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Israël annule un vote sur des permis de construire à Jérusalem-est

Israël colonies
Commentaires : Anaïs Renevier / Montage : E. Banceline

Le Premier ministre israélien a réclamé mercredi 28 décembre le report de l'examen de permis de construire dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. Une demande étonnante quand on sait que Benjamin Netanyahu n'a pas digéré la résolution de l'ONU qui exige l'arrêt immédiat des colonies dans les territoires occupés. 

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Le Premier ministre israëlien Benjamin Netanyahu a demandé mercredi 28 décembre le report de discussions prévues sur l'octroi de centaines de permis de construire à Jérusalem-Est, la partie orientale occupée et annexée par Israël.

"Le président du comité de planification (et de construction) nous a dit que (la question des permis) avait été retirée de l'ordre du jour à la demande du Premier ministre de façon à ce que nous évitions un conflit avec le gouvernement américain juste avant le discours de Kerry ce soir", a déclaré Hanan Rubin, un conseiller municipal. Il a ajouté que ce examen serait organisé à une date ultérieure, non précisée.

L'annonce de ce report survient quelques heures avant un discours du secrétaire d'Etat américain sortant John Kerry qui doit présenter sa vision d'une paix entre l'Etat hébreu et les Palestiniens, en conflit depuis plus d'un demi-siècle.

Tensions entre Israël et les Etats-Unis

Ce report a lieu au moment où les relations sont au plus bas entre Israël et les Etats-Unis qui n'ont pas mis leur veto à une résolution de l'ONU condamnant les colonies israéliennes, pour la première fois depuis 1979.

Ils se sont en effet abstenus vendredi alors qu'ils avaient toujours soutenu Israël sur ce dossier sensible. Les 14 autres membres du Conseil ont voté en faveur du texte qui exhorte Israël à "cesser immédiatement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est", et affirme que les colonies "n'ont pas de valeur juridique" et sont "dangereuses pour la viabilité d'une solution à deux Etats".

L'attitude américaine a provoqué l'ire d'Israël, et Benjamin Netanyahu avait aussitôt rejeté une "résolution anti-israélienne honteuse", en affirmant que son pays ne s'y conformerait pas.

Vision de Kerry sur la paix

La colonisation israélienne, notamment à Jérusalem, est considérée par la communauté internationale comme illégale et comme le principal obstacle à la paix, notamment parce que les colonies sont construites sur des terres qui pourraient appartenir à l'Etat auxquels les Palestiniens aspirent, menaçant ainsi la possibilité d'un règlement sur la base d'une solution à deux Etats.

Les Etats-Unis ont traditionnellement servi de bouclier diplomatique à l'Etat hébreu mais, frustrés par des années d'efforts diplomatiques infructueux, ils ont justifié leur abstention par l'impact de la colonisation sur le processus de paix au point mort depuis 2014.

Plus tard dans la journée, M. Kerry présentera dans un grand discours au département d'Etat sa "vision complète" de ce processus de paix. "Nous ne l'avons pas laissé tomber et nous ne pensons pas que les Israéliens et les Palestiniens doivent également (l'abandonner)", a dit le porte-parole du département d'Etat.

M. Kerry pense que "c'est de son devoir, dans ses dernières semaines et derniers jours en tant que secrétaire d'Etat, de présenter ce qu'il pense être le chemin vers une solution à deux Etats", selon lui.

Pour sa part, le président élu Donald Trump a lui promis qu'après sa prise de fonction, "les choses seraient différentes" à l'ONU. Même si elle ne prévoit pas de sanctions contre Israël, les responsables israéliens craignent que la résolution de l'ONU ne facilite les poursuites à la Cour pénale internationale et n'encourage des sanctions contre les produits des colonies.

Quelque 430 000 colons israéliens vivent actuellement en Cisjordanie occupée et ils sont plus de 200 000 à Jérusalem-Est que les Palestiniens veulent en faire la capitale de l'Etat auquel ils ambitionnent.