L'Inde, entre menaces et bonne gouvernance

Le smog flotte autour de la bourse de Bombay (Wiki Commons)
Le smog flotte autour de la bourse de Bombay (Wiki Commons)
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Le sous continent confronté aux changements climatiques

Avec 1 milliard et 17 millions d'habitants, l'Inde est, avec la Chine, l'un des deux géants asiatiques auxquels la communauté internationale demande aujourd'hui de faire des efforts considérables pour lutter contre les changements climatiques.

Confronté en 2009 à une sécheresse sans précédent, ce pays agricole (le secteur fait vivre 60% de la population), et quoique signataire du protocole de Kyoto, n'est pas astreint à un engagement quantifié des GES (Gaz à effet de serre). Comme les autres États émergents, la priorité est donné au développement.

Même avec une croissance économique et industrielle très forte, l'Inde participe cependant très peu à l'augmentation des GES : la consommation de viande (par choix religieux) y est très minoritaire), la déforestation est stoppée, les énergies renouvelables fortement encouragées. Selon l'association Greenpeace, l'Inde se classe même au troisième rang des bons élèves de la protection de l'environnement.

Nous avons demandé à deux personnalités de New Dehli leurs attentes à la veille du Sommet de Copenhague : Sunita Narain, directrice du Centre pour la science et l'environnement (CES) et Darryl D'Monte, président de l'Association des journalistes spécialisés dans l'environnement.

“Le plus grand défi auquel l’Inde est confrontée, c’est de s’adapter“

Entretien avec Sunita Narain, directrice du Centre pour la science et l'environnement (CES)


Qu’attendez-vous du sommet de Copenhague ?


Ce que nous voulons c’est un accord sur le changement climatique, un accord effectif pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, et que ces diminutions soient drastiques chez les pays riches. Et pour des pays comme l’Inde et la Chine, c’est l’établissement d’un cadre clair, d’un plan stratégique.

Cela pourra-t-il être une discussion réelle pour la sécurité du monde, ou seulement une réunion supplémentaire entre les riches d’Europe et d’Amérique du Nord ?

Il est très clair que les pays riches ne souhaitaient pas vraiment cette rencontre à Copenhague. Surtout parce qu’ils n’ont pas tenu leurs précédents engagements. Moi je serais contente si au cours de cette réunion ils confirment leurs engagements, mais je pense qu’ils ne le feront pas.

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“Pour nous, c’est littéralement une question de vie et de mort“

Entretien avec Darryl D'Monte, président de l'Association des journalistes spécialisés dans l'environnement

Qu’attendez-vous du sommet de Copenhague ?

Juste une déclaration politique, avec des intentions explicites pour le futur

Cela pourra-t-il être une discussion réelle pour la sécurité du monde, ou seulement une réunion supplémentaire entre les riches d’Europe et d’Amérique du Nord ?

C’est une rencontre pour tous mais détournée par les Etats-Unis avec le soutien de l’Europe, de l’Australie et du Japon, qui préfèrent sauver n’importe quel accord, plutôt que pas d’accord du tout.

Vous êtes assez sévère avec l’Europe et les Etats-Unis, mais aussi avec votre pays, pourquoi ?

Aucun pays ne traite le réchauffement climatique avec l’urgence requise. C’est littéralement une question de vie et de mort, et il y a trop de « Néron » qui bricolent autour du monde, tandis que leurs « Rome » respectives brûlent sous leurs yeux. Après l’âge de pierre ou du bronze, voici celui de la stupidité.

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L'Inde en première ligne pour les réfugiés climatiques

L'Inde en première ligne pour les réfugiés climatiques
Avec une augmentation du niveau de la mer et des sécheresses à répétition, l'Inde est persuadée d'être l'un des premiers pays à subir les conséquences du réchauffement climatique et à connaître des déplacements de population consécutifs importants...

Récit de Hassan Larzag, JT, TV5Monde, 3 décembre 2009, 1'50