Jacques Vergès: l'avocat très controversé du barreau français est décédé

Les qualificatifs sont nombreux pour saluer la mémoire du célèbre avocat français, Me Jacques Vergès décédé à Paris à l'âge de 88 ans. L'avocat pénaliste aura marqué les esprits en défendant tour à tour le terroriste Carlos et l'ancien chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie. Jacques Vergès se faisait aussi avocat des peuples opprimés. 

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Jacques Vergès: l'avocat très controversé du barreau français est décédé

16.08.2013
(...) Me Olivier Morice a décrit à l'AFP Jacques Vergès comme un "immense avocat qui n'a jamais manqué de courage et qui restera dans l'histoire". 
Avocate de Carlos, Isabelle Coutant-Peyre avait débuté en 1981 à son côté. "Cela a été une chance incroyable", a-t-elle déclaré à l'AFP, "il avait une vision politique exemplaire du métier d'avocat et une expérience unique dans les grandes luttes du XXe siècle".   

"des méthodes de défense controversées"

"Quand il défendait Klaus Barbie, j'étais du côté des parties civiles. J'étais du bon côté, il était du mauvais, mais c'est ce qui fait la démocratie", a réagi le député FN Gilbert Collard.
"Il n'y a pas beaucoup de géants au barreau, mais lui incontestablement en était un", avec "une période glorieuse quand il défendait le FLN algérien et une moins glorieuse quand il a commencé à défendre des mouvances terroristes comme la bande à Baader", a jugé l'avocat Georges Kiejman.
Ce concert de louanges a pourtant connu vendredi matin quelques bémols. Me Alain Jakubowicz, qui représentait le Consistoire israélite de France devant la cour d'assises de Lyon lors du procès Barbie en 1987, a affirmé à l'AFP que, pour lui, Jacques Vergès "n'a jamais été un modèle d'avocat", estimant qu'il avait "tenu des propos inqualifiables" lors de ce procès.
"Il est plus exact de qualifier Jacques Vergès de +personnage+ que d’avocat, compte tenu des méthodes de défense très controversées qu’il avait adopté depuis le procès Barbie", a expliqué à l'AFP Me Patrick Klugman, parlant d'un "immense acteur qui s’est servi de sa robe d’avocat pour illustrer les rôles qu’il s’était lui même distribués".
Me Alain Lévy, avocat de la Fédération nationale des déportés et internés s'est "étonné des louanges entendues ce matin".
"Il y a quelque chose que je n'entends pas: il s'est servi des procès comme une tribune politique pour défendre ses idées. Il s'est servi du procès Barbie pour faire le procès de la colonisation", a estimé Me Lévy.
Me Serge Klarsfeld avait mis en cause en termes virulents Jacques Vergès à l'occasion du procès de l'ancien chef de la Gestapo de Lyon, déclarant notamment: "Barbie est un tueur de Juifs, Vergès défend les tueurs de Juifs". Interrogé par l'AFP vendredi, il s'est contenté de dire : "J'ai dit suffisamment mon hostilité à Jacques Vergès de son vivant et je m'abstiendrai de parler au moment de sa mort".

Source - AFP