Le blog planétaire - le climat dans tous ses États

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De Russie, de Chine, d'Afrique du Sud, d'Algérie, ou du Brésil, etc., des blogueurs des quatre coins du monde commentent les travaux du sommet de Copenhague.

En Allemagne, champignons chauffant, pirates, et TGV à vapeur

par Régis Présent-Griot, 19/12/2009, 10h30 GMT, de Berlin (Allemagne)


Copenhague et ses enjeux : on ne peut y échapper quand on vit à Berlin. Les Unes des journaux le rappellent au quotidien, le moment est grave !

Des "pirates" militants écologistes allemands se sont d'ailleurs rendus sur place en bateau à voiles ! La presse débusque les "champignons chauffant", ces chauffages au gaz pour terrasses de cafés et dénoncent les municipalités qui ne les ont pas encore interdits.

Il est vrai qu'Angela Merkel que l'on surnomme "la chancelière climat", tant elle semble préoccupée par la question, est une ancienne ministre de l'environnement.

Les Allemands sont des gens sérieux... c'est un cliché certes, mais on le sait les clichés disent aussi quelque chose de la réalité. Au moins en matière d'écologie les Allemands sont donc des gens sérieux.

Champions de la conscience écologique

Moulin a` vent solaire
Moulin a` vent solaire
Ici, on trie intensivement ses déchets, les emballages sont même conçus par les industriels pour faciliter ce tri. Les centres villes des principales agglomérations ne sont accessibles qu'aux véhicules montrant patte blanche (ou plutôt pastille verte garantissant la moindre nocivité écologique du véhicule). Dans un pays qui n'est pas réputé pour son ensoleillement, le photo voltaïque est chaque jour plus présent dans les nouveau immeubles, les rénovations ou dans de grands "parcs solaires". Les Allemands ont même projeté récemment de couvrir le Sahara de panneaux solaires par le biais d'un projet gigantesque appelé "Desertec".

Les éoliennes sont omniprésentes aussi dans la campagne allemande avec un fort soutien sonnant et trébuchant du gouvernement, sans susciter le même émoi sur la détérioration du paysage qui a pu apparaître en France. Cette marche forcée vers les énergies renouvelables aboutit à un résultat remarquable : près de 15% de l'électricité allemande sont maintenant issus de ces énergies renouvelables. Ceux qui on connu l'Allemagne de l'Est d'avant la tombée du mur se souviennent du charme de l'odeur du charbon en hiver.

Ce n'est donc pas le moindre des paradoxes qu'aujourd'hui les ex-Länder de l'Est sont, à force de subventions, devenus leader dans le business de l'énergie verte.

Consensus anti-nucléaire

L'ICE, le tgv a` vapeur
L'ICE, le tgv a` vapeur
Un autre paradoxe est frappant : malgré une conscience écologique nationale très forte, l'Allemagne reste une grosse productrice de Co2. Un Français génère par exemple en moyenne 40% de Co2 en moins que son voisin germanique. Ce résultat surprenant a une cause toute simple : pour produire de l'électricité ici, le plus souvent on brûle du pétrole ou du charbon. Depuis la "sortie programmée du nucléaire" (sur plusieurs années) initiée par la précédente coalition (rouge-verte de 1998 à 2005) le nucléaire a été durablement ringardisé. Il y a un véritable consensus pour ne pas le développer et même pour y renoncer.

Durant la dernière campagne électorale pratiquement personne ne s'est risqué sur ce terrain là. Surprenant de constater cette situation de consensus inversé des deux côté du Rhin. En France, sans enthousiasme, le nucléaire est accepté par la majorité de la population comme la plus raisonnable des solutions compte tenu des enjeux des gaz à effet de serre, de l'impératif d'indépendance nationale etc... Alors qu'en Allemagne c'est la raison aussi qui conduit la majorité des citoyens à rejeter une source d'énergie jugée rétrograde et dangereuse.

En attendant donc on brûle du pétrole ou du charbon en générant donc beaucoup de Co2 avec un process qui n'a rien de novateur. Ainsi les modernes trains à grande vitesse I.C.E.(pronnoncer "i - tsé - é"), pendant local des TGV, roulent avec une électricité produite avec du charbon. Le charbon est en plus un enjeu social puisqu'il est produit dans la Ruhr et qu'y renoncer entraînerait de nombreuses pertes d'emplois.

Le voilier des pirates se rapprochant de Copenhague
Le voilier des pirates se rapprochant de Copenhague
Cette nation qui a une confiance certaine dans le progrès technologique échafaude donc des scénarios plein d'espoirs fondés sur le captage ou le stockage du Co2, le développement de moteurs toujours plus spartiates, ou sur une consommation d'énergie rationalisée et maîtrisée. L'objectif à long terme étant bien sûr que les énergies renouvelables - grâce là encore à un saut technologique lié au volontarisme débridé - prennent le relais des énergies fossiles. Pour l'heure la "débâcle" annoncée de Copenhague que craignent les média allemands va conduire la République fédérale à accueillir un sommet à Bonn l'ex-capitale dans six mois.
De la bonne volonté encore et toujours!

Régis Présent-Griot est rédacteur en chef de la Gazette de Berlin

Au Brésil, abondance de pétrole nuit gravement à la santé

par Claúdio Rabin, 9/12/2009 - 8 h 30 GMT, de Porto Alegre (Brésil)

Jusqu'à récemment, le Brésil était un pays limité en termes de ressources pétrolières. Avec la découverte de pétrole à six mille mètres de profondeur sur la côte de la région Sud-Est brésilienne, dites réserves du Pré-Sal, le pays peut presque doubler ses stocks d'or noir. Pour expliquer l'apport majeur de cette découverte, le président de l'entreprise d'Etat Petrobras, Sérgio Gabrielli, était à Porto Alegre, le 4 décembre 2009, à la veille de l'ouverture du Sommet de Copenhague.

Pour comprendre la question, il faut avoir en tête une donnée précise : le Brésil possède, actuellement, des réserves de estimées à 14 milliards de barils de pétrole. Si le Pré-Sal se confirme économiquement viable, les réserves s'élèveront à 27 milliards de barils, ce qui, pour les politiciens brésiliens les plus nationalistes, aurait un impact sur la géopolitique mondiale.

Sérgio Gabrielli, le président de Petrobras
Sérgio Gabrielli, le président de Petrobras
L'abondance de pétrole peut apporter des richesses de l'ordre du trillion de dollars, mais les coûts environnementaux pour le futur sont encore incalculables. Pour certains, en 2017 le coût de l'extraction de pétrole deviendra trop cher. Les projections de Petrobras sont opposées : l'entreprise croit que dans cette même année, seront extraits un million de barils par jour de la couche Pré-Sal, .

En ce qui concerne à la problématique environnementale, la plus grande entreprise d'Amérique Latine possède une division de recherche sur les biocombustibles, qui, entre autres projets, produit l'éthanol à partir de la bagasse de cane-à-sucre, et le biodiesel à partir de graines de mamona. Questionné sur la possibilité que les accords de Copenhague restreignent les émissions de CO2 et rendent impossible l'exploitation des réserves du Pré-Sal, Gabrielli s'est montré sceptique : "Copenhague ne créera pas des problèmes. Je crois que les limitations ne seront pas obligatoires au moins jusqu'à 2015".

L’Amazonie doit être un pôle scientifique et technologique du XXIème siècle.

le chercheur Sérgio Abranches
le chercheur Sérgio Abranches
Un des plus grands spécialistes des questions de l'environnement au Brésil, Sérgio Abranches croit que Copenhague a déjà changé le monde, même si on n’arrive pas à une solution à la fin du sommet. Le professeur et cofondeur de l'agence de notices "O Eco " exprime aussi sa préoccupation pour l'Amazonie. Avant de partir vers Copenhague, où il fait la couverture de la Conférence pour une station de radio brésilienne, Sérgio a pu exprimer ses attentes en répondant à quelques questions posée par le Correio Internacional.

Correio : La Conférence de Copenhague restera-t-elle dans l’Histoire de la même manière que les rencontres de Rio 92 et de Kyoto 97 ?
Sérgio : Absolument, la Conférence de Copenhague a déjà eu des effets très importants avant même de commencer, parce que pour la première fois en 10 ans, les plus grands émetteurs du monde ont d’une façon ou d’une autre pris des engagements pour réduire les émissions de gaz - les États-Unis, la Chine, l’Inde et le Brésil. Mais les chiffres ne sont pas encore suffisants, puisque il y a une différence de rythme entre la politique et la science. La science a avancé plus rapidement que la politique. Pour la première foi, la tendance des gouvernements c’est de dire « oui » à l’accord, et même si les décisions restent insuffisantes, il y aura déjà un changement symbolique.

Correio : Jusqu’à quel point les États-Unis et la Chine peuvent céder quant à la réduction de la pollution, le changement des technologies ou même la diminution de l’activité productive ?
Sérgio : Je pense qu’ils vont céder. Ils sont déjà en train de le faire. La Chine investit puissamment. Par contre, aux États-Unis, pays démocratique, il y a un déséquilibre de forces entre les lobbyistes contre et pour les changements.

Correio : Quel sera le principal point en débat à la Conférence de Copenhague ?
Sérgio : Copenhague pourrait être un succès si on arrive à surpasser l’impasse politique. Il faut juste que la Conférence marque le moment où les grandes puissances passent du « non » aux accords climatiques au « oui ».

Correio : À Copenhague mettra-t-on l'accent sur l’Amazonie ?
Sérgio : L’Amazonie sera discutée à Copenhague grâce au RED, Réductions des émissions dues à la déforestation. L’inclusion des forêts natives dans l’accord peut être un facteur important pour créer un flux de financement qui permette d'investir pour changer le modèle de développement de la région. L’Amazonie doit être un pôle scientifique et technologique du XXIème siècle. Il faut aussi substituer les règles de la Zone Franche de Manaus, qui aujourd’hui financent la production de motocyclettes, lames de rasage, et autres quincailleries, pour qu’on passe à des activités liées à la forêt et qui la conservent. L’Amazonie dispose d'un potentiel énorme et il serait absurde que le Brésil n'en profite pas...

Claúdio Rabin est l'un des animateurs du site www.correiointernacional.com

Le climat : un changement dévastateur et silencieux pour le Chili

par Mauricio Tolosa, 8/12/2009 - 17 h GMT, de Santiago

L’attention des médias chiliens est centrée sur les élections présidentielles du prochain dimanche. Et depuis hier, sur l’annonce de la fin de l’enquête de la Justice qui a déterminé que l’ex-président Frei, père de l’actuel candidat de la coalition au gouvernement, a été assassiné par les services secrets de Pinochet. Le sommet des Nation-Unies n’attire que de trop brefs commentaires sur les chaînes de télévision ou la presse.

Cause ou effet ? Une enquête nationale pose les « problèmes de l’environnement » très en arrière des préoccupations principales des électeurs chiliens, avec 6% de mentions face aux 54% pour la sécurité ou les 35% pour l’éducation.
Et pourtant l’impact du changement climatique sera dévastateur pour le pays. Une étude faite par CEPAL et les deux plus prestigieuses universités nationales, prédit que dans la zone centrale du Chili, où habite plus de 70% de la population, la température augmentera dans les prochaines décennies entre 2° et 4° degrés et les précipitions pluviales diminueront de 30%. Ceci doit produire une diminution de la disponibilité d’eau pour la consommation humaine et pour l’agriculture, avec des sévères conséquences économiques, sociales et culturelles. L’impact sur la croissance économique serait de l’ordre de 1% du PIB annuel.

“S'il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de ville“, proclament ces manifestants
“S'il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de ville“, proclament ces manifestants
Autre paradoxe de l« environnement » en Amérique Latine. Le gouvernement chilien signe des traités internationaux et la présidente Bachelet se déclare mondialement partisane de la protection de l’environnement. Mais dans le pays-même, la semaine dernière une commission d’investigation de la Chambre des députés concluait que la législation de l’environnement était systématiquement violentée par les institutions de l’Etat en faveur d’AES, la grande transnationale de l’Energie et que les projets qu’elle développe mettent en risque la disponibilité d’eau potable pour 6 millions de personnes. Cette information n’est apparue dans aucun média national, ni radio, ni télévision, ni presse.

Ce sont les paradoxes du sous développement institutionnel, citoyen et médiatique de l’Amérique Latine. La croissance économique va bien plus vite que le développement de la démocratie.

Mauricio Tolosa est journaliste et écrivain au Chili

Mr Erdogan, tête d'affiche ou tête de turc à Copenhague ?

par Mine G. Kirikkanat, 8/12/2009, 16h30 GMT, de Turquie (Istanbul)


Une fois n’est pas coutume, la presse turque a vraiment, sincèrement, sérieusement misée sur le sommet de Copenhague: la photo de l’ours polaire au désespoir sur son tabouret de glace en réduction, republiée pour la circonstance est le symbole de l’enjeu, et des pages entières sont consacrées à l’événement, avec vrais débats et notes explicatives.

Et la surprise fut de la taille, mis en regard de cet effort déployé : à aucun moment, aucune rédaction ne s’y attendait, mais le public s’y intéressa vraiment ! Les enquêtes que les journalistes de chaînes de télévision ont menées dans la rue ont prouvé clairement que oui, les Turcs sont conscients du danger que court notre planète. Et non seulement ils n’y sont pas indifférents, mais soucieux de l’avenir du monde qu’ils laisseront à leurs enfants.

Pourtant, cette surprise n’a souligné que l’écart qui se creuse chaque jour un peu plus, entre les faiseurs d’opinions et l’opinion elle-même. En Turquie, la presse est dirigée par une "gente" qui n’est plus en contact direct avec le peuple : ses PDG vivent dans des villas, voyagent dans des voitures à vitres opaques, fréquentent les hauts sphères de la politique et du “business” et ne suivent le “bas peuple” que via les appréciations des journalistes de terrain qu’ils méprisent tout en les exploitant.

Pourtant, il tombe sous le sens que les Turcs soient sensibles au sommet de Copenhague, puisqu’ils vivent le changement de climat avec déluges répétitifs, les étés beaucoup moins chauds que d’habitude et les hivers au contraire, plus doux où les arbres ne savent plus quand bourgeonner et les cigognes qui migrent à des périodes inhabituelles ou ne migrent pas du tout, puisqu’il y en a de moins en moins, à cause des produits chimiques qui abondent dans les champs et les tuent autant que les parasites.

Et aussi, les Turcs sont attentifs aux changements climatiques, puisque dans les grandes villes comme Istanbul, l’air était irrespirable jusque dans les années 90, à cause du taux de carbone justement : les chaudières marchaient au charbon et la population fut sauvée de l’asphyxie par l’arrivée du gaz naturel russe. Avec ses 15 millions d’habitants, Istanbul était une des cinq villes les plus polluées du monde et aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Recep Tayyip Erdogan vieilli par Greenpeace pour Copenhague
Recep Tayyip Erdogan vieilli par Greenpeace pour Copenhague
Donc, les Turcs sont doublement conscients de l’enjeu de Copenhague, sachant par expérience que le cours des choses peut changer, que la volonté peut éviter l’inévitable.
Donc, ils espèrent un accord concret à Copenhague.
Le seul hic, ils ne savent pas si leur Premier ministre pourra s’y rendre. Ce n’est pas que Mr Erdogan ne voudrait pas, mais il est en voyage aux États-Unis et reçu en grandes pompes par Mr Obama.
Après, il se rendra au Mexique, notre Premier ministre dont les Turcs apprécient beaucoup la taille, puisqu’il est aussi, mème un petit peu plus grand qu’Obama et qu’il a fière allure, vraiment…

Pourtant, Greenpeace qui est pour beaucoup dans la prise de conscience des Turcs en écologie, a préparé des affiches sur lesquelles on voit Mr Erdogan vieilli de 20 ans, sans cheveux, mais avec une moustache blanche. Sur ces affiches, identiques à celles de Mme Merkel et autres chefs de files humains, le Premier ministre turc demande pardon aux jeunes générations en 2030, de "n’avoir rien fait quand on avait la chance d’empêcher le changement climatique."
Si Mr Erdogan ne trouve pas le temps de se rendre à Copenhague avant la fin du sommet, je dirais qu’il n’a pas apprécié sa tête d’affiche.

Mine G. Kirikkanat est éditorialiste au quotidien Vatan

En Algérie, comment me sauver des eaux ?

par Ghania Mouffok, 8/12/2009 - 14h30 GMT, d'Algérie

Un jour plus tard… Je cherche l’Afrique à Copenhague inquiète de mon futur possible quand soudain j’entendis la voix de mon ministre de l’environnement sur les ondes de la chaîne trois, il dit : « L’Afrique ne se laissera pas faire. » et il ajouta même : « L’Afrique parlera d’une seule voix ». Comment l’Afrique peut-elle ne pas se laisser faire me suis-je alors demandée, subitement inquiète, si elle ne parle que d’une seule voix alors que nous sommes un milliard ? Un milliard de voix pour l’Afrique c’est plus fort non ? Alors qu’une seule voie c’est comme d’habitude quoi, comme avant le changement climatique.

Dans la série des voix pour l’Afrique j’ai aussi les soixante voix de Kofi Annan qui a réuni 60 artistes autour de sa pétition musicale et mondiale pour « la justice climatique » et faire pression sur les grandes puissances. Ecrire une chanson au trou de la couche d’ozone serait sans doute plus efficace. Passons. Quels sont mes atouts de continent le plus vulnérable pour me faire entendre à Copenhague ? Je ne vois rien d’autre que le fardeau de l’homme blanc. C’est lui qui l’a fait, c’est lui qui paye. Toute la question est de savoir qui sont les blancs ? Faut-il y inclure les Chinois, les Indiens, les Brésiliens désormais grands pays émergents et grands pollueurs à leur tour ? Eux aussi, ils ont averti, ils ne se laisseront pas faire, ils polluent certes mais depuis si peu de temps qu’ils ne nous doivent pas grand-chose.

Qui payera pour l’Afrique qui demande 65 milliards de dollars de compensation pour faire face au changement climatique ? Et je vous épargne le casse-tête qui consistera à savoir : comment les répartir ? Une seule voix, peut-être, mais pas une seule poche, l’Afrique, elle a autant de poches que de gouvernements et chacun monnaiera en fonction de ses atouts. Il y a les Africains avec rien et sans rien, les zappés de Copenhague. Il y a les Africains avec forêt et les africains sans forêt. Bientôt les forêts seront comme le pétrole, des puits de carbone naturel qu’il faudra payer sinon gare à la déforestation qui est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre. Il y a les Africains avec pétrole et les Africains sans pétrole. Moi je suis avec pétrole, mais je ne suis pas sûre que ce soit un atout parce qu’on veut nous faire payer la taxe carbone,

Chérif Rahmani il a dit niet : « Il est exclu que les pays du Sud acceptent de nouvelles taxes pénalisantes, y compris celle sur le carbone. Le fardeau doit être pris en charge par les pays qui, historiquement, ont favorisé les émissions des gaz à effet de serre qui ont durablement modifié le climat de notre planète. C’est un problème d’équité et de justice ».

Voilà, c’est bien ce que je craignais à Copenhague on ne parle que d’argent, c’est d’un mesquin alors que je risque de périr de soif ou de noyade et que je ne sais même pas nager. Je pense que la seule solution c’est de faire un autre sommet mondial avec que des pauvres de toutes les couleurs qui armés de fourches et de bâtons mettraient tous ce beau monde en prison sur la banquise en fonte pour enfin réfléchir à la meilleure manière de me sauver des eaux et… accessoirement sauver la terre.

Ghania Mouffok est journaliste indépendante à Alger

Le règne des donneurs nés vus de Chine

par Xiu Tiebing, 8/12/2009 - 14h00 GMT, de Pékin

Quelques jours ne suffiront pas à transformer Copenhaguen en une vraie Collabohapenning.

Parce qu’il y a trop de donneurs et en même temps peu de donneurs.
Donc, faut voir à qui on donne et quoi…
Donneurs de voeux, de principe, de nécessité et d’urgence… Si répétitifs et si habituels, c’est déjà comme une langue de bois.
Donneurs de quotas ou de limites, discutables et échangeables voire marchandables, certes, mais au moins un début d’action collective, et des prémices assez encourageantes finalement, bien que les démarches pariîssent de plus en plus pénibles.

Il n'est pas acceptable que les lourds émetteurs de CO2 en tonnes par habitant, donnent encore leurs jugements sur les choses, en tant que juges auto-proclamés, et tiennent des propos vexant parce qu'ils se considèrent victimes du changement climatique.

Ajoutons que à mes yeux, le plus théâtral est que certains militants agissant comme partisans d'une réduction draconienne de l’émission des gaz, sont en réalité, eux-mêmes, des émetteurs bien au-dessus de la moyenne au quotidien, ou même lorsqu'ils sont en déplacement missionnaire. Cela reflète un certain style de vie et une curieuse bonne foi.

Xiu Tuebing est professeur et chercheur au Centre des Relations internationales à l'Université des Communications de Beijing (Pékin)

Ils se prennent pour qui les riches ? Micro-trottoir à Porto Alegre

Par Roberto Blum et Carlos Gorito, 8/12/2009 - 13 h GMT, du Brésil

Ils se prennent pour qui les riches ? Micro-trottoir à Porto Alegre


Leandro, musicien
: C'est une question qui se résume à l'espoir, la bienveillance, l'aumône des grandes puissances et des gros pollueurs. Il s'agit de repenser la société dans son ensemble, pas juste de réduire les émissions de gaz carbonique sans repenser le marché, sans repenser l'énergie, sans repenser essentiellement la consommation.

Felipe, étudiant : Je crois qu'ils ne réussiront pas à travailler ensemble... Voyez la vente d'émissions de CO2, les pays riches achètent aux pays pauvres leurs droits à polluer. C'est quoi ça, sinon un complexe de supériorité de ces pays, soi-disant prêts à prendre soin des pauvres !

Sissi, policière : Le Brésil n'est pas en phase avec Copenhague parce que le président Lula a encouragé les gens à produire du soja ou à élever des bovins dans les terres de la forêt amazonienne. Il faudrait arrêter de nous dire de produire, produire, produire !

Antothy, arbitre La première chose est la sensibilisation, pour mettre fin à l'indifférence.

Israël, le fonctionnaire
Je pense que nous pouvons faire beaucoup. Ne pas jeter d'ordures dans la rue, prendre soin de nos arbres, de nos animaux, ne pas dévaster les forêts. Mais nous, les Brésiliens, ne sommes pas très disposés à le faire.

Geraldo concierce : Ce qu'il faut c'est valoriser la vie et apprécier la nature.

Paula, fonctionnaire : Parfois, je pense que la vie pourrait être meilleure...

Roberto Blum et Carlos Gorito animent le site correiointernacional

Dans le dos de Copenhague, entre la France et la Russie...

par Pavel Spiridonov, 8/12/2009 - 9h30 GMT, de Saint Pétersbourg (Russie)

On nous parle de plus en plus de remplacer les énergies issues des hydrocarbures par des énergies propres. Énergie solaire, éolienne et surtout le nucléaire en vantant son bilan neutre en CO2. Mais on n'oublie de nous dire que depuis l'apparition des premières centrales nucléaires, le problèmes des déchets n'a jamais été résolu, et que nous ne savons toujours pas quoi faire de ces tonnes de produits extrêmement toxiques et radioactifs.

Hier soir dans le port de Cherbourg, est arrivé un train porteur de déchets de l'industrie nucléaire ; la compagnie Areva, encore une fois, envoie de l'uranium en Russie. Greenpeace dénonce "la reprise du trafic de déchets nucléaires le jour de l'ouverture du sommet de Copenhague". Le responsable de la campagne Énergie/Nucléaire de Greenpeace France Yannick Rousselet s'est attaché aux rails de chemin de fer pendant la nuit de dimanche à lundi. Et pourtant, hier, dans la journée, le bateau a pris la direction de Saint-Pétersbourg.

Tout de suite après avoir été libéré du poste de police Yannick Rousselet a donné une interview à « Novaya Gazeta ». Selon Greenpeace, dans le bateau il y a des citernes remplies d'hexafluorure d'uranium, une forme d'uranium très instable, corrosive est nocive pour la santé humaine. Pour contourner la loi française sur l'interdiction d'exportation des déchets nucléaires, Areva les envoie en Russie dans le but, selon le groupe industriel français, de revaloriser l'uranium et de le réutiliser comme combustible nucléaire, abandonnant ainsi les déchets d'enrichissement en Russie.

Il est évident que les problèmes du climat sont liés aux questions de gestion d'énergie, mais est-ce que c'est justifiable au nom de la baisse des émissions des gaz à effet de serre, de développer non pas les énergies renouvelables, mais les énergies nucléaires, potentiellement dangereuses et qui nous posent déjà d'autres problèmes écologiques ? Peut-être, faudrait-il profiter de la conférence de Copenhague pour essayer de sortir du nucléaire ?

Pavel Spiridonov est doctorant, avec pour sujet de thèse "L'Influence de l'Internet sur la littérature russe contemporaine

2035, en Grèce, l'année de la guerre de l'eau

par Alexia Kefalas, 8/12/2009 - 8h30 GMT, de Grèce

Copenhague est à trois heures d’avion d’Athènes. Mais les débats sur le climat ne touchent pas vraiment la société grecque ces jours ci. Entre la crise économique qui frappe violemment le pays et les échauffourées entre étudiants et forces de l’ordre, la COP15 ne fait pas débat. Les journaux s’attachent plus aux émeutes, au budget ou à la grève des éboueurs et à l’inquiétude de voir des pyramides de détritus envahir la ville.

La Grèce n’est pourtant pas absente de Copenhague. D’ailleurs la conférence sur le climat à débutée avec... un court métrage grec ! «World Water War», (la guerre mondiale de l’eau) est un film réalisé par deux étudiants de l’Université de Thessalonique, dans le Nord du pays. Ils ont 21 ans et ont voulu mettre en images leur vision du changement climatique. La scène se passe dans l’aéroport Makedonia, à Thessalonique, en 2035. Des gangs s’entretuent pour… un litre d’eau. Le film ne dure que 60 secondes mais en dit long sur l’inquiétude des jeunes par rapport au changement climatique.

La Grèce commence seulement à prendre conscience des problèmes mais les actions pour protéger l’environnement sont encore très sporadiques. Si Athènes est toujours la ville la plus polluée d’Europe, la circulation alternée n’est pas des plus respectées ; après les incendies ravageurs qui ont détruit des milliers d’hectares de forêt en 2007 et l’été dernier, la reforestation reste une initiative privée, parfois lancée par une radio ou une chaîne de télévision ; la population se dit concernée par l’environnement mais le tri est presque inexistant dans les foyers hellènes.

En arrivant au pouvoir il y a deux mois, le gouvernement socialiste a créé le premier ministère de l’Environnement indépendant. À sa tête, un femme, Tina Birbili. Jeune, rusée et dynamique, la ministre croit à la politique du vert et à la « green Economy » pour traverser la crise. Elle n’a pas tardé à annoncer son « plan de politique énergétique », et à s’engager à réduire les émissions de CO2 en Grèce de 65%. C’est un début, mais elle sait qu’il va d’abord falloir travailler sur les mentalités des Grecs et les gestes quotidiens pour mieux appliquer « les réformes vertes ». Peut-être fera t-elle alors appel au talent des jeunes étudiants réalisateurs pour sensibiliser la société ?

Alexia Kefalas est journaliste au quotidien I Kaphimerini

En Albanie, quand la privation de liberté augmente la pollution

par Ilir Yzeiri - 8/12/2009 - 7h30 GMT, d'Albanie

Il y a quelques semaines à Tirana, notre capitale, le président de la République tchèque, Vaclav Klaus a présenté son livre traduit en albanais " La planète bleue aux serrures vertes". Dans ce livre, il pose la question : quel est le risque le plus grand - le réchauffement du climat ou la privation de liberté? Je ne veux pas polémiquer avec le président Klaus, mais il me semble que le monde est en train d'affronter plus le problème de la liberté que le problème du réchauffement climatique de la planète.

Tous le monde dit que la Chine est le plus grand pays qui rejette le CO2 et en conséquence le pays le plus polluant au monde. Le régime de la Chine s'est défini comme mi-capitaliste et mi-libéral, mais pas démocratique. L'industrie chinoise s’est construite durant la dictature avant l'ouverture de ce pays vers la capitalisme. Nous les Albanais nous voyons encore les plaies de ces industries dans notre pays. Rappelons que l'Albanie et la Chine ont été liés par une grande amitié internationale.

Au nom de cette amitié se sont construites en Albanie des usines et des fabrique diverses. L’une d'entre eux est le Combinat Métalurgique construit à Elbasan, une cité à 45 kms, de Tirana notre capitale. Cette grande construction s'est faite avec la technologie du début du XXème siècle, et la base de cet industrie c'était la production du fer et de l'acier. La pollution par le gaz a été si grave qu' Elbasan est aujourd'hui la cité qui a le plus grand niveaux de morts par le cancer du poumon. À Elbasan, on a enregistré des déformations natale terrible, comme par exemple la vache à deux têtes.

L'Albanie est un pays très beau . Il y a des montagnes, des fleuves, des mers, des plaines. C'est l'hiver, mais les couleurs de l'automne ne se sont pas encore éteintes. Durant la dictature au nom de l'indépendance totale du capitalisme, et isolé d'une manière tragique, le gouvernement a détruit la nature, les fleuves et les collines, pour construire un industrie archaïque.

Le 8 décembre c'est la fête de la jeunesse albanaise. Le gouvernement a invité toute la population à venir à Tirana pour célébrer le jour de la jeunesse qui dans les années 90 manifestait contre la dictature. Mais mon pays est cette chose folklorique et absurde, divisé en deux. Quand une population est divisée et prête à s’affronter, c'est difficile de préserver la nature, de préserver mon très beaux pays.

Et il me semble que le président Klaus a raison quand il écrit que c'est la liberté qui est en péril non le climat.

Ilir Yzeiri enseigne le journalisme à l'Université de Tirana

À Alger, je suis au hot-spot du changement climatique.

par Ghania Mouffok, 7/12/2009 - 19h30 GMT, d'Algérie

Il fait 21 degrés à Alger, le temps est doux et ma fenêtre est ouverte, un œil sur la baie surmontée d’une bonne couche de poussière jaunâtre, un œil sur la montagne à l’Est et sans neige, je tâte mon niveau de changement climatique. Pas de chance, je suis en tête de liste des menacés de la planète. J’accumule les points critiques : africaine, maghrébine et méditerranéenne, je suis au top des traumatismes à venir.

Africaine je lis : « Le continent africain le plus vulnérable » parce que le plus pauvre, le moins capable d’envisager l’avenir tant il a déjà du mal à maîtriser son présent. Africaine et en plus Maghrébine, je lis : « L’Afrique du Nord la plus touchée par la sécheresse ». Maghrébine et en plus méditerranéenne je lis : « La région méditerranéenne est un véritable hot-spot du changement climatique », augmentations de la température de 2 à 5 degrés, baisse de la pluviométrie de 4 à 27% sur son lit de pénurie d’eau avec en accompagnement risque d’incendie de forêts et déplacements vers le nord de centaines d’espèces, d’arbres et donc perte de potentiel agricole.

A mon âge, me voilà à la tête du gros lot mais je ne suis pas toute seule, nous sommes un milliard d’Africains, personne ne l’a fêté ce milliard et pourtant en dépit des guerres et de nos dictatures, du Sida et de la tuberculose, de la sécheresse et des inondations, nous sommes désormais un milliard d’Africains sur la planète. Avec le changement climatique on nous prédit, famine et inondation, famine et sécheresse, ce n’est pas la même chose mais le résultat promis est le même, deuils et galères. Je récapitule : je suis menacée à la fois de sécheresse et d’inondation, en alternance, un jour je crèverai de chaud et de soif pendant qu’aux alentours brûleront les forêts, le lendemain il y aura de l’eau mais bien plus que nécessaire donc la terre sera emportée ainsi que mes maigres récoltes, je m’accrocherai à un fil de blé et je m’en irai emportée par des tonnes d’eau qui me jetteront dans la mer, là il n’y aura plus de thon rouge, ni de sardine et en plus je ne sais pas nager.

Si je survis à ce cauchemar, je me retrouverai sur les routes en horde de réfugiés climatiques, en plus d’avoir faim, d’être maigre, j’aurais soif et je ne saurai plus reconnaître le Nord du Sud, pendant que le vent emportera mes haillons. Se rendent-ils seulement compte de mon cauchemar de Darwin les chefs de tribus qui se réunissent à Copenhague ? Parce qu’ici, inconscients que nous sommes, les journaux ne parlent même pas du sommet de la dernière chance, ils ont tous le nez dans la grippe Hach1n1. Ils ne se rendent pas compte que bientôt nous serons ravis de la boire notre morve, on la conservera précieusement dans des bocaux, on sucera nos mouchoirs et on se félicitera de nos écoulements et de nos baves collectives, les plus fortes de toute l’Afrique se vanteront nos gouvernements qui eux je le crains n’auront pas changé.

Je me calme, il fait 21 degrés à Alger et à Copenhague quel temps fait-il ? Pour moi, il fait mauvais temps, au sommaire du sommet de la planète en danger ils ne parleront presque pas de mon changement climatique, je lis que la question de l’eau n’est quasiment pas à l’ordre du jour alors que c’est mon futur problème numéro un, dans son agenda seule trône la question énergétique, le problème mondial numéro un des pays riches. Et voilà, pendant que je m’assèche dans ma serre en danger ils vont se chipoter les neurones pour réduire le moins possible leurs consommations d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre tout en continuant dans leurs hôtels climatisés à prendre des douches digne d’un hippopotame d’avant la sécheresse.
Que faire ? interrogeait le camarade Lénine il y a bien longtemps. Aujourd’hui s’il était une Africaine, il aurait répondu, j’en suis sûre : apprendre à nager… sans boire. C’est décidé cette année j’apprends à nager parce que pour ce qui est de ne pas manger de la viande une fois par semaine sur mon continent c’est déjà fait et je n’ai rien contre les Beatles.

Ghania Mouffok est journaliste indépendante à Alger

Vu de Bucarest, Copenhague semble si loin...

Par Rodica Pricop, 7/12/2009 - 19h00 GMT, de Roumanie

Le rendez-vous climatique le plus important de l’histoire, dont les enjeux dépassent les intérêts nationaux et régionaux, car les scientifiques ne cessent de nous rappeler de façon abrupte qu’il n y a plus de temps à perdre pour inverser le cours dramatique du réchauffement de la planète, avec ses conséquences terribles pour l’avenir de l’humanité, semble être raté par les Roumains.

À la veille du début de la conférence internationale de l’ONU, les Roumains ont eu un autre rendez-vous avec un avenir, plus proche et plus pressant : l’élection du nouveau président du pays pour les cinq prochaines années. Un avenir qui se présente assez sombre pour ce pays ravagé par la plus grave crise économique de sa courte histoire démocratique. Malgré le scrutin, la crise semble loin d’être finie, car le résultat du vote a donné un vainqueur d’une courte tête. Avec une différence de seulement 0,67 % le président sortant Traian Basescu semble, pour le moment, avoir gagné un deuxième mandat, mais rien n’est joué encore, car son opposant, le leader de la gauche Mircea Geoana a déjà contesté le résultat. Dans l’absence d’une majorité au Parlement, Traian Basescu, s’il est validé par la Cour Constitutionnelle, pourra organiser des élections anticipées. Dans ce cas, la crise politique pourrait plonger le pays dans une récession économique dévastatrice.

Cette réalité instable fait qu’aujourd’hui, quand les yeux des peuples de la planète, du Groenland aux antipodes en passant par l’Afrique saharienne ou centrale, et de l’Alaska au Bangladesh, les Roumains s’inquiètent plus de quoi demain sera fait que des changements climatiques. Et ça, malgré le fait que la désertification et la sécheresse sont en train de changer à jamais l’écosystème. La Roumanie a vu depuis dix ans au moins des changements importants, avec une tendance à la désertification dans le sud, accompagnés par des phénomènes météorologiques extrêmes, comme des tornades et des tempêtes violentes, et aussi l’apparition d’animaux ou d’insectes spécifiques aux régions arides, comme les chacals et les scorpions, en même temps que la disparition d’espèces d’animaux ou de plantes, notamment dans le Delta du Danube, classé patrimoine mondial par l’Unesco.

Les coûts humains et matériaux extrêmement importants de ses changements, voire la modification du cours du Danube lors des inondations historiques de 2005, ainsi que les fréquents vifs cours d’eau dans les régions montagneuses, comme conséquence de la politique irresponsable de désertification, font que la Roumanie aurait dû être à l’avant de la lutte contre le réchauffement climatique. Cette année même, la Commission européenne a classé la Roumanie en bas des pays disposant de zones de forêts vierges en Europe, avec seulement 400 000 hectares.

Malheureusement, les responsables politiques ont été plus intéressés par les bénéfices économiques immédiats d’une économie capitaliste sauvage, avec une législation laxiste et encore le mot est faible, que par la protection de l’environnement. Plus récemment, en octobre, l’exécutif européen a assigné Bucarest devant la Cour de justice des Communautés européennes (CEJ) pour avoir manqué à ses obligations en matière de protection des oiseaux sauvage, avec douze espèces en voit de disparition dans le monde et pas encore protégées ici…

La façon dont la Roumanie regarde l’importance de la conférence de l’ONU se voit aussi dans la participation très modeste de Bucarest à Copenhague avec une délégation qui ne compte aucun officiel de rang important.
Il nous reste à espérer que cet écart sérieux avec le reste du monde sera provisoire, et que la Roumanie va rejoindre l’ensemble des peuples qui ont compris plus vite la responsabilité de chacun dans cette lute contre la montre avec le réchauffement climatique.

Rodica Pricop est rédactrice en chef adjointe à Nine O’Clock, et journaliste à Bucarest Hebdo

La main du FSB derrière les climato-sceptiques ?

par Pavel Spiridonov, 7/12/2009 - 14h10 GMT, de Saint Pétersbourg (Russie)

Seul le « Kommersant » a consacré son supplément « BUSINESS GUIDE » au climat et à l'écologie. Ils déplorent notamment que le potentiel économique du protocole de Kyoto n'a jamais été utilisé complètement et que la Russie n'a pas réussi à vendre tous ces quotas des émissions de CO2.

Newsru.com souligne que Kremlin menace de ne pas signer le nouveau protocole si les quotas non utilisés ne sont pas reportés dans le futur accord sur le climat.

« Rossijskaja Gazeta » note que la conférence s'est ouverte avec le scandale des données truquées par les scientifiques anglais. Le site InoPressa.ru va plus loin et traduit pour nous l'article du Dailymail sur le « Climatgate ». Les journalistes parlent de la possibilité que derrière l'attaque des hackers sur le serveur de « Climate Research Unit, University of East Anglia » et la publication des lettres se cache le FSB (ex-KGB).

Dans Gazeta.ru, nous pouvons lire un article intéressant qui parle d'une nouvelle initiative de la Douma (le Parlement russe) de limiter l'information écologique pour la population. Cette initiative est surtout dirigée contre les associations écologiques indépendantes. Les écologistes, eux, disent que c'est lié à la protestation contre la coupe des forêts autour de Moscou pour la construction de la route de contournement de Moscou, ainsi tout mouvement écologique non autorisé
peut être considéré comme terroriste.

Pavel Spiridonov est doctorant, avec pour sujet de thèse "L'Influence de l'Internet sur la littérature russe contemporaine


Au Brésil, l'heure est arrivée, mais nous sommes trop occupés pour en parler !

Par Roberto Blum, 7/12/2009 - 13H50GMT, de Porto Alegre (Brésil)

Cette matinée de lundi où, à Copenhague commencent les discussions sur « l'un des accords les plus fondamentaux pour l'avenir de l'humanité », comme le définit le reporter de Radio Gaúcha pour COP-15, et même si les plus grand médias brésiliens ont envoyé des correspondants à Copenhague, la plupart consacre peu d'espace au sommet, car un ensemble d'événements majeurs ont marqué le dernier weekend au Brésil et en Amérique Latine.

L'événement du weekend était sans doute la dernière journée du championnat brésilien de foot, à la fin de laquelle a triomphé Flamengo, de Rio de Janeiro, l'une des équipes les plus populaires du Brésil et qui n'était pas arrivée en tête depuis 1992. Ainsi, le plus grand quotidien Rio de Janeiro, O Globo, dédie sa une entièrement à la victoire de Flamengo et à la fin de la dynastie des équipes de São Paulo qui ont vaincu les cinq dernières éditions du championnat.

Le deuxième événement le plus traité par les journaux brésiliens c'est le scandale récemment dévoilé autour du gouvernement du District Fédéral, petit district à l'intérieur de l'État de Goiás où se situe la capitale Brasilia. Le gouverneur, José Roberto Arruda, a été filmé dans son bureau par un ex-secrétaire de gouvernement en train de distribuer des tas d'argent à des leader politiques de l'exécutif et de la majorité à l'assemblée du district. Les vidéos montrant les politiciens en train de cacher l'argent dans les chaussettes et les caleçons ont été diffusées largement par le réseau Globo, suscitant la haine de la population du Nord au Sud du pays.

Le troisième événement majeur de ce dernier weekend a été la réélection d'Evo Morales en Bolivie. Le quotidien Folha de São Paulo annonce donc « la victoire d'Evo Morales, qui a gagné au premier tour l'élection présidentielle et la majorité au congrès en Bolivie ».

Le seul quotidien de grande circulation à consacrer une place importante de sa une au sommet de Copenhague c'est O Povo, de Fortaleza (Ceará): « Le monde commence a définir un accord historique, avec la participation de 193 pays. Le Brésil cherchera à trouver des solutions pour réduire en 80% la déforestation en Amazonie. »

Pour O Povo, la méga-structure montée au centre de conférences où se déroulera le sommet représente la dimension du défi proposé aux nations qui participeront des discussions à Copenhague. « La mission des délégations et des 100 chef d'État, qui ne participeront qu'à la étape finale du congrès dans deux semaines, est celui d'établir un accord pour empêcher que la température moyenne de la planète s'élève de plus de 2 degrés centigrades. »

Selon la version Internet du journal O Estado de São Paulo, ceci est un moment opportun pour proposer des solutions ambitieuses. « Jamais en 17 ans de négociations sur le climat autant de nations proposèrent ensemble des objectifs fermes. » Folha Online présente le sommet comme « la plus grande réunion jamais réalisée sur le réchauffement climatique, avec la présence de 15 mille personnes, des délégations de 192 pays et des ONGs, pour surmonter les différences entre les pays riches et pauvres et combattre les effets du réchauffement planétaire. »

Le correspondant de Radio Gaúcha à Copenhague a souligné le fait que plus de 56 journaux dans le monde entier ont dédié leurs éditoriaux de cette édition de lundi matin au sommet de Copenhague et conclut que « le moment est arrivé. Celle-ci est peut-être la dernière opportunité pour que l'humanité puisse minimiser les effets catastrophiques du changement climatique. »

En ce début de semaine très agité, COP-15 n'est à la première place dans les médias, mais la tendance c'est qu'il en gagne à la mesure que les discussions avancent. Les caméras y sont tournées, mais ils attendent que la température augmente. Seulement dans les débats.

Roberto Blum est l'un des fondateurs du site correiointernacional

Mais de quels acteurs, pour quelles actions, parle-t-on ? En Chine et ailleurs...

par Xiu Tiebing, 7/12/2009 - 13h30 GMT, de Pékin

Qu’on le veuille ou non, le monde se manifeste de plus en plus en une scène de représentation, et malheureusement moins en un champs d’action. Le sommet de Copenhague ne semble pas pouvoir totalement échapper à ce destin. Manifs, pétitions, déclaration ou discours, en une succession interrompue, tout cela est attirant, nous émeut, nous enthousiasme pour ensuite nous décevoir, nous décourager et rendre amer, et tout cela en si peu de temps ( voir les fiascos de la coopération Nord-Sud, ou du désarmement par exemple.

Dans tous les coins du monde, les affaires politico-sociales, gouvernance mondiale comprise, se manifestent, sinon se transforment déjà, en compétition théâtrale, avec les médias comme véhicules. L’acteur politico-politicien cherche avant tout l’auto-légitimisation, ou encore le soutien des électeurs domestiques, sans oublier le poid des groupes d’intéret de plus en plus influents dans la sphère décisionnelle. Ainsi la manipulation des chiffres devient pratique courante, dans le but de se décharger de toute responsabilité, ou de transférer ses obligations de sacrifice vers l’autre. Cela fait, on devient jongleur-opérateur.

C’est un fait bien connu de tous, l’acteur le plus hurlant, le plus présent sur le devant de la scène est rarement celui qui agit. Or, comme on le sait bien, le champs d’action n’a pas forcément besoin de haut-parleur, mais seulement de diffuseur de crédibilité.

Xiu Tuebing est professeur et chercheur au Centre des Relations internationales à l'Université des Communications de Beijing (Pékin)

Le Brésil prépare ses arguments pour le sommet de Copenhague

Par Roberto Blum, 7/12/2009 - 12H50GMT, de Porto Alegre (Brésil)

A la veille de la 15ème Conférence des Nations Unies sur le Climat (COP 15), alors que le scepticisme domine la communauté internationale concernant les réelles propositions apportées par les chefs d'État à la conférence, les autorités brésiliennes annoncent un engagement sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 36-39% d'ici 2020.

Toujours positionné du côté des pays en voie de développement, refusant toute contrainte sur les émissions avant qu'une initiative en ce sens ne soit prise par les pays développés, les leaders brésiliens profitent de cette opportunité pour se mettre en avant sur la scène internationale et changent de positionnement.

Ceci se fait au moment où l'on parle d'un G2 naissant, avec le rapprochement entre les États-Unis et la Chine, les plus grands pollueurs actuels.

Une matrice énergétique relativement propre

En 2008, le Brésil a consommé 250 millions de tonnes équivalent pétrole, ce qui correspond à 2% de l'énergie produite sur la planète. Sa matrice énergétique comprenait, en cette même année, 45% de ressources renouvelables, dont les principales étaient la biomasse, à 31% (17% canne-à-sucre et 11% bois), et l'hydroélectricité, à 15%. Cette forte participation de ressources renouvelables dans la matrice énergétique brésilienne contraste avec une moyenne mondiale d'à peine 12,9%, entraînée vers le bas par les 6,7% des pays de l'OCDE.

L'importante part des énergies vertes dans l'industrie de l'énergie brésilienne est la conséquence d'un développement historique. Jusqu'aux années 1940, plus de 85% de l'énergie consommée dans ce pays était d'origine renouvelable, dont 80% pour le bois. Ce dernier a ensuite perdu en proportion par rapport au pétrole durant le boom mondial de consommation de la ressource fossile, entre les années 1945 et la fin des années 1980, suite aux deux chocs pétroliers de 1973 et 1979. En 1971 le bois et la cane-à-sucre assuraient, encore, plus de 50% de l'énergie consommée.

Sao Paulo (photo Claude Vittiglio/TV5Monde)
Sao Paulo (photo Claude Vittiglio/TV5Monde)
L'insécurité sur l'approvisionnement en pétrole, engendrée par les deux chocs pétroliers, a suscité un mouvement mondial vers la diversification des ressources énergétiques et la réduction de la dépendance en pétrole. Cette tendance s'est concrétisée au Brésil à travers la création, par le gouvernement, du programme Pro-Alcool, lequel visait, dans un premier moment, à développer la production d'alcool à être mélangé à l'essence consommée par les véhicules.

La deuxième crise pétrolière a triplé le prix de l'or noir, ce qui a permit la consolidation de la filière, laquelle a atteint le record de production de 12 billions de litres en 1986-87. La part de voitures entraînées uniquement à l'alcool est passé de 0,46% en 1979 à 76,1% en 1986. A partir de 1986, néanmoins, la chute, puis la stabilisation des prix du pétrole à un faible niveau sur le marché international a mis en difficulté l'industrie de l'alcool jusqu'aux années 2000. Récemment, l'augmentation des contraintes environnementales et la montée du prix du brut ont viabilisé à nouveau la filière, aujourd'hui en pleine expansion aussi bien sur le marché national qu'à l'export.

Le deuxième atout énergétique brésilien est son potentiel hydroélectrique. La croissance de l'exploitation de ce type d'énergie s'est fait durant les années 40-60 avec l'installation des premières usines de grande capacité, puis en 1984 avec l'entrée en opération de l'usine d'Itaipu.

Le pays compte aujourd'hui plus de 80% de son électricité générée par la force des eaux grâce à une capacité de production d'hydroélectricité de 77 gigawatts. Mais le potentiel hydroélectrique non exploité s'élève encore à 184 gigawatts, dont la plupart se situe sur la région Nord du pays. Ces données prédisent un futur brillant, mais des nombreux projets en cours suscitent la polémique, car les impacts environnementaux sont importants et comprennent, entre autres, l'inondation de zones de forêt protégée et le déplacement de populations autochtones.

Forêt amazonienne
Forêt amazonienne
Selon l'Agence Internationale de l'Énergie, le Brésil est aujourd'hui le 17ème plus grand émetteur de dioxyde de carbone, avec un total de 347 millions de tonnes émises pour l'année de 2007, étant responsable pour 1,1% des émissions mondiales, contre 21% pour la Chine et 20% pour les État-Unis.

Déforestation en Amazonie

Néanmoins, ce classement ne prend pas en compte les émissions dues à la déforestation et à l'usage des sols pour l'agriculture. La forêt étant une réserve permanente de carbone, sa destruction crée d'importantes émissions qui ne peuvent être capturées par les plantes cultivées pour la consommation.

Selon l'Institut National de Recherches Espaciales (INPE) brésilien, la déforestation de la Forêt amazonienne entre 2007 et 2008 représente 2% des émissions de dioxide de carbone sur la planète. Quoiqu'en baisse depuis 2007, la seule destruction de l'Amazonie aurait représenté l'émission de 550 millions de tonnes de CO2 pour l'année mesurée, selon l'institut, ce qui correspondrait à 60% du total des émissions brésiliennes et projetterait le pays au 6ème rang des plus grands pollueurs de la planète.

Le gouvernement fête le plus bas niveau de destruction de la Forêt amazonienne atteint pour 2008-2009 où 7000 km² de forêt ont été détruits. Certes, ce taux représente une avancée par rapport aux 12,9 mille km2 coupés l'année précédente et le pic de 29 mille km2 de 1995. Mais l'Amazonie est le talon d'Achille du pays et pour la communauté internationale ce chiffre n'est pas encore assez bas, alors davantage d'efforts seront nécessaires.

Selon le ministre de l'Environnement, Carlos Minc, cette baisse a été possible grâce à une politique de répression et le combat contre la déforestation illégale. La mise en place d'un outil de surveillance satellitaire a également été décisif en fournissant des cartes et statistiques en temps réel. Mais les bases pour la préservation de l'Amazonie ont été posées par l'ancienne ministre de l'Environnement, Marina Silva. Durant sa période à la tête du ministère la destruction de la forêt est passé de 27 à 13 000 km2 par an.

Marina Silva a été une défenseure vigoureuse de la région Amazonienne. Mais la fermeté de son positionnement a engendré des conflits avec la politique menée par d'autres ministères, notamment due à la difficulté d'octroi de licences environnementales pour l'implantation de barrages sur les rivières du bassin amazonien. Alléguant avoir une place secondaire par rapport à d'autres ministères dans la politique gouvernementale, Marina a démissionné juste après avoir lancé le Plan Amazonie Soutenable, ce qui a couté cher à l'image du gouvernement Lula.

Copenhague

La proposition brésilienne pour le sommet de Copenhague comprend une réduction de 24,8% des émissions dues à l'usage des sols – ce qui correspond à une réduction de la déforestation de l'Amazonie à hauteur de 80% –, entre 6,1 et 7,7% pour l'industrie de l'énergie, entre 4,9 et 6,1% pour le secteur agricole et 0,4% pour la sidérurgie.

Le plan, présenté par les ministres du Gouvernement, Dilma Rousseff, et de l'Environnement, Carlos Minc, prévoit une croissance économique moyenne annuelle entre 3 et 4%. Poussée par la bonne nouvelle du plus bas niveau de déforestation de l'Amazonie en 21 ans, la délégation brésilienne se dirige à la capitale danoise « avec la même force qu'elle avait en octobre pour disputer (et conquérir) les Jeux Olympiques de 2016 pour la ville de Rio de Janeiro ».

Néanmoins, les moyens nécessaires à pour mettre en pratique cet ambitieuse Politique Nationale sur le Changement Climatique n'ont pas encore été clarifiés. Le président Lula a, d'une part, déterminé la réalisation d'une étude afin d'évaluer les ressources financières nécessaires et demande la participation effective du secteur privé, des organisations internationales et des gouvernements provinciaux.

Le Plan National de l'Energie, projection annuelle publiée par le Ministère de Mines et de l'Energie, prévoit, d'autre part, une augmentation des émissions de 74% d'ici 2020, tout en prévoyant le maintient de part d'énergies renouvelables à 46%. Méfiante, Marina Silva suggère que la proposition brésilienne pour Copenhague soit transformée en loi. Tout indique que le travail sera lourd.

Roberto Blum est ingénnieur de formation et l'un des fondateurs du site Correio internacional.

En Russie, un poumon vert “crachoteux“

par Pavel Spiridonov, 7/12/2009 - 10h30 GMT, de Saint Pétersbourg (Russie)

Le rapport avec l'écologie en Russie n'est pas très simple. D'un côté tout le monde se préoccupe de la situation écologique près de chez soi, de l'autre les soucis du quotidien prennent beaucoup plus de place dans la vie que la dégradation de la calotte glaciaire dans l'Antarctique ou les réfugiés climatiques.

En Europe, ce sujet occupe depuis longtemps les politiciens (et les électeurs). En Russie nous ne parlons pas beaucoup de changement du climat, sauf quand il s'agit des hivers anormalement chauds, mais la création d'un poste de conseiller du président sur le climat démontre que ce thème devient plus prioritaire.

Quels sont les intérêts de la Russie dans les négociations qui se dérouleront à Copenhague ? Il faut dire que l'enjeu est sans doute tout d'abord économique, car en créant le marché des quotas de CO2, les gouvernements du monde ont déplacé la problématique du climat de l'espace purement écologique vers l'espace économique.

Même si les questions du climat n'ont pas beaucoup de place dans sa vie politique intérieure et extérieure, la Russie dispose de quelques atouts et elle devrait les utiliser. Les problèmes économiques dans les années quatre-vingt-dix et la destruction industrielle consécutive ont créé en Russie des stocks importants de quotas des émissions de gaz à effet de serre, malgré le fait que la Russie est le 3ème émetteur de CO2 au monde après les États Unis et la Chine. Ce stock a permis à la Russie de vendre ses quotas au pays comme l'Allemagne et la Norvège.

En 2008 la Russie et le Japon ont commencé un programme de partenariat dans lequel notre voisin de l'Est s'est engagé à investir massivement dans les technologies énergétiques russes, en échange d'une partie des quotas russes des émissions de CO2.

Mais avec un nouveau protocole qui remplacera celui de Kyoto, il est possible que la Russie n'ait pas assez de quotas pour se permettre de développer son économie sans trop de contraintes écologiques. Au début du mois de novembre, le premier-ministre russe Vladimir Poutine a demandé que l'absorption des gaz à effet de serre par ses forêts soit prise en compte dans les nouveaux calculs des quotas.

Selon le directeur de WWF Russie, les forêts russes absorbent 10% de tout le CO2 émis par l'industrie russe. Si la demande de la Russie était acceptée la position des pays disposant de grands ressources forestières, comme la Russie ou le Brésil, seraient renforcée, ce qui pourrait changé les rapports dans le marché des quotas.
Donc l'État Russe attend beaucoup d'un nouveau protocole. Bien sûr s'il n'est pas bloqué par la position des États Unis et de la Chine.

Pavel Spiridonov est doctorant, avec pour sujet de thèse "L'Influence de l'Internet sur la littérature russe contemporaine"

Non au polluant, oui au puant ! Ou les odeurs d'Istanbul...

par Mine G. Kirikkanat, 7/12/2009 - 10h10 GMT, de Turquie

Il y a quarante ans, La Turquie n’était pas encore la 17ème grande économie du monde, ses larges campagnes n’étaient pas encore vidées de leur essence humaine, c’est-à-dire les paysans, et on y vivait très écologiquement, puisqu’il n’y avait ni matière, ni moyen de polluer l’atmosphère.
Surtout à l’Est du pays ou les gens étaient si pauvres et le climat si rude, qu’ils ne pouvaient s’acheter ni pétrole, ni charbon et ils se chauffaient, en brûlant dans leurs poëles ancestrales... de la bouse bovine!

Parce que de l’Est à l’Ouest, le pays ne manquait pas de vaches, même le paysan le plus démuni en avait au moins une et d’ailleurs, il n’était pas interdit de suivre les troupeaux des autres et de ramasser le fruit de leur passage tout au long des champs et prairies.
La bouse était une matière cent pour cent écologique , renouvelable et multifonctionnelle : les démunis le mélangeaient à l’argile tout aussi naturelle pour enduire les murs de leur habitat, donc ils l’utilisaient aussi bien comme ciment que comme carburant. Son seul inconvénient était son odeur et il puait beaucoup plus en brûlant dans le feu qu’en séchant doucement au soleil.

La bouse dégageait une fumée si épaisse, et si odorante que les gens du théâtre mythique de Devekusu (théâtre de l’Autruche à Istanbul dans les années 70) faisaient marrer le public en traitant la bouse de “carpuant national”, faute de carburant.

Oui, la campagne turque était plutôt pauvre à l’époque, mais paradoxalement tout le monde mangeait à sa faim, puisque chaque paysan avait son lopin de terre, ses poules et sa vache qui produisaient des denrées de bonne qualité, puisque le sol n’était pas pollué par les engrais chimiques et que les animaux domestiques en liberté, avaient la chair goûteuse.

Quarante ans plus tard, les campagnes sont désertes, il n’y a plus tellement de paysans, ils ont immigré dans des villes surpeuplées et polluées, la plupart sont au chômage, la Turquie fait de l’agriculture intensive et de la viande industrielle, les usines pullulent dans tous les secteurs, elle est devenue un pays industrialisé et polluant, mais riche!

Or il s’avère que la richesse aussi a une odeur, et l’argent pue beaucoup plus dangereusement que la bouse de vache : la circulation, les habitats, les cheminées des usines dégagent non seulement du CO2, mais des fumées hautement toxiques ; l’eau des lacs et des fleuves sont empoisonnées ; et surtout la mer interne de Marmara n’échappe pas au massacre.

Donc personnellement, j’en déduis que c’est la richesse qui est responsable du changement du climat, puisque le schéma économique des pollueurs est identique pour tous les pays.
Alors que faire à Copenhague?
Oui à la réduction de CO2 de 50% d’ici dix ans. Mais il faut aussi réfléchir à la définition de la richesse.
Est-ce qu’un peuple est riche quand le pays a de l’argent , que la plupart du temps il emprunte, ou quand il travaille, mange mieux, et est en meilleure santé, même sans avoir beaucoup d’argent ?

Qu’on le veuille ou non, avec les crises successives de l’économie du marché mondial, l’humanité reviendra tôt ou tard à une certaine forme d’autosuffisance vitale ou la bouse bovine, matière biodégradable si abondante, revue et corrigée par les nouvelles technologies, aura toute sa place dans la survie de notre espèce et de la planète.

Mine G. Kirikkanat est éditorialiste à Vatan

Pour une équation équitable, entre la Chine et les autres

par Xiu Tiebing, 7/12/2009 - 09h00 GMT, de Pékin

Avec la science, tout enjeu est mesurable et chiffrable. D'où l’importance de l’équation afin de définir la responsabilité et de distribuer à chacun sa contribution ainsi que son sacrifice.

Et pourtant, l’équation actuelle montre quelques insuffisances majeures qui empêchent d'aller vers une vraie progression à Copenhague.

Accumulation historique : le Nord a contribué aux émissions de CO2 beaucoup plus en durée, soit deux siècles et demi d’émission (donc de pollution) : les 60 ans d'émission pour le Sud ne devraient pas être mis dans la même balance. La responsabilité due à l’ancienneté et à la durée doit se transformer en acte de réparation significative et chiffrable.

Émission par habitant : le revenu par habitant, sert fort bien à mesurer l’indice de développement et le degré de modernité d'un pays. Cette logique est aussi d'une utilité essentielle dans le calcul des émissions de chaque pays comme critère de comparaison. La ligne de partage et d’appréciation dépend aussi de l'indice de développement, au dessus ou excessif, celui-ci est au point ou a la moyenne, ou celui la encore au dessous......

Enfin, on doit tenir compte des ressources naturelles dont chaque pays dispose - charbon, pétrole ou gaz ... Ce n'est peut être pas une excuse absolue ou fortuite, mais au moins un élément non négligeable dont doit tenir compte l’agenda international.

Xiu Tuebing est professeur et chercheur au Centre des Relations internationales à l'Université des Communications de Beijing (Pékin)

L’Afrique du Sud à la traîne, prise entre croissance et développement durable

par Liesl Louw-Vaudran - 7/12/2009 - 8h30 GMT, de Johannesburg

Comment être victime et coupable dans la même discussion ? L’Afrique du Sud est dans une position peu enviable à Copenhague : un pays pollueur avec une population très peu soucieuse des questions environnementales et en même temps membre du “lobby” Africain – le groupe qui se présente par excellence comme l’ultime victime des changements climatiques.

Pour le gouvernement sud-africain, il s’agit de se montrer aux cotés de nos frères de l’Afrique sub-saharienne, peu industrialisée et donc pas responsable des émissions de l’effet de serre. On espère également tirer profit des compensations des pays riches pour le monde en développement pour nous aider à minimiser les effets des changements climatiques.

Nous sommes d’un côté victimes, c’est vrai – comme tout le monde, on va vivre les calamités naturelles - mais d’un autre, aussi à la traîne quand il s’agit des politiques environnementales.
Grâce à un stock de charbon presque illimité, l’Afrique du Sud a pendant longtemps produit de l’électricité très peu chère, mais évidemment très sale.
Aujourd’hui, avec une demande croissante et des graves problèmes de coupures d’électricité partout dans le pays, il n’est pas question de changer de politique. Oui aux panneaux solaires, oui aux éoliennes… mais l’installation est trop onéreuse et nous avons besoin d’électricité tout de suite !

Pour le simple citoyen, l’homme d’affaire ou le chef d’entreprise, la préoccupation est d’abord d’avoir de l’électricité, sans coupures, 24 heures sur 24. Pour diminuer les inégalités et pour sortir la majorité des Sud-africains de la pauvreté, il faut d’abord de la croissance économique, nous dit-on.
Cela dit, l’Afrique du Sud n’est certainement pas à l’abri d’une question qui touche tous les citoyens de la planète.
Même si les questions de croissance sont prioritaires, on peut avoir l’idée de consommer moins, de recycler plus et de mieux. Une idée qui fait son chemin…

Cette année pour la première fois le gouvernement a annoncé l’instauration d’une “taxe carbone” pour inciter les entreprises à minimiser leurs effets néfastes sur l’environnement.

Petit à petit, les citoyens aussi ont commencé à prendre conscience de ce problème. On recycle de plus en plus de papier, de plastique et de verre – même si ce n’est qu’une petite partie des ménages qui le font. En fait, il faut être honnête, les pratiques quotidiennes qui sont déjà installées depuis très longtemps en Europe, commencent seulement à devenir une habitude ici chez nous dans les grandes villes.

Et ce qui est déjà dépassé ailleurs est considéré comme d’‘avant-garde’ chez nous.
L’Afrique du sud est l’un des premiers pays au monde qui a créé des grands parcs naturels comme le parc Kruger – un des plus grands espaces naturels protégés - fondé au 19ème siècle. Mais malheureusement nous somme au 21ème siècle et nous ne sommes plus pionniers quand il s’agit de l’avenir de la planète…

En ce qui me concerne, j’espère vivement qu’on pourra sortir de la « bureaucratisation » du débat climatique. Le vocabulaire des spécialistes et des négociateurs est, le plus souvent, trop sophistiqué pour les simples citoyens. Comprendre les débats et comprendre leurs impacts, auront par ailleurs, un impact direct sur l’avenir de chacun de nous.

Liesl Louw-Vaudran est rédactrice en chef adjointe à l'institut des études de sécurité à Johannesbourg

La planète des grands et la planète des petits où se trouve l'Albanie

par Ilir Yzeiri - 7/12/2009 - 7h30 GMT, d'Albanie

Il me semble que les problèmes de la planète, de notre terre se posent devant nous en deux manieres diverses. J'ai de la difficulté à écrire et à rapporter en ce qui nous concerne par rapport à ces problèmes globaux parce que chez nous on n'a rien à dire.

Les Balkans et autres petits pays se sont mis à part depuis la chute des dicatures ces pays se sont devenus non plus un problème pour les grands de la terre, mais une question lointaine.

J'ai rapporté qu'à l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin la presse albanaise n'en a rien dit à la Une. À la veille du Sommet du Cpenhague c'est la même chose. Ici en Albanie, la crise politique fait que l'opposition ne participe pas au Parlement et qu'elle continue juste ses protestations passives. Le gouvernement a menacé l'opposition avec un vocabulaire dur. Enfin rien. L'Albanie est laissée aux mains des ex-comunistes qui manipulent les votes. Ce type de gouvernement a créé la politique de "Yes-men". On a des politiciens et un gouvernement qui peuvent faire ce qu'il veulent avec leurs pays à condition de dire oui aux patrons de Bruxelles et des États -Unis.

Notre gouvernement a ainsi donné l'autorisation de construire près du Port de Durresi une grande centrale au charbon. Quatre compagnies fantômes ont pris des concession pour construire en Albanie quatre grandes usines de ciment, en utilisant le charbon aussi.

Voilà nous risquons d'appliquer chez nous le modèle de la mafia sicilienne et personne des grands de ce monde ne s'en alarme. Dans un pays où l'opposition est réduite au silence, où le gouvernement peut donner ce qu'il veut à qui il veut pour faire n'importe quoi, il est difficile de se souvenir qu' à Copenhague les grands de la terre se sont reunis pour sauver le planète.

Ilir Yzeiri enseigne le journalisme à l'Université de Tirana

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