Julien Lemaître, candidat Solidarité et Progrès

Julien Lemaître s'est lancé dans la campagne législative sous l'étiquette du parti Solidarité et Progrès, le parti de Jacques Cheminade, candidat récidiviste à la présidentielle française et ultra minoritaire (0,25% au scrutin de 2012). Ses propositions visent principalement le système financier qu'il souhaite réformer, notamment en séparant banques de dépôt-crédit et banques d'affaires.

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Qui êtes-vous ?

J'ai 32 ans et je suis aujourd'hui web-designer indépendant à Lyon, après avoir suivi des études scientifiques et de génie électrique. Ayant eu vingt ans en l'an 2000, je suis de cette génération qui est entrée dans sa vie d'adulte dans un monde en peau de chagrin et dans lequel on cultive une certaine peur de l'avenir. Et la peur tout court, notamment celle de comprendre les causes d'une situation du monde qui est loin d'être satisfaisante.

Porté par cet esprit de vérité et d'entreprise pour développer un avenir meilleur, j'ai milité avec le parti Solidarité et Progrès depuis plus de 10 ans, et j'ai participé de toutes mes forces à la campagne présidentielle de Jacques Cheminade en 2012. Il est en effet le seul homme politique français à avoir averti dès 1995 de la grave crise financière et économique que nous connaissons et il a tenté dans ces derniers mois d'ouvrir le débat sur les réponses à apporter pour endiguer cette crise du système financier international, et sur la politique internationale à défendre pour bâtir "un Monde sans la City ni Wall-Street", c'est-à-dire sans la mainmise d'une oligarchie financière sur le destin des peuples.

Pourquoi voulez-vous être député des Français établis hors de France  ?

Je pense que nous ne pouvons comprendre et surmonter les défis qui se posent à nous que si nous les abordons dans leur dimension internationale. Les Français établis dans les pays de cette 8e circonscription assistent à la mise en œuvre de politiques de destruction économique et sociale, aussi brutales que stupides, imposées en Europe par la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI). Après la folie des renflouements par les États (bail out) qui ont fait exploser notre dette, l'étape suivante est le vol des déposants (bail-in) comme à Chypre. Le chaos qu'une telle politique ne peut qu'engendrer est palpable pour ceux qui vivent là-bas.

De même, nos compatriotes de Turquie et d'Israël peuvent saisir de façon plus immédiate le danger que représenterait une déstabilisation stratégique du grand Moyen-Orient, et le manque de grands projets de développement mutuel s'étendant sur toute l'Eurasie, jusqu'à la Russie, la Chine et l'Inde.

Je veux donc être député des Français établis hors de France pour porter ce vent du large dont nos institutions ont bien besoin pour inspirer une politique différente, hors des compromissions envers les puissances d’argent, et redevenir ambitieuses et porteuses de vivre en commun.

Sur quelles problématiques faites-vous campagne ?


Je me concentrerai sur les politiques urgentes à mener au plan national et international pour faire face à l'effondrement en cours du système financier mondial et relancer l'économie productive. Ce sont ces politiques que Jacques Cheminade a présentées aux Français lors de l'élection présidentielle de 2012, et que les principaux médias se sont efforcés de ne pas faire connaître.

Il s'agit d'abord de la stricte séparation des banques de dépôt et de crédit d'un côté, des banques d'affaires de l'autre. C'est un grave manquement pour l'actuelle législature d'avoir laissé les banques françaises dicter la "réforme bancaire" adoptée en fin d'année dernière, et qui ne touche qu'environ 1% de leurs activités. Rappelons-nous que la crise des dettes "souveraines" vient du renflouement massif des établissements bancaires par la puissance publique. Si on avait d'abord coupé les banques en deux, il aurait suffit de protéger quelques banques de dépôt et de crédit en difficulté, et de laisser faire faillite les banques d'affaires qui auraient perdu leurs paris de casino. Nous sommes maintenant soumis à leur chantage, puisqu'elles constituent une grande partie de ce qu'on appelle "les marchés".

Ensuite, pour se libérer de ce chantage, il faut établir un système de crédit productif public, orientant de grandes lignes de crédit vers des investissements productifs, des projets d'infrastructures qui irriguent l'économie et équipent la vie des gens. En proposant d'abord à l'Europe qui s'est dévoyée de constituer cet outil et, si nous ne trouvons pas de soutiens suffisants chez nos partenaires, en le faisant à l'échelle nationale avec une banque nationale publique et sous contrôle citoyen. La France ne pourra changer la donne toute seule, mais elle doit en jeter le défi à l'Europe et au monde.

Pour créer les conditions de ces mesures, une vaste commission d'enquête publique doit avoir lieu au Parlement sur la crise financière et sur l'état de notre système bancaire. Elle doit avoir un pouvoir de réquisition et être liée à un réel pouvoir judiciaire, à même de lancer des poursuites judiciaires s'il y a lieu. Ainsi nous pourrons faire le tri entre les dettes légitimes à garder et parfois réorganiser, et les dettes illégitimes, dettes de jeux qui ne doivent plus peser sur l'avenir de populations entières.

Pour finir, je dirais que ces mesures ne relèvent pas du débat technique, mais d'un combat de principes politiques, ceux qu'ont portés les membres du Conseil National de la Résistance lorsqu'ils prévoyaient dans leur programme de 1943 "l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie".


Le site de campagne de Julien Lemaître