L'exil

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TV5MONDE : La seule solution a alors été pour vous l’exil ?

Mana Neyestani : Jamais je n’ai voulu abandonner mon pays. Lors de l’audience à la cour, le juge m’a pointé du doigt et m’a dit qu’il me savait coupable de tous les dégâts en Azerbaïdjan et me tenait responsable de tous les morts. Peut-être  qu’il voulait juste me faire peur. En tous cas, cela a vraiment fonctionné avec moi. J’ai dit à ma femme qu’il était temps de partir. Que serait-il arrivé après ? Je ne savais pas. Ce n’était pas facile, du tout. Vous rassemblez les détails de votre vie un par un et d’un coup vous devez tout laisser derrière vous. Tout. Nous avons juste pris deux ou trois valises. Et nous sommes partis.

Comment travaille-t-on en tant que dessinateur aujourd'hui en Iran ?


On peut travailler plus ou moins facilement dans un pays mais tout dépend du régime politique, du système. Je sais que les gens aujourd’hui sont plus cultivés qu’avant et le désir de démocratie ou de changement s’est développé au sein du peuple d’Iran. J’ai des espoirs mais au même moment, le régime et le gouvernement d’Iran est devenu de plus en plus extrémiste. Tout est plus difficile aujourd’hui. Mes amis dessinateurs préfèrent arrêter leur travail de dessinateur de presse pour la publicité. Ils sont très peu de dessinateurs  à toujours travailler en dépit de toutes les limites, les pressions.