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La Russie et les Etats-Unis cherchent une issue à la crise syrienne

John Kerry et Sergei Lavrov, le 7 mai 2013 à Moscou (AFP)
John Kerry et Sergei Lavrov, le 7 mai 2013 à Moscou (AFP)

Les entretiens se sont succédé cette semaine entre la Grande-Bretagne, la Russie et les Etats-Unis. Objectif : mettre un terme à un conflit syrien qui a déjà fait plus de 70 000 morts. D'un côté, Vladimir Poutine affirme vouloir lancer un processus de règlement pacifique ; de l'autre, son ministre des Affaires étrangères affirme finaliser la livraison d'armes à la Syrie. A quel jeu jouent les Russes ? Analyse de Slimane Zeghidour.

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Les faits

John Kerry en Europe

En tournée en Europe depuis le 7 mai, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a enchaîné les rencontres consacrées à la Syrie. En visite mardi en Russie - l'un des principaux soutiens de Damas à qui elle livre des armes - M. Kerry s'est entendu avec Moscou pour organiser d'ici à la fin mai une conférence internationale afin de trouver un règlement politique conforme à un accord conclu à Genève le 30 juin 2012 entre les grandes puissances. Cet accord ne précise pas le sort du président syrien Bachar al-Assad et l'opposition syrienne continue de considérer son départ comme une condition préalable à toute discussion.

Ce rapprochement américano-russe a été salué par les autorités syriennes, qui se sont dites confiantes en la fermeté de la position de la Russie. M. Kerry a toutefois martelé jeudi, à Rome, où il s'est rendu après Moscou, qu'Assad devait s'en aller.


Moscou livre des armes à la Syrie

La Russie finalise les livraisons de ses missiles de défense aérienne à la Syrie, a déclaré vendredi à Varsovie le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov : "La Russie vend (des missiles) depuis longtemps, elle a signé des contrats et est en train de finaliser les livraisons en vertu des contrats signés. Ceci n'est interdit par aucun accord international", a-t-il déclaré devant la presse. Selon le chef de la diplomatie russe : "Il s'agit d'une arme défensive pour que la Syrie, qui est le pays importateur, ait la possibilité de se défendre contre des frappes aériennes".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait estimé jeudi à Rome que la livraison de missiles russes à la Syrie serait "potentiellement déstabilisante" pour la région. De son côté, le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a fait état vendredi à Varsovie d'une "controverse" à ce sujet avec son homologue russe et a réclamé l'arrêt des livraisons d'armes à la Syrie : "Nous sommes convaincus que les livraisons internationales d'armes à la Syrie doivent cesser et que nous devons tout faire pour donner une chance à une solution politique", a-t-il dit à l'issue d'une rencontre tripartite des ministres des Affaires étrangères polonais, russe et allemand.


Moscou en faveur du dialogue pour régler la crise syrienne

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est pour sa part entretenu par téléphone jeudi avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon et le médiateur international Lakhdar Brahimi, qui a accepté de rester à son poste à la suite de l'initiative américano-russe, a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans des communiqués. Il a aussi reçu à Moscou le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Judeh, qui avait aussi rencontré plus tôt dans la journée M. Kerry à Rome. M. Lavrov a à chaque fois insisté sur la nécessité pour toutes les parties de s'unir pour organiser cette conférence internationale et lancer "un dialogue politique" pour régler la crise.

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10.05.2013Avec Slimane Zeghidour, sur le plateau du journal de 16h GMT de TV5Monde
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