La guerre de Bosnie (1992-95)

Une victime du massacre de Srebrenica, exhumée d’un charnier en 1999
Une victime du massacre de Srebrenica, exhumée d’un charnier en 1999
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Karadzic ou le rêve d'une grande Serbie

Selon l'acte d'accusation, Radovan Karadzic est l'un des principaux artisans d'un plan de "nettoyage ethnique" de certaines zones de Bosnie-Herzégovine, aux côtés de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, le général Ratko Mladic.

Pour arriver à cet objectif, "les dirigeants serbes de Bosnie, parmi lesquels Radovan Karadzic, ont mis en oeuvre un plan d'action se traduisant par des persécutions et des tactiques de terreur, l'expulsion des personnes peu disposées à partir et l'élimination des autres", précise le document.

Karadzic est notamment accusé pour trois des plus tragiques épisodes de la guerre de Bosnie: le génocide de Srebrenica, le siège de Sarajevo et la détention des milliers de civils dans des camps de la région de Prijedor (nord-ouest de la Bosnie).

Son acte d'accusation décrit comment, après avoir été élu à la présidence de la République serbe de Bosnie en mars 1992, fonction qu'il a occupée jusqu'en juillet 1996, il a "planifié, incité à commettre, ordonné ou de toute autre manière aidé à planifier (...) la persécution des populations musulmanes de l'enclave de Srebrenica". Près de 8000 garçons et hommes musulmans de Bosnie ont été exécutés par les forces serbes après la prise de cette zone, pourtant officiellement sous la protection de l'ONU, le 11 juillet 1995. Il s'agit du plus grave massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

En tant que commandant en chef des forces armées serbes de Bosnie, il devra également répondre du siège de Sarajevo, qui avait duré 43 mois et au cours duquel 10.000 civils avait été tué. Karadzic est accusé d'avoir planifié "une campagne prolongée de bombardements et de tirs isolés contre la population civile (...) afin de maintenir les habitants dans un état de terreur constant".

Radovan Karadzic est également inculpé pour la détention de milliers de civils croates ou musulmans de Bosnie dans des camps aux conditions "horribles et inhumaines", notamment dans la région de Prijedor. A l'été 1992, les images des détenus décharnés de ces camps, diffusées par les télévisions du monde entier, avaient profondément choqué l'opinion publique mondiale.

Il est aussi inculpé pour la prise d'otage de plus de 200 Casques bleus de l'ONU entre le 26 mai et le 2 juin 1995 dans plusieurs secteurs de Bosnie.

La guerre de Bosnie

La guerre de Bosnie

Récit de Karine Barzegar
22 juillet 2008 - 2'00

Les grandes dates de la guerre de Bosnie

1991 : La Slovénie et la Croatie proclament leur indépendance. Intervention de l’armée fédérale en Slovénie. Elle se retire au bout de quelques semaines (accords Brioni).

1992 : - L’ONU décide de déployer 14 000 hommes dans l’ex-Yougoslavie.
- Début du siège de Sarajevo par les forces serbes : il fera 10 000 morts et durera jusqu'en 1996 ce qui en fait le plus long siège de l'histoire de la guerre moderne

1993 : Début des combats entre Croates de Bosnie et Musulmans, notamment à Mostar.

1995 : - Prise de Srebrenica par les forces serbes de Bosnie. 7 000 Musulmans sont massacrés devant les troupes étrangères chargées de les protéger.
- Signature de l’accord de paix de Dayton, qui officialise la division de la Bosnie-Herzégovine en deux entités.

24 mars 1999 : Début des bombardements aériens sur la Yougoslavie, dans le cadre de l’opération « Force alliée » de l’Otan.

12 juin 1999 : Fin des bombardements au Kosovo, d’où l’armée serbe se retire, laissant la place à une force terrestre de l’Otan.