Japon : retour fracassant des conservateurs

Le futur Premier ministre japonais Shinzo Abe, après sa victoire aux législatives, le 17 décembre 2012 à Tokyo (AFP).
Le futur Premier ministre japonais Shinzo Abe, après sa victoire aux législatives, le 17 décembre 2012 à Tokyo (AFP).

Au Japon, les conservateurs du Parti libéral démocratique (PLD) font un retour fracassant. Ils ont remporté dimanche 16 décembre 2012 la majorité absolue à la chambre des députés lors des élections législatives anticipées. S'étant engagé à redémarrer les centrales nucléaires, à relancer la croissance et à tenir tête à la Chine, Shinzo Abe sera formellement nommé Premier ministre le 26 décembre prochain. 

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Selon des sondages de la télévision publique NHK à la sortie des bureaux de vote qui ont fermé à 20 h, heure local, le PLD de  Shinzo Abe  a emporté au moins 293 sièges sur les 480 en jeu. Soit la majorité absolue et même la majorité qualifiée au deux tiers avec les sièges gagnés par son allié centriste du Nouveau Komeito. Ce qui sera un atout incontestable pour la future collation gouvernementale pour faire face à un Sénat sans majorité claire.

C'est donc un retour triomphal pour les conservateurs qui avaient déjà gouverné le Japon quasiment sans interruption de la fin des années 50 à 2009. A contrario, c'est une lourde défaite pour le parti démocrate du Japon (centre-gauche) mené par le Premier ministre sortant Yoshihiko Noda : moins de 60 sièges contre les 308 décrochés lors de la victoire historique il y a trois ans. Yoshihiko Noda a admis la défaite et a annoncé qu'il quitterait la tête du PDJ.

Néanmoins, c'est sans enthousiasme que les Japonais ont élu les conservateurs. Lassés de l'instabilité chronique (six Premiers ministres en six ans), frappés par une récession économique et encore traumatisés par la séisme et le tsunami de mars 2011, ils ont surtout adressé un "carton rouge" au PDJ pour son alternance ratée. Pour preuve, le taux de participation a été très faible  : 59,52 % soit pratiquement 10 points de moins qu'en 2009 (selon une estimation provisoire).

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Relancer le nucléaire et l'économie

Ancien Premier ministre de 2006 à 2007, Shinzo Abe s'est voulu prudent dans ses engagements. Son objectif principal : relancer la troisième économie mondiale en berne depuis plusieurs années.

Deux ans après la catastrophe de Fukushima, il s'est notamment engagé à étudier au cas par cas la relance des réacteurs nucléaires arrêtés (48 sur les 50) et à redémarrer ceux qui offrent toutes les garanties de sécurité. Effet immédiat, au lendemain des élections, l'action de la compagnie d'électricité Tepco, gérant la centrale de Fukushima, s'est envolée de près de 33% à la bourse de Tokyo.

Par ailleurs, Shinzo Abe prévoit des budgets de relance pour doper la croissance et une pression accrue sur la banque centrale du Japon pour qu'elle ouvre les vannes. "L'économie est en très mauvaise état après les trois ans de confusion politique du PDJ. Nous sommes en déflation et le yen est trop fort", a martel le futur Premier ministre.
 
Sur le plan diplomatique, le PLD a promis de tenir tête à son puissant voisin la Chine. Connu comme un "faucon" en politique étrangère,  Shinzo Abe a affirmé que la souveraineté japonaise sur les îles de Senkaku n'était pas négociable.

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17.12.2012Récit : Gregory Fontana
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