Lauren Bacall : “The Look“ a quitté la scène

Lauren Bacall et son premier mari Humphrey Bogart ©AFP
Lauren Bacall et son premier mari Humphrey Bogart ©AFP

La légende du cinéma hollywoodien, Lauren Bacall, est décédée mardi 12 août à l'âge de 89 ans. Avec la mort de l'actrice fétiche du metteur en scène Howard Hawks, c'est tout un pan de l'histoire du cinéma américain qui s'en va. Une étoile s'est éteinte.

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La star absolue des écrans de cinéma des années 1950 et 1960 est partie à 89 ans. "The Look" (le regard), comme elle était surnommée, n'est plus. Le cœur de Lauren Bacall a cessé de battre. L'actrice a été emportée par un accident cardio-vasculaire, chez elle, à New-York. La famille Bogart a fait connaître le décès via leur compte Twitter :


"C'est avec une profonde tristesse, mais avec beaucoup de gratitude pour sa vie incroyable que nous confirmons le décès de Lauren Bacall"

Carrière précoce

Lauren Bacall, de son vrai nom Betty Joan Perske, a débuté sa carrière au cinéma alors qu'elle n'avait pas 20 ans. La jeune fille d'une famille d'immigrants juifs d'Europe centrale, née en 1924 dans le Bronx à New-York, s'inscrit dès l'âge de 15 ans au cours de théâtre de l'American Academy of Dramatic Arts. Faute de moyens, l'adolescente, élevée par sa mère seule, ne peut pas continuer les cours de théâtre et accumule des petits boulots d'ouvreuse.

Elle entame ensuite une carrière de modèle jusqu'à que l'épouse du réalisateur Howard Hawks ne la remarque lors de l'une de ses apparitions sur une scène de Broadway. Hawks accepte alors qu'elle fasse un bout d'essai. Lauren Bacall est engagée en 1944 pour tourner aux côtés… d'Humphrey Bogart, dans le Port de l'angoisse.

La beauté, l'élégance, le talent, le regard et la voix de la jeune femme ne laissent pas indifférents le public. Ni Humphrey Bogart, avec lequel elle se marie l'année suivante.

Le Port de l'angoisse


“The look“ : une légende est née

En 1977, Lauren Bacall tourne dans “Le dernier des géants“, un western réalisé par John Wayne
En 1977, Lauren Bacall tourne dans “Le dernier des géants“, un western réalisé par John Wayne
Lauren Bacall va enchaîner trois autres films aux côtés de son célèbre époux : Le Grand Sommeil de Howard Hawks en 1946 (The Big Sleep), Les Passagers de la nuit de Delmer Daves (Dark Passage) en 1947 et Key Largo de John Huston en 1948.

Viendront ensuite des rôles plus légers dans des comédies au côté de Marylin Monroe (Comment épouser un millionnaire, de Jean Negulesco, 1953) ou Gregory Peck  ( La Femme modèle, de Vincente Minnelli, 1957).

Lauren Bacall excelle dans tous les rôles qu'on lui propose, et la légende voudrait que le fameux regard envoûtant de l'actrice était dû à sa timidité face à Bogart dans Le port de l'angoisse : n'osant pas regarder son partenaire en face, elle aurait baissé la tête et ainsi fabriqué ce fameux regard "par en dessous". La voix très grave de l'actrice, si caractéristique et sensuelle, serait une exigence du réalisateur Howard Hawks, toujours lors du tournage de ce premier film de Bacall. Voix grave et regard bleu profond : le surnom de "The look" est vite adopté, et la légende Bacall débute.
 

Parcours sans faute

Lauren Bacall et Humprey Bogart dans “Les passagers de la nuit“ (1947)
Lauren Bacall et Humprey Bogart dans “Les passagers de la nuit“ (1947)
Lauren Bacall a deux enfants avec Humphrey Bogart qui décède en 1957. L'actrice se remarie en 1961 avec l'acteur Jason Robards, dont elle divorce en 1969. La filmographie de "l'étoile de l'âge d'or du cinéma" est impressionnante. Bacall tourne dans plus d'une trentaine de longs métrages, dont les plus marquants sont des réalisations de grands metteurs en scène comme Sidney Lumet, avec Le Crime de l'Orient-Express en 1974, ou encore Robert Altman avec Health, en 1979. Jusqu'à un âge avancé elle continuera à jouer comme dans Manderlay de Lars von Trier, nominé au Festival de Cannes en 2005.

Avec la disparition de "The look", c'est une partie vivante de cet âge d'or du cinéma qui s'éloigne. Heureusement, pour les spectateurs, restent les œuvres où joue Lauren Bacall. A voir ou revoir, sans modération.