Laos: lourdes peines de prison pour des opposants

 Plusieurs opposants au régime officiellement communiste du Laos, pays membre de l'Organisation internationale de la francophonie, viennent de se voir condamnés à de lourdes peines de prison dans l'opacité la plus totale, selon la Fédération internationale des droits de l'homme.

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Trois opposants au régime se déclarant communiste du Laos, petit pays enclavé entre Chine et Thaïlande, ont été condamnés à de lourdes peines de prison, dans l'opacité la plus totale, a dénoncé mardi la Fédération internationale des droits de l'homme.

"En enfermant des dissidents pour vingt ans, le gouvernement laotien a abandonné toute ambition de respect de ses obligations internationales en termes de droits de l'homme", a critiqué le président de la FIDH, Dimitris Christopoulos, dans un communiqué.

Somphone Phimmasone, Soukan Chaithad et Lodkham Thammavong ont été condamnés respectivement à 20 ans, 18 ans et 12 ans de prison, selon les informations collectées par la FIDH auprès de militants des droits de l'homme de ce pays où il est très difficile d'obtenir la moindre information, a fortiori concernant la répression des voix critiques.

Aucun commentaire du ministère des Affaires étrangères laotien, sollicité par l'AFP, n'a pu être obtenu mardi.

Les trois trentenaires, travailleurs économiques en Thaïlande, s'étaient fait remarquer en publiant des commentaires critiques sur la corruption des autorités laotiennes et en participant à des manifestations devant l'ambassade laotienne à Bangkok.

Ils avaient été interpellés à leur retour au Laos fin mars 2016 et étaient détenus, au secret depuis plus d'un an dans l'attente de leur procès. Ils ont été jugés début avril, selon les sources de la FIDH. 

Plus aucune nouvelle d'eux n'avait pu être obtenue depuis leur exhibition à la télévision d'Etat laotienne, strictement contrôlée par le pouvoir comme tout média au Laos, où ils avaient confessé avoir menacé "la sécurité nationale".

Un récent rapport de la FIDH pointe de nombreux cas de répression et de disparition au Laos.

Membre de l'Organisation internationale de la francophonie, le Laos avait accueilli en 2016 le sommet de l'association des pays d'Asie du Sud-Est (Asean), auquel avait participé le président américain Barack Obama, rare occasion d'ouverture de façade pour le régime.

Déforestation, corruption généralisée et dissidences étouffées sont d'actualité, même si le Laos a entamé une timide ouverture dans les années 1990.

Si les médias vietnamiens ou chinois ont pignon sur rue, les médias occidentaux sont soumis à des restrictions de couverture très stricte, avec un "accompagnateur" du gouvernement participant à tous leurs entretiens.