La COP21 au coeur de la "Semaine des ambassadeurs"

Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations Unies, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et Manuel Pulgar, le ministre péruvien de l'environnement.
Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations Unies, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et Manuel Pulgar, le ministre péruvien de l'environnement.
© Laura Mousset

A 100 jours de la COP21 prévue à Paris en décembre prochain, la "Semaine des ambassadeurs" a mis l’accent sur les enjeux du réchauffement climatique. Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies, était l’invité d’honneur de l’événement.

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Plus que trois mois avant la Conférence Paris climat 2015 ! C’est dans ce contexte que le ministère des Affaires étrangères a souhaité rassembler les différents acteurs de cet événement majeur pour l’environnement. Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies, avait  fait le déplacement. « La conférence est une des priorités de la communauté internationale », a-t-il rappelé, ce mercredi matin, lors d’une intervention au Centre de conférences ministériel, à Paris. « La France, par ses initiatives, joue un rôle primordial » dans les négociations sur le climat, a déclaré Ban Ki-moon. Et d’ajouter devant une assemblée d’ambassadeurs français : « A partir de maintenant, je vous considère tous comme des ambassadeurs des Nations Unies pour le climat ».

Le but de la conférence de décembre prochain est d’aboutir à un accord global permettant de limiter à 2 degrés le réchauffement climatique. « Mettre d’accord tous les pays du monde sur un sujet difficile, c’est une difficulté au carré », a souligné Laurent Fabius lors d’un débat, lundi 24 août. C’est pourquoi, tout au long de l’année 2015, de nombreux rendez-vous ont été fixés pour établir les bases des négociations de la COP21. On retiendra notamment la conférence de Lima, au Pérou, en décembre 2014 ou encore le sommet d’Addis-Abeba en juillet dernier, qui a aboutit à un accord sur le financement du développement. En septembre prochain, lors du prochain sommet des Nations Unies à New York, la mise en oeuvre des 17 objectifs de développement durable sera également une étape clef avant Paris.
 

Il n’y a pas de plan B, il n’y a pas de planète B

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et du Développement international

La semaine des ambassadeurs est pour le ministre français des Affaires étrangères et futur président de la COP21, l’occasion de rappeler à quel point il est urgent d’agir rapidement. Selon lui, la conférence de Paris est « différente des autres négociations. C’est une course contre la montre ».

Pour preuve, le mois de juillet et les sept premiers mois de 2015 ont été les plus chauds jamais enregistrés sur la planète depuis le début des relevés de températures en 1880, selon une étude américaine. Et ce dérèglement climatique possède un véritable impact sur les populations, qui sont obligées de se déplacer. « Il y a aujourd’hui plus de déplacés qu’il n’y en a jamais eu depuis la seconde guerre mondiale », a souligné Ban Ki-moon, mercredi, lors d’un point presse au Quai d’Orsay. Une absence d’accord à Paris serait donc « une catastrophe », selon François Hollande. « Tout le temps que l’on perd sans avoir agi suffisamment, on ne le rattrapera jamais. Il n’y a pas de plan B, il n’y a pas de planète B », a averti Laurent Fabius. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas des observateurs mais des acteurs ».
 

Un engagement international

L’action, c’est précisément ce que demande l’ONU aux pays du monde entier pour venir à bout des objectifs fixés. Pour le moment, 56 pays ont fait connaître leurs engagements pour réduire le réchauffement climatique, dont la Chine et les Etats-Unis, deux grands pollueurs. Tous ces pays représentent 60% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. « La Chine, l’Union européenne et les Etats-Unis sont déterminés à s'engager pour une croissance fondée sur des activités à faible émission de carbone (…). Des efforts historiques sont en train d’être développés » , a assuré Ban Ki-moon, tout en ajoutant qu'il était « prudemment optimiste ».

La Chine est particulièrement attendue au tournant car elle fait partie des pays les plus en retard en matière de développement durable. Mais de nombreux observateurs assurent qu'elle est résolue à changer ses mauvaises habitudes. « La croissance chinoise s'est faite sur un modèle néfaste pour l'environnement mais la Chine veut assumer ses responsabilités. Elle est en train de remodeler son modèle économique, son modèle de croissance », a affirmé, lundi, Maurice Gourdault-Montagne, l'ambassadeur de France en Chine, lors d'un débat sur les enjeux de la COP21. Et d'ajouter : « Il y a des pression de la société civile chinoise ». Laurent Fabius, de son côté, a assuré que « la Chine est un allié sur lequel on peut compter ».

Si la COP21 aboutit réellement sur un accord global des 195 pays présents pour l'occasion, reste à savoir quels seront les mécanismes de contrôle des mises en application. D'autant plus que Laurent Fabius et Laurence Tubiana, l'ambassadrice chargée des négociations climatiques, ont d'ores et déjà annoncé qu'aucune sanction n'était prévue pour les pays qui ne respectent pas leurs engagements.