La Maison des Journalistes à Paris, une structure inédite au monde

Ils ont été contraints de fuir la Syrie, la Centrafrique ou l'Iran pour avoir témoigné et informé, un crime aux yeux de leur gouvernement. Ces professionnels des médias trouvent refuge à la Maison des journalistes, un lieu parisien qui leur permet de se reconstruire et de s'adapter à leur nouvelle vie.


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Un refuge

La Maison des journalistes (MDJ) est tout d'abord un lieu d'accueil, une maison située dans le 15e arrondissement de Paris où une quinzaine de journalistes, hommes et femmes, se réfugient pendant six mois par roulement. Tous y trouvent une chambre individuelle, un espace personnel où ils peuvent se ressourcer. Car au-delà du logis et du couvert, la MDJ est un havre de paix, loin des violences psychologiques et physiques qu'ils ont subies dans leur pays d'origine. C'est aussi un lieu de vie et de rencontre, où les résidents peuvent échanger et partager leurs expériences.

“Porter la plume dans la plaie“

19.05.2014Fabrice Drouelle, interviewé par Mohamed Kaci
Fabrice Drouelle, président de la Maison des Journalistes et journaliste à France Inter, est l'invité du Grand Angle dans le 64' de TV5MONDE.
“Porter la plume dans la plaie“

Une transition plus sereine

Avant d'être professionnelle, la reconstruction est personnelle. Contraints et forcés de renoncer à leur travail d’information, ces journalistes arrivés en France dans l'indifférence et la solitude ont laissé derrière eux leur pays et leur famille. Débarqués dans une ville inconnue dont la plupart ne parlent pas la langue, ils sont souvent en état de choc. C'est pourquoi, la "Maison" s'attache également à leur offrir un lieu d'écoute.

Un travailleur social permanent les accompagne par ailleurs dans les diverses démarches administratives qu'ils doivent accomplir pour pouvoir séjourner en France : obtention du statut de réfugié politique, d'un logement, d'une couverture médicale... Démarches complexes qui sont souvent un véritable parcours du combattant. D'autant que 75 % des journalistes accueillis viennent de pays non francophones. 

Mais la mission de la Maison des Journalistes ne s'arrête pas là. Pour pallier cette barrière de la langue, elle propose des cours de français. Pour valoriser la richesse culturelle et artistique de ses résidents, elle organise des expositions de photos et de dessins de presse qu'ils ont réalisés. L'association a également lancé un site Internet baptisé "l’œil de l'exilé" où les journalistes publient leur articles. 

Partenaire d'écoles de journalisme, la structure permet à ces professionnels d’adapter et de compléter leurs compétences afin d'obtenir un diplôme français et de trouver un emploi dans les médias nationaux. Pourtant, tous ne deviennent pas journalistes en France. La plupart choisissent en effet de se reconstruire autrement pour écrire loin de tous les dangers une nouvelle page de leur vie.

La Maison des Journalistes en chiffres

Fondée par Danièle Ohayon et Philippe Spinau, deux journalistes français, la MDJ a ouvert ses portes en 2002. Depuis douze ans, grâce aux dons et à divers soutiens, l'association française a accueilli 273 professionnels exilés issus de plus de 50 nationalités différentes. Sorte d'observatoire de la situation de la liberté de la presse dans le monde, la structure héberge actuellement des journalistes syriens, iraniens, centrafricains...