'Iran avec la communauté internationale, une perspective qui hérisse Israël et les puissances régionales sunnites au Moyen-Orient.

C'est le président iranien Hassan Rouhani qui a confirmé la signature de cet accord :

Lors d'un entretien au journal "Le Monde", Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, a donné plus de précisions sur la robustesse de cet accord :

Pour atteindre cet objectif – « oui au nucléaire civil pour l’Iran, non à l’arme nucléaire » –, dont le président de la République et moi-même avons toujours dit qu’il commandait la position de la France, nous avons été particulièrement attentifs dans ces longues négociations à trois aspects : limiter de façon précise les capacités d’enrichissement de l’uranium par l’Iran et ce qu’il pourra faire en termes de recherche et développement ; pouvoir vérifier concrètement la mise en œuvre de ses engagements ; prévoir un mécanisme de rétablissement automatique des sanctions en cas de violation. Cette ligne de fermeté constructive a permis d’aboutir à un accord suffisamment robuste, en tout cas pour une période de plus de dix ans. C’est dans le même esprit que nous veillerons à sa mise en œuvre."

En 2003, l’Iran ne disposait que de 160 centrifugeuses, contre près de 20 000 aujourd’hui. Ces centrifugeuses servent à transformer l’uranium, qui , enrichi à un niveau élevé,  peut ensuite être utilisé pour fabriquer une bombe atomique.
 

Les négociateurs ont bataillé jusqu'à la dernière minute pour résoudre de derniers "points de désaccord", selon les termes de Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama.

Depuis le week-end, tous les acteurs assuraient que l'accord était quasi bouclé mais que des "décisions politiques" restaient nécessaires.

Les points clés de cet accord

L'un des principaux points de friction portait sur la levée immédiate, réclamée par l'Iran en cas d'accord, d'un embargo des Nations unies remontant à 2006 sur les armes et sur son programme de missiles balistiques.

L'accord actuel repose sur trois éléments-clé  :

  • Une limitation du programme nucléaire iranien pendant au moins une décennie. L'Iran a notamment accepté de réduire le nombre de ses centrifugeuses et son stock d'uranium enrichi, ce qui doit rendre quasi impossible la fabrication rapide d'une bombe atomique.
  • Une levée des sanctions internationales contre l’Iran et le déblocage de près de 150 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger.
  • Un renforcement des contrôles par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui dépend des Nations Unies.

Depuis une dizaine d'années, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU imposent des sanctions à la République islamique pour la forcer à négocier.

En prévision de l'accord, le ministre iranien de l'Intérieur a demandé aux autorités locales de se préparer à des scènes de liesse dans les rues, la population espérant que la levée des sanctions internationales permette une amélioration de ses conditions de vie en cas d'accord.

<span>Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius , centre , informe les journalistes français à l' Hôtel Palais Coburg , où les négociations nucléaires iraniennes se sont tenues </span>
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius , centre , informe les journalistes français à l' Hôtel Palais Coburg , où les négociations nucléaires iraniennes se sont tenues
(AP photos)

Une "erreur historique" selon Israel

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié mardi d’ “erreur historique” l’accord nucléaire finalisé entre l’Iran et les grandes puissances à Vienne.

D’après les premiers éléments qui nous parviennent, il est déjà possible de dire que cet accord est une erreur historique pour le monde”, a déclaré M. Netanyahu avant une rencontre à Jérusalem avec le ministre des Affaires étrangères néerlandais Bert Koenders.

L'accord, qui se présente comme un succès majeur pour le président démocrate américain Barack Obama et son homologue modéré iranien Hassan Rohani, doit désormais être examiné par le Congrès américain, contrôlé par des Républicains très méfiants envers l'Iran.