La dure vie des cueilleuses de thé

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Darjeeling compte 75000 cueilleurs dont 95% de femmes. « Elles sont plus rapides et ont des doigts délicats. Ce qu’il faut pour cueillir des feuilles de thé sans les abîmer », dit-on ici.

Rupa, elle, a 53 ans et partira à l’âge légal de la retraite dans trois ans. « Cela fait trente ans que je travaille comme cueilleuse de thé, comme mes parents avant moi, raconte Rupa, sans interrompre son travail, le visage buriné et creusé par le labeur. Nos conditions de vie sont très difficiles car nous devons gravir des pentes et en période de pluie, c’est très glissant. La cueillette fait mal aux mains et le propriétaire nous interdit d’utiliser des gants. Il vient sans cesse vérifier si nous n’en mettons pas. »

Pour elle et les 66 000 cueilleuses de Darjeeling, il était temps que cette augmentation arrive. En mars, tous les travailleurs avaient fait grève, menaçant de ne pas récolter cette première pousse qui rapporte des millions aux propriétaires. « Neuf mois de l’année, je suis payée à la journée et pendant les trois mois d’été de pleine récolte, nous sommes payées au kilo, à 7 roupies le kilo au lieu de 5,50. Oui c’est une avancée mais le prix de la vie a par ailleurs tellement augmenté qu’il fallait ça !».

Ses enfants eux, ont préféré être guides touristiques à Darjeeling. Une augmentation qui semble vitale pour l’avenir de l’économie du thé.