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L'astronaute québécois David St-Jacques aura son maillot biométrique 100%... québécois!

Québec astronaute
©Radio Canada / Commentaire : Catherine François

« Tout est fait au Québec : le design est fait au Québec, l'assemblage est fait au Québec, les tests sont faits au Québec ! » Fierté chez Carré Technologies : le maillot biométrique Astroskin conçu par l'entreprise de Montréal sera dans les bagages de l’astronaute québécois David St-Jacques quand il s’envolera dans un an pour sa première mission spatiale.

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L'Astroskin va nous raconter des histoires.  Le maillot va permettre d’en apprendre davantage sur l’impact de l’espace sur le corps humain et la santé des astronautes. Rien de moins.
En 2011, Carré Technologies s’associe avec l’Agence spatiale canadienne pour développer ce maillot spécial. La compagnie montréalaise vend déjà l’HEXOSKIN, un vêtement pour les sportifs de haut niveau, les athlètes et leurs entraîneurs qui est muni de capteurs pour mesurer le rythme cardiaque, la respiration, la tension, etc. L’Astroskin sera élaboré à partir de ce modèle, mais dans une version beaucoup plus sophistiquée.

Muni de capteurs intégrés, fabriqué dans un tissu italien de très haute qualité, ultra confortable et antibactérien, il va permettre de mesurer le rythme cardiaque, la respiration, la tension artérielle, la température et autre indice corporel de l’astronaute.

Jean-François Roy ne cache pas son enthousiasme : « C'est la première fois que notre maillot va aller dans l'espace et c'est la première fois qu'il va y avoir un instrument de recherche dans la station spatiale qui va permettre de prendre toutes ces mesures-làOn a vraiment hâte de voir concrètement si cela va bien fonctionner, est-ce qu'on va être capable d'aller chercher l'information qui nous manquait ? On croit que oui, mais tant qu'on ne l'a pas fait… ».

L'astronaute cobaye

David St-Jacques, qui s'envole dans un an pour la station spatiale internationale, a immédiatement accepté de faire le cobaye. Ce médecin de formation, qui a pratiqué dans le Grand Nord canadien, a rapidement compris que cette technologie allait servir dans la médecine de demain. Il a testé le maillot, qui a été fait sur mesure, au cours de ses entraînements afin de faire les ajustements nécessaires. Il va donc s’envoler en novembre 2018 avec deux maillots Astroskin dans sa valise. Il devra porter cette « deuxième peau » par bloc de 48 heures au cours de son séjour dans la station spatiale internationale.

Jean-François Roy, co-fondateur de Carré Technologies et chef des Technologies dans cette entreprise, pose auprès de l'Astroskin.
Jean-François Roy, co-fondateur de Carré Technologies et chef des Technologies dans cette entreprise, pose auprès de l'Astroskin.
©Catherine François

Les données recueillies seront par la suite extraites et récoltées selon deux méthodes explique Jean-François Roy : «  soit par Bluetooth avec une application iPad que les astronautes vont avoir avec eux et qui leur sera aussi utile pour vérifier que tout va bien, soit par USB : une fois l’enregistrement terminé, on va le brancher sur un ordinateur spatial, prendre les données et les transférer sur terre ». L’Agence spatiale canadienne assurera le transfert de ces données auprès des scientifiques associées à ces expériences.

Faire avancer la science

L’Astroskin va donc permettre d’en connaître un peu plus sur les effets de l’espace sur le corps humain et la santé des astronautes.

Carré Technologies a même conçu un modèle féminin de ce maillot avec soutien-gorge intégré, car David St-Jacques ne sera pas le seul à l’utiliser : d’autres astronautes qui s’envoleront pour d’autres missions le porteront à leur tour. L’idée est d’enregistrer toutes ces données biométriques auprès de plusieurs personnes pour avoir un meilleur échantillonnage.

On aimerait continuer ce travail-là, accompagner l'Agence spatiale dans son cheminement. 

Jean-François Roy, co-fondateur de Carré Technologies

L’entreprise montréalaise espère poursuivre sa collaboration avec l’Agence spatiale canadienne. "L’objectif, explique Jean-François Roy, c'est d'envoyer des astronautes sur mars et qu'ils reviennent en vie et en santé, mais en ce moment, ce n'est pas possible, il faut qu'on en apprenne plus sur les changements du corps dans l'espace, les effets de la radiation, micro gravité et ça passe par un programme de recherche comme celui-là ».
Carré Technologies entend également développer des partenariats avec le milieu hospitalier et les centres de recherche. L’Hexostin sert déjà à des expériences sur le sommeil, notamment les problèmes d’apnée. « Si on a un appareil comme ça qui remplit les besoins de l'Agence spatiale canadienne et de la NASA, on est capable de remplir les besoins des hôpitaux et de la plupart des groupes de recherche », estime Jean-François Roy.

L'astronaute David St jacques s'envolera fin 2018 pour sa première mission spatiale.
L'astronaute David St jacques s'envolera fin 2018 pour sa première mission spatiale.
©Agence spatiale canadienne