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L'Europe du Nord paralysée par une tempête meurtrière

Friederike
Commentaire Pascale Achard - TV5MONDE

"Friederike" a balayé le nord de l'Europe, avec des rafales dépassant 200 km/h. Bilan : 11 morts, de nombreux dégâts et les transports paralysés, même si le trafic, ce vendredi, revient à la normale.

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Après avoir paralysé le trafic ferroviaire dans l'ouest de l'Allemagne, la tempête Friederike, également appelée "David" en France et en Belgique, s'est dirigée vers l'est avec des vents soufflant à plus de 130 km/h, ont précisé les services météorologiques. Le toit d'une école où se trouvaient encore des enfants a été arraché par une rafale en Thuringe (est), sans faire de blessés. Dans les massifs montagneux du Harz (centre), des rafales allant jusqu'à 203 km/h ont été relevées, du jamais vu dans le pays.

Neuf morts en Allemagne

En Allemagne, huit personnes, dont deux pompiers, sont décédées dans des accidents provoqués par la tempête. Un homme de 59 ans a été tué par la chute d'un arbre à Emmerich-Elten, en Rhénanie du nord-Westphalie. Un conducteur de poids-lourds de 68 ans est décédé dans un accident de la route, selon la police rhénane. Dans la même région, un pompier est mort pendant une intervention, un autre a également péri en Thuringe.

En Brandebourg près de Cottbus, à environ 120 km au sud de Berlin, un conducteur de camion surpris par une rafale est décédé sur l'autoroute. Une automobiliste de 61 ans est morte après avoir perdu le contrôle de son véhicule et percuté un poids-lourd en Mecklembourg-Poméranie (est). 

A Oberstdorf, dans le sud de l'Allemagne, les épreuves de qualification comptant pour le championnat du monde de saut à ski ont dû être annulées.

Lourd bilan aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, deux hommes de 62 ans chacun ont été tués par des chutes d'arbres à Zwolle (nord-est) et Enschede (est). Une automobiliste en Belgique a été tuée par la chute d'un arbre sur sa voiture, dans la banlieue sud-est de Bruxelles.

La circulation routière a été aussi perturbée : 66 camions ont été renversés par des rafales de vent dans le pays - un record depuis 1990- provoquant à certains endroits des embouteillages monstre, selon l'office de la circulation routière.

Passagers bloqués

La compagnie de chemins de fer Deutsche Bahn "suspend tout le trafic grandes lignes", a déclaré un de ses porte-parole. La compagnie n'avait pas pris une telle mesure depuis 2007 quand la tempête "Kyrill" s'était abattue sur le pays.

Les nombreux passagers bloqués dans les gares allemandes "recevront un bon pour l'hôtel ou pourront passer la nuit dans le train", a précisé Achim Strauss pour la Deutsche Bahn. "Nous devons protéger nos voyageurs et notre personnel", a-t-il ajouté, sans pouvoir encore préciser quand le service reviendrait à la normale. 

Plus tôt, la tempête venue de la mer du Nord a provoqué aussi de nombreuses perturbations aux Pays-Bas, où seulement quelques trains ont repris leur service jeudi soir, et en Belgique.

La circulation des trains à grande vitesse Thalys reliant la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne a été interrompue pour la journée au-delà de Bruxelles. Elle reprend ce vendredi vers l'ensemble de la Belgique et des Pays-Bas, a annoncé la compagnie jeudi soir.

La tempête a aussi cloué les avions au sol à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol pendant la matinée. Au total 320 vols ont été annulés. Plusieurs vols ont aussi dû être annulés dans les aéroports allemands de Düsseldorf (ouest) et Munich (sud).

Les dégâts doivent être réparés, les voies dégagées, et le trafic grandes lignes "devrait reprendre de façon très hésitante" vendredi, selon lui. Aux Pays-Bas, où le retour du trafic à la normale s'annonce aussi très lent, des passagers massés dans les gares ont utilisé Twitter pour rechercher un moyen de transport sous le hashtag #StormPoolen (covoiturage tempête).

De "David" à "Friederike"

En France, la tempête a également fait des dégâts. Quelque 3000 clients ont été privés d'électricité dans le nord du pays, où la vigilance orange pour vents violents a été levée dans la matinée. Baptisée "David" par les services météorologiques français, la tempête a été appelée à son passage en Allemagne "Friederike", selon la nomenclature historiquement employée par les services météorologiques allemands et voisins. La dépression tempétueuse n'ayant pas fait l'objet d'une vigilance sur les îles Britanniques, les services irlandais et britanniques n'ont pas eu à la nommer, telle qu'"Eleanor" du 2 et 3 janvier 2018 appelée "Carmen" sur la liste française.