Le blog planétaire - Les Européennes vues d'ailleurs

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Même Europe, mais plus bleue

Par Pavel Spiridonov - 08.06.09 - 17h14GMT - De Saint Petersbourg (Russie)


Tous les médias russes, électroniques et traditionnels confondues, parlent des résultats des élections européennes. Et tout le monde remarque deux moments, l'activité de l'électorat des partis de la droite et la radicalisation du parlement européen suite à ces élections.

« Kommersant » cite les propos du président du groupe des socialistes au parlement Martin Schulz, il a dit que la soirée a été particulièrement difficile et triste.

« Novaja Gazeta » parle de l'accès des partis de la droite mais surtout de l'extrême-droite au parlement européen. Notamment au Pays-Bas et au Grand Bretagne où le parti nationaliste qui prône la restauration d'un « visage blanc de la population britannique » a obtenue deux places à Strasbourg.

Konstantin Kosachev dans le magazine en ligne « Expert 2.0 » parle du fait que les conservateurs du Parti populaire européen garderont la majorité dans le parlement, mais devrons désormais travailler côte à côte avec les partis nationalistes et de l'extrême-droite.

Beaucoup de commentateurs ont un point en commun ils disent que les Européens, dans ce moment de crise économique, ont voté pour les partis qui soutiennent la thèse que chaque pays devrait s'occuper de ses problèmes séparément du reste de la communauté européenne et multiplier les mesures de protectionnisme pour sauver la production et les empois locaux. Et si la crise ne s'arrête pas bientôt, aux prochaines élections nous pourrions voir la suite de cette radicalisation du parlement européen.

En Grèce, tout le monde est gagnant

par Alexia Kefalas - 08.06.09 - 10h30GMT - D'Athènes (Grèce)


Il y a 3 gagnants en Grèce :

L’abstention, comme dans de nombreux pays européens, qui affiche un record historique (près de 49%). Les Grecs ont préféré la plage (il fait 35 degrés et c’est le week-end de la Pentecôte) aux urnes mais sont surtout lassés des deux grands partis et familles politiques, qui dirigent le pays depuis près de 50ans.

Le PASOK. Le parti socialiste arrive en tête selon les résultats partiels avec près de 36,2% des voix contre 34% pour le parti conservateur au pouvoir « la nouvelle Démocratie ». Le gouvernement, englué dans de nombreux scandales est en perte de vitesse. Depuis les émeutes de décembre, il y a tout juste 6 mois aujourd’hui, rien n’a été fait dans le pays. Les jeunes, les classes populaires n’ont pas été écoutées par le Premier Ministre. Une aubaine pour le leader des socialistes, Georges Papandréou. Il a fait de ces élections européennes un exemple national et demande des élections anticipées pour octobre prochain (au lieu de mars).

L’extrême droite avec le LAOS, le parti de « l’alerte orthodoxe populaire » qui arrive en quatrième position et profitera de 2 sièges au Parlement. Les problèmes d’immigration en Grèce, le manque de politique pour y faire face et les récents violents affrontements entre immigrés musulmans et policiers dans le centre d’Athènes, pourraient expliquer cette poussée de l’extrême droite.


Revue de presse brésilienne : victoire des conservateurs et abstention record

Par Thiago Aguiar de Moraes - 08.06.09 - 09h00GMT - Du Brésil


Au Brésil, les nouvelles de dimanche sur les élections législatives de l'Union Européenne parlent de la victoire des conservateurs du Parti Populaire Européen. L'une d'entre elles, qui a fait la Une dans le cahier international du journal Folha de Sao Paulo, a commenté le grand nombre d'immigrants dans le Parlement Européen, même si dans le cas de la France le montant est considéré faible. D'autres textes évaluèrent une éventuelle ascension au pouvoir des partis d'extrême droite et le haut taux d'abstention, tous deux comme conséquences de l'incrédulité dans la capacité des politiciens de contrôler la crise financière en Europe.


Eva Joly, une Norvégienne au Parlement européen

Par Calixte Tayoro - 08.06.09 - 08h49GMT - D'Oslo (Norvège)


A la télévision et sur les sites web des quotidiens nationaux, deux résultats retiennent l'attention ici en Norvège. En premier lieu, l'entrée au Parlement européen d'Eva Joly sur la liste Europe Ecologie. Si cette victoire était attendue, elle n'en constitue pas moins une vraie nouveauté.

Eva Joly devient en effet la première Norvégienne à siéger à Strasbourg et Bruxelles. Mais c'est évidemment au titre de la France, dont le scrutin européen a été du coup bien suivi par les médias. Le fait qu'elle soit élue sur une liste écologique ne gâche rien dans ce pays où les questions environnementales sont depuis longtemps au coeur du débat sociétal. Par ailleurs, son combat de toujours contre la corruption en Françafrique a fait l'objet hier d'un long article de trois pages dans le quotidien financier national Dagens Næringsliv. A l'heure où les médias annoncent la mort d'Omar Bongo, l'élection d'Eva Joly au Parlement européen devrait relancer le débat sur la fortune des dictateurs africains et le bon usage de l'aide au développement.

Les résultats en Suède sont également très suivis. La chaîne nationale de télévision NRK se fait l'écho de l'entrée du parti Pirate (Piratpartiet) au parlement européen. Porté par la génération internet, ce parti qui milite ouvertement contre la pénalisation du téléchargement, jouit d'une certaine sympathie en Norvège. Son score (7,5%) pourrait, sait-on jamais, donner des idées à la génération Linux pour les élections législatives norvégiennes, prévues en septembre prochain.



Les soldats Afro-américains, héros oubliés du Débarquement

Par Matt Sanchez - 07.06.09 - 20H35GMT - De New York (Etats-Unis)


"Nous saignons tous de la même couleur, vert."
Dicton militaire américain souvent cité.


William Dabney était le seul GI noir a faire le pèlerinage de retour aux plages d’Omaha. Il y a 65 ans, ce jeune soldat originaire de Roanoke, en Virginie n’avait pas encore 18 ans quand il servait avec ses camarades dans le 320e, un bataillon composé entièrement par des Noirs américains.

Mais peu importent les détails de la vie extraordinaire de cet octogénaire, car dorénavant son histoire propre et unique sera mise de côté pour que le soldat Dabney devienne un symbole national, voire international.

En matière de relations entre les races aux États-Unis, le militaire a toujours été en avance sur son homologue civil, même à l’instant du débarquement en Normandie.

Certes, la discrimination existait dans les rangs des forces armées américaines, mais le vice du racisme, souvent critiqué mais peu examiné, aurait été moins qu’un rapport de victime à bourreaux et plus qu’un jeu politique entre Noirs et Blancs.

Selon les moeurs du 19ème siècle jusqu’à la Grande Guerre, l’homme noir n’avait pas la contenance d’un homme de guerre. Ce sentiment raciste fut assez répandu dans l’hémisphère occidental, mais ne s’appliqua pas de façon totalitaire à toutes les races. Au long de l’histoire américaine, l’amérindien joua un rôle unique en étant tantôt allié et tantôt ennemi des forces militaires américaines. Malgré ce passé meurtrier et une attitude de supériorité chez l'homme blanc face à « l’homme rouge », la tradition militaire américaine a toujours reconnu le courage, la fougue et l'entrain des guerriers indiens. Dans chaque guerre, la participation amérindienne dépassera largement la discrète proportion que ceux-ci représenta dans la population Américaine.

La ségrégation n’était pas uniquement dirigée vers les Noirs américains. Les Américains d’origine japonaise furent consignés à quelques unités spéciales et séparées. Cependant, à la différence des noirs, les Japonais furent jugés acceptables pour leur engagement sur les fronts. Algérie, Italie, France, l’Allemagne le 442e de Hawaïi, à majorité Nippo américaine, fut l’unité d’infanterie la plus décorée de toute l’histoire de l’US Army.

Sur les champs de bataille, ces « Japanese Americans » payèrent un lourd tribut pour sauver une unité texane composée par des blancs et des hispano-américains. Au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, la performance des unités Nippo américaines était hors du commun, même si leurs familles souvent se trouvèrent incarcérées dans des camps de prisonniers sur le territoire américain.

Des soldats bavards, peu sûrs d'eux-même, racontent des "war stories" (récits de guerre) où ils exagèrent leurs exploits afin d’agrandir leur importance personnelle, c'est une tendance curieuse que ces soldats fastidieux partagent avec plusieurs membres des médias qui, avec une tournure de phrases, manigancent les faits pour provoquer une réaction calculée. Voici le cas d’un article de L’Express qui a très vite fait le tour de l’Internet. Une citation proclame que la reconnaissance de M. William Dabney serait « la première officielle du rôle des Afro-Américains dans la Deuxième Guerre mondiale.» Cette énorme erreur factuelle aurait été facilement démentie, pourtant la citation a été reprise tel quel dans plusieurs article, même ce blog.

Il ne faut pas banaliser l’héroïsme de M Dabney, le Débarquement sur les plages de Normandie tourna instantanément en champs de mort même pour les soldats d’appui de l’infanterie. Comme Dabney le raconte dans L’Express, "Nous nous sommes enterrés dans le sable pour sauver notre peau," se souvient-il. "Autour de nous, sur la plage, il n'y avait que des cadavres". Ils sont restés terrés "pendant deux jours environ" avant que des bulldozers et des chars dégagent le terrain pour permettre l'avancée des troupes américaines, explique-t-il.

M Dabney mérite, certainement, une reconnaissance pour sa participation. Selon L’Express « Trois soldats du 320e Bataillon sont enterrés au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer (Calvados, ouest) » Tristement, Dabney sera reconnu pour sa symbolique dans une narration sous-jacente et l’exploitation de celle-là se fera au détriment de tous les autres soldats dont la couleur n'aura pas suffit pour sauver leur peau.

Légende photo: Symbolique: ils se ressemblent tous mais un d'entre eux naquit Amérindien du peuple Pima, pourtant ils étaient tous Marines




L'heure des premiers résultats

Par Pavel Spiridonov - 07.06.09 - 18H42GMT - de Saint Petersbourg (Russie)


Les premiers résultats arrivent. Pour être tout à fait honnête, en Russie nous ne connaissons pas grand-chose sur les partis politiques qui se battent encore en ce moment pour les places au Parlement européen. Je vais me concentrer surtout sur les résultats des votations municipales ou sur des référendums constitutionnels. Des affaires beaucoup plus terre à terre, et qui sont finalement proches de chacun d'entre nous indépendamment de l'endroit où on habite.

Comme nous l'avons déjà entendu partout, la nouvelle la plus importante, pourtant pas inattendue, c’est que la grande gagnante dans ces élections est l’abstention. En Lituanie seulement 12% des électeurs se sont déplacés aux urnes. On remarque aussi que les régions les plus actives, c’est les régions ou habite la minorité polonaise avec un taux de participation de près de 19%.

Dans Riga, la capitale de Lettonie, le leader des élections municipales est le parti « Centre Soglasija » qui représente les électeurs russophones, avec 25% des voix.

Au Danemark, selon les résultats à la sortie des urnes, le référendum sur l’égalité des droits d’accès au trône pour les femmes et les hommes n’a pas passé la barre des 40% nécessaires pour inscrire dans la constitution l’égalité des chances d’être le roi ou la reine de Danemark.

L’opposition socialiste en Grèce a quelques pourcent d’avance sur le parti de centre-droite au pouvoir. En Irlande il est très probable que le référendum sur le traité de Lisbonne aboutira au « Oui ». Mais les résultats officiels nous pourrons les entendre seulement tard dans la nuit, avec les résultats définitifs vers le milieu de la semaine.

Et pour finir une information venue de Bulgarie. Les journalistes bulgares sont passés outre l’interdiction de publier les résultats de sortie des urnes. Ils ont publié un faux bulletin météo avec l’information que dans le QG du parti socialiste la température était de +22°C et que dans le QG de l’opposition il faisait +25°C. Pour évoquer la forte abstention ils ont utilisé la force du vent de 20 m/s.

Le nouveau Parlement permettra-t-il de renforcer la gestion politique de l’Europe ?

Par Fleurival Ladenson - 07.06.09 - 17H48GMT - De Haïti


« Les élections de dimanche permettront sans nul doute de renforcer la gestion politique européenne de plusieurs dossiers de portée globale. Avec le renouvellement souhaité dans cette machine parlementaire, il faut s´attendre à des retombées positives pour le leadership européen. » C’est en tout cas le point de vue de Edwin Paraison, ancien consul d’Haïti à Barahona, en République dominicaine.

Il croit que l’avènement au pouvoir de Barack Obama a donné aux États-Unis l’opportunité de refaire une image internationale profondément affectée par l'ancienne administration. De l’avis de l’ambassadeur Paraison, le président américain a gagné le respect et l’admiration d’un nombre important de leaders politiques européens. Cependant, les intérêts politiques et économiques divergents de l’Amérique et l’Europe sous l’oeil vigilant du parlement continental, sauront créer, sinon un équilibre permanent, mais des espaces de réaffirmation évidente du poids de ce bloc régional dans la gestion du monde.



“I have a dream“

Par Ghania Mouffok - 07.06.09 - 14H40GMT - d'Alger (Algérie)


Ce matin, rien. Je parcours la presse quotidienne à la recherche de commentaires sur la commémoration du débarquement en Normandie et je ne trouve rien, pas un mot, même pas pour les traditionnels rappels à l’Europe, oublieuse de l’Afrique résistante au nazisme.

La Une des journaux est au foot. « Les verts affrontent l’Egypte dans un match capital à 20 heures 30 à Blida. « Faites-nous rêver ! » supplie le quotidien Liberté en direction de l’équipe nationale qui joue sa qualification à la coupe du monde de football. « Faites-nous rêver ! », « Maintenant ou jamais ! » en rajoute El Watan comme si notre avenir en dépendait. « C’est combien, un salaire décent », s’interroge toujours à la Une, Liberté sans point d’interrogation comme si la question ne méritait pas réponse. On apprend aussi que « le FLN est incontournable » et que « Belkhadem se positionne en maître du jeu ». Pathétique.

Alors que les contours du monde se redessinent, que les frontières de la terreur se négocient de la Corée à l’Iran, de l’Europe à Israël, nous espérons, ce soir, rêver d’une victoire sur l’Egypte, une victoire de petits hommes sur une grande planète qui nous rejette à la périphérie, comme une petite province oubliée et qui s’oublie elle-même en de dérisoires débats sans liberté. La liberté.

Enfin libre de l’enfer de Guantanamo, Lakhdar Boumediène a choisi la France plutôt que de regagner son pays l’Algérie, et il était l’invité inattendu de l’amitié échangée, en conférence de presse, en marge des célébrations du débarquement allié de juin 44, entre Obama et Sarkozy. Quand l’Amérique ferme Guantanamo, a dit en substance le président français, eh bien la France a été là pour l’aider à se débarrasser de ces prisonniers encombrants. La preuve par le vide, c’est le rôle de cet algérien rentré dans l’histoire par l’absence de son propre pays.

Salam aleïkoum a dit à la cantonade Barack Obama à la planète des musulmans depuis le Caire, Oum dounia, la mère du monde. L’Amérique désormais parle arabe, et c’est tant mieux. Mais quelle est la langue des arabes aujourd’hui ? Ont-ils encore une langue pour parler ? Dominés, endettés, corrompus, les gouvernements du monde arabe ont parlé jusqu’alors la langue de l’Amérique, lutte contre le terrorisme, libéralisme, vendant au rabais tous les efforts des indépendances, guettant leur retour dans « le concert des nations ».

Avec Obama, c’est incontestable, l’Amérique change de langue et cet homme porte le changement avec une classe indépassable, mais il porte également toute la puissance encore indétrônée de l’Amérique. Comment ne pas remarquer l’assurance avec laquelle il mène sans aucun effort les cérémonies du débarquement, toujours en tête, premier levé, premier assis, de sa foulée décidée, il invite le monde à le suivre, il ringardise bien des débats. Comment en effet ne pas l’applaudir quand répondant à une question sur le hidjab, toujours en conférence de presse, il répond qu’en Amérique les gens sont libres de s’habiller comme ils l’entendent, la seule chose qui leur est demandée est d’être patriotes.

La presse guettait les divergences entre l’Amérique et l’Europe. Comment ne pas se souvenir, alors, de ces jeunes françaises voilées rejetées aux portes des lycées de la république quand Sarkozy s’embrouille dans sa volonté de convergence avec son ami Obama. Obama mène la danse et invite le monde à le suivre, mais pour aller où ? Obama et avec lui les américains ont compris. Ils ont compris que l’Amérique avait perdu la guerre, en Afghanistan, en Irak, en Palestine, au Liban. Ils ont perdu la guerre de se soumettre la planète du pétrole parce qu’il est bien là, le drame arabo-musulman, il est au coeur de sa terre transformée depuis en champs de ruines de Kaboul à Bagdad. Mais si l’Amérique enlisée a perdu pendant que ses boys mourraient aux côtés d’Irakiens, dans un même gâchis, les spéculateurs dans leurs bulles pillaient la planète jusqu’à la perdre dans une crise sans précédent.

Mais si l’Amérique a perdu, alors qui est le vainqueur ? Les vainqueurs, ce sont peut-être tous ces morts qui encombrent nos mémoires et qui rappellent aux tyrans du monde arabe que jamais leur tyrannie n’a empêché les résistances populaires, de Bagdad à Gaza. Pendant qu’ils parlaient la langue de l’Amérique, les résistances inventaient une autre langue, langue violente, ambigüe, langue de survivants puisant dans celle des ancêtres leurs linceuls de morts. Mais leur victoire n’est pas notre liberté. Obama, élu, veut sauver l’Amérique. Dans nos provinces oubliées, qui veut nous sauver ? Où sont nos gouvernants qui nous diront à leur tour, assalam aleïkoum, que la paix soit sur vous ? Faites-nous rêver. Nous pourrons rêver lorsque nos rêves ne seront pas réduits aux barrières d’un stade de foot. "I have a dream" comme disait l’ancêtre d’Obama.


Les israéliens ont peur de la montée des extrémismes en Europe

Par Lior Papirblat - 07.06.09 - 12H45GMT - de Tel Aviv (Israël)


Les sondages publiés ces dernières semaines en Europe, montrent un soutien accru pour les partis extrêmes - de gauche et de droite - mais probablement ça ne sera pas suffisant pour saper la stabilité des 736 sièges de l'Assemblée. Toutefois, le Parlement européen est l'institution qui représente le mieux l'état d'esprit européen, de sorte que l'inquiétude en Israël est marquante.

La principale préoccupation découle des petits partis qui souhaitent faire leur entrée au parlement, comme le parti anti-sioniste de l'acteur français Dieudonné M'bala M'bala. "Les Juifs en France sont citoyens français. Pourquoi est-ce qu'ils auraient deux pays?", a déclaré récemment le porte-parole du parti, Marc Robert sur le site israélien ynet.

Parallèlement, les mots de la candidate du parti d'extrême droite de la Hongrie - le parti radical "JOBBIK" - ont soulevé une tempête. Krisztina Morvai a écrit le message suivant sur les Juifs hongrois sur un forum en ligne : "Je serais très heureuse si les personnes qui se disent fiers d'être Juifs hongrois jouent pendant leurs loisirs avec leur tout petit sexe circoncis, au lieu de me salir". On a peur en Israël que de telles paroles que l'on entend dans la rue par les extrémistes, soient reprises par le Parlement sur un document officiel, si les extrémistes sont choisis.

Le Parlement européen est l'une des institutions de l'Union européenne qui n'est pas trop pour Israël. Entre autres, le Parlement a pour usage de ne pas améliorer les relations entre l'Union européenne et Israël, même si les dirigeants européens n'ont pas pris cette décision.

Comme les peuples de l'Europe, le Parlement européen est pour la solution : deux États pour deux peuples. Le gouvernement de M. Netanyahou doit comprendre que s'il souhaite approfondir les liens entre Israël et l'Europe, il doit prendre une autre direction, différente de celle qu'il prend aujourd'hui.


Lior Papirblat est le chef d'édition du site internet d’informations ynet.

Une amie des albanais et un ami du Premier Ministre

Par Ilir Yzeiri - 07.06.09 - 08H17GMT - de Tirana (Albanie)


La visite d'Obama en France et la commémoration du débarquement en Normandie sont suivis par les média albanais plutôt pour démontrer une sorte de sympathie envers le président américain, très aimé en Albanie. De l'autre côté, les discussions sur le prochain Parlement européen ont manqué.

Les Albanais sont sûrs que les dernières années du siècle passé et le début de ce siècle pourraient s'intituler le temps des Albanais tant l'Histoire a été avec eux. L'indépendance du Kosovo, l'adhésion de l'Albanie à l'OTAN ont résolu enfin le problème fondamental des Albanais, celui de l'identité nationale.

Mais un des poètes albanais, le plus illustre de la période de la Renaissance, le prêtre Gjergj Fishta, 100 ans auparavant, juste après l'Indépendance de l'Albanie en 1912, a écrit: "Maintenant que l'Albanie c'est fait, il faut que les Albanais se fassent", dans le sens où les Albanais ont du mal à se gouverner. C'est peut-être la même chose maintenant que le pays et les albanais ont fait beaucoup d'efforts pour obtenir la démocratie et ses avantages.

Nous sommes en pleine campagne électorale. Les institutions européennes ont déclaré que le gouvernement albanais doit faire le plus possible pour que ces élections soient libres. Mais, en même temps deux événements se sont déroulés : les nominations de Mme Glover à la tête de l'ODIHR (NDLR: Office for Democratic Institutions and Human Rights) et de Msr Grossruck à la tête de l'OSCE (NDLR: Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Cette dernière organisation surveillera les élections. L'opinion et les médias albanais se sont souvenus que ces deux personnes ont une histoire avec les élections albanaises.

Avant la crise catastrophique de 1997 où le pays s'est embourbé dans une guerre civile, en Albanie se sont déroulées les élections de 1996. Ces élections ont été manipulées par le président de l'époque, Sali Berisha. A l'époque à la tête de l'ODIHR se trouvait notamment Mme Glover. Elle a critiqué durement les élections et a déclaré qu'elles ne devaient pas être reconnues. De l'autre part, à la tête de l'OSCE se trouvait Mr Grossruck. Lui avait déclaré que ces élections avaient été libres.

Comme vous le voyez deux standards et deux mesures. C'est la même chose pour ces élections aussi. Voila comment l'Europe apparaît chez les albanais, comme les juges de football, une partie qui aime le premier ministre et une partie qui aime les albanais, qui veut des élections libres et correctes. Qui gagnera : l'ODIHR ou l'OSCE ?

L'Obamania éclipse le vieux continent et ses péripéties électorales

par Matt Sanchez, 07-06-2009, 06 h GMT, de New York (États-Unis)


En Amérique, dans tous les médias, les élections européennes sont éclipsées par la 65 ème anniversaire du débarquement en Normandie et la présence de l'hyper puissance américaine-- Barack Obama.

Pour l'Américain moyen, une élection chasse l'autre. Le record de 100 millions de votes émis pour choisir un champion du célèbre concours de chant et talent American Idol, aurait éclipsé les 65,182,692 millions de voies émises en 2008 qui firent d'un politicien très populaire, l’homme le plus puissant au monde.

CNN, CBS, MSNBC, USAToday, Washington Post : rien. Comment expliquer l’absence d’information sur les élections européenne dans les medias américain ? Pour un marché médiatique où les informations font concurrence avec les divertissements pour gagner une audience volage souvent distraite, l’élection lointaine, étrangère, n’est pas prioritaire et peu performante.

L'opinion émise dans une élection sera-t-elle valide si le peuple ne valorise pas cette opinion ? Voici la question clé pour les citoyens européens. Voici le défi relevé aux grands journaux et chaînes de câble américains toujours en quête d'arriver le premier, avant leur rivaux.

Après l’échec du traité de Lisbonne, l'Européen ébranlé se cherche dans un exercice politique en commun. Cette précieuse possibilité d’autodétermination, aussi erronée qu’elle soit, c’est l’héritage des hommes vainqueurs d’il y a 65 ans. Mais dans un climat de paix relative, le vote perd sa valeur quand il est pris pour acquis.

Seuls le Wall Street Journal mentionnent les élections européennes dans un article sur Silvio Berlusconi, et le New York Times pour aborder la crise du gouvernement de Premier ministre britannique.

Si le grand public américain ignore les détails, voire l’existence, du déroulement de ce vote historique en Europe, il ne faut pas fouiller dans les vielles boites de clichés américains pour trouver une raison ou condamner la culture médiocre de l’Amérique profonde. Dans ce voyage vers l’avenir, les différences entre le Vieux et Nouveau continents s’estompent à la cadence d'un téléchargement à haute vitesse. Toutes valeurs relativisées, la presse américaine s’accroche à l’infotainment (infodivertissement) au détriment de hard news (nouvelles sérieuses). La presse européenne singe cette tendance en écartant l’analyse journalistique pour se livrer à un coquet et doux culte de personnalité.

Sans intérêt, et avec indifférence, même les initiés ont du mal à s’orienter dans les monotones couloirs de la politique européenne. Lors de sa première visite en tant que chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton parla d’un système européen multipolaire « difficile à suivre » en comparaison avec la traditionnelle bipolarité aux États-Unis. Pour l'ancienne First Lady, peu importait les démocraties de l’Europe car, selon Mme Clinton (une diplômée de la prestigieuse Harvard University) les États-Unis possédaient une démocratie "bien plus vieille que la démocratie européenne". Avec cette déclaration, Clinton montra sa parfaite maitrise du courant actuel de son pays, car, comme les millions de voix soigneusement émises pour couronner l'actuel American Idol, l’essentiel est de gagner le concours.


Ces Européens excentriques

par Álvaro S. de Lima, 07.06.09 - 03 h GMT, du Brésil


Alors que les élections européennes avancent, les journaux brésiliens accordent de plus en plus d'attention aux curiosités qui accompagnent ce processus. Le peur de l'abstention en Allemagne, l'incrédulité des électeurs de la République Tchèque et de l'Irlande, le "parti pirate" des Pays-Bas apparaissent comme des excentricités pour appâter les indécis. L'importance politique de cet événement se perd devant les polémiques d'un scrutin souvent décrit comme "long et complexe". Toutefois, si l'on tient compte du fait que la plupart des nouvelles ont comme source des agences de presse européennes, on peut croire que c'est l'Europe elle-même que nous raconte cette version de l'histoire.

En parallèle, le jour D n'a pas été oublié pour la presse nationale, mais il est curieux que les textes qui ont racontent l'anniversaire de cette date l'ont fait en suivant les pas de Barack Obama et non ceux des Européens. Comme d'habitude, les médias brésiliens ont rapporté la journée du président des États-Unis, et commenté ses faits et gestes.

L'Europe (économique) de l'Atlantique à l'Oural

Par Pavel Spiridonov - 07.06.09 - 01 h GMT, de Saint-Petersbourg


En attendant LE jour des élections, j’aimerais parler d’un événement qui se termine en ce moment dans mon pays. Le forum économique international de Saint-Pétersbourg, qui a commencé jeudi passé. Ici se discutent des problèmes économiques du monde. Nous pouvons nous dire, à quoi bon de parler de ce forum ? Mais il faut rappeler qu’il y a presque autant de divergences économiques que politiques entre la Russie et l’Europe. Ainsi nous pourrions apercevoir dans les commentaires de participants quelques idées sur le futur des relations Russo-Européennes.

Alors, que disent les politiciens et les économistes venus de partout dans le monde ?

Jacques Diouf, le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a dit que suite à la crise actuel le nombre des personnes vivantes en manque de nourriture pourra augmenter jusqu’à 15% de la population mondiale.
Dimitri Medvedev, président de la Russie, a proposé d’organiser une structure mondiale pour rééquilibrer l'offre et la demande dans le commerce de grain.
Catherine Ashton, commissaire européenne au commerce extérieure, espère que la Russie pourra finaliser son adhésion à l’OMC à la fin de cette année. J’aimerai rappeler que la Russie a déposé sa candidature au 1993.
Viktor Vekselberg (fortune personnelle 1,8 milliards de dollars, selon Forbes) a parlé de la peur provoquée en Europe par le capital venu de Russie et des documents et des règlements européens qui ralentissent le développent des relations économiques entre la Russie et l’UE.

German Gref, directeur de Sberbank (l’une des plus grandes et plus anciennes banque de Russie) a déclaré que Sberbank a l’intention de vendre ses 35% d’actions d’Opel acquises récemment pendant la vente de l’entreprise allemande par General Motors. Il a noté aussi que les nouveaux investisseurs de Opel essayeront de limiter lis licenciements dans les usines d’Opel en Allemagne.

Chacun peut faire ses propres déductions des propos cité plus haut, mais personnellement je suis persuadé que les liens qui unissent la vie politique et économique des deux forces principale en Europe deviennent de plus en plus forts. Et nous sommes obligés de trouver un modus vivendi en commun maintenant pour pouvoir vivre en paix et en confiance mutuelle dans le futur.

La Norvège met un (petit) pied dans l'Union

par Calixte Tayoro, 06-06-2009, 21 h 00 h GMT, d'Oslo (Norvège)


La Norvège n'est pas membre de l'UE, mais les élections européennes y sont suivies avec attention. Il y a deux raisons à cela. D'une part, la Norvège est très liée à l'UE sans faire partie du club. Elle est notamment membre de l'Espace économique européen et de l'espace Schengen. D'autre part, ses deux voisins scandinaves que sont le Danemark et la Suède sont dans l'UE. A ces raisons habituelles, s'en ajoute une autre cette année: Eva Joly.

La Franco-norvégienne va sans doute être élue sur la liste Europe Ecologie, aux côté de Daniel Cohn-Bendit et de José Bové. C'est l'occasion pour les médias norvégiens de rappeler son combat contre la corruption et les paradis fiscaux, et de souligner son opposition tant à Nicolas Sarkozy qu'à José Manuel Barroso. Digne représentante de la social-démocratie norvégienne, Eva Joly porte haut les valeurs de transparence et de justice. Mais elle prévient qu'elle ne sera ni un agent double ni un agent d'influence pour la Norvège auprès de l'UE. "Ma loyauté est européenne," déclare-t-elle.

L'Europe, une puissance incomplète

par Fleurival Ladenson, 06-06-2009, 20h30GMT, du Matin d'Haïti


Un analyste politique haïtien voit dans l’anniversaire du débarquement du 7 juin, « l’occasion de retrouvailles Europe-Amérique, de noces transatlantiques, l’occasion de consolider symboliquement une alliance occidentale ».

Selon les réflexions du professeur Rudy Édmé dans Le Matin, « la France d’aujourd’hui, elle tient à son image de la patrie des droits de l’homme. Elle a du mal à gérer par contre sa tradition de terre d’accueil… et sa politique de quota et d’immigration choisie laisse beaucoup de monde perplexe. La crise économique aggrave les replis sur soi et fait le nid de l’extrême droite. »

Le quotidien note aussi dans ses pages internationales, que la France va décorer le premier noir vétéran américain du débarquement de 1944.

« Un vétéran noir américain qui a participé au débarquement allié en Normandie en 1944 va être décoré par la France, à l’occasion du 65e anniversaire du Jour-J, une première reconnaissance officielle du rôle des Afro-Américains dans la Deuxième Guerre mondiale. William Dabney, qui recevra la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions décernées par le gouvernement français, est le dernier survivant connu du 320e Bataillon de barrage antiaérien, presque entièrement composé de Noirs, qui avait combattu pendant cet épisode décisif de la Deuxième Guerre mondiale ».

Mais si Rudy Édmé s'enthousiasme pour les célébrations du D Day, il s'interroge aussi sur le manque d’intérêt de la part des Européens pour les joutes de dimanche. « À propos des incidences de ces élections sur la communauté européenne, le moins que l’on puisse dire, c’est que pour l’heure, les peuples européens n’ont pas l’air de trop s’intéresser à ce qui va se passer. L’Europe reste une belle architecture dans la tête de ses dirigeants politiques, l’Europe des peuples est à construire. L’Europe peut et doit jouer le rôle de l’équilibre par rapport aux USA, personne n’est confortable avec une hyper-puissance qui décide de tout, mais l’Europe a encore du chemin à faire pour arriver à une unité de vue sur les questions internationales et sur la défense commune. Et à cause de ces manques, elle demeure une puissance incomplète ».

Les pays baltes gagnés aussi par la xénophobie

Par Pavel Spiridonov - 06.06.09 - 16 h GMT, de Saint-Petersbourg


Samedi, pas de journaux fraichement sortis dans les kiosques, la source principale de l'information se déplace sur l'Internet. Alors, faisons un petit tour d'horizon de la Toile russe.

L'attention principale se porte surtout sur les pays d'ex-URSS qui sont entrés dans l'Union Européenne il y a quelques années : Estonie, Lettonie et Lituanie.

Le site Web de RIA-Novosti remarque qu'en Estonie les élections anticipées se passent sur l'Internet. Entre 28 mai et 3 juin il a été possible de voter en ligne, et si vous avez changé d'avis, de revoter encore une fois et donner votre voix à un autre candidat (mais seulement jusqu'au 3 juin).

En Lettonie, en même temps que les élections européennes, se déroule le scrutin pour les organes de gouvernement locaux. L'agence d'information Regnum (www.regnum.ru) annonce qu'à midi, heure locale, 16,4% des électeurs ont voté. La même agence a mentionné les affiches xénophobes qui ont fait leur apparition sur les places publiques de Riga. Ces
affiches de Janis Birks indiquent que la population lettonne dans la capitale n'est que de 42,25% (par rapport aux russophones), tout en rappelant son attention d'être réélu maire de Riga ce week-end sous le slogan « Pour les intérêts lettons à Riga ».

Quant à la Lituanie, Les deux premiers jours de vote, 3 et 4 juin, ont été marqués par une baisse de participation par rapport aux élections présidentielles de ce printemps. Pendant ces deux journées, seulement 1,02% des Lituaniens sont passés dans les bureaux de vote.


L'Europe, du Caire à la Normandie : combattre les extrêmes

Par Lior Papirblat, 06-06-2009, 15 h 25 GMT, de Tel Aviv (Israël)


"Quand des extrémistes violents opèrent dans une étendue de montagnes, les gens sont en danger dans l'ensemble de l'océan". Le jour après que le président Barack Obama, a tenu son discours historique au Caire et a adressé la citation ci-dessus au monde arabe, le chef du pays le plus puissant au monde a visité le camp de concentration de Buchenwald en Allemagne.

Ce n'est pas par hasard que cette visite, dans le camp où des milliers de personnes ont été assassinées par les nazis, a eu lieu un jour après que le président américain a parlé au monde sur les extrémistes et la nécessité de construire les ponts qui relient les intérêts des modérées au-dessus des têtes des extrémistes.

Sur le chemin de Buchenwald, Obama a défié le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a exprimé des doutes sur la mort de 6 millions de Juifs par les mains des Nazis, de se rendre là-bas, aussi. Cette visite à Buchenwald est devenue en effet un acte contre le négationnisme. Le lendemain, il a rendu hommage aux héros de la D-Day invasion de la Normandie.

Au Caire, le président Obama a parlé de «la responsabilité, que nous nous devons les uns aux autres comme êtres humains». Du cimetière américain de Colleville-sur-Mer, cette obligation a un sens plus profond, en regardant le passé, mais beaucoup plus en regardant l'avenir. Ces jours-ci, les Israéliens voient le renforcement des extrémistes dans les élections pour le Parlement européen - et sont inquiets.

Le voyage de trois destinations du Présidant Obama forme un triangle avec trois angles principaux: 1. la reconsolidation entre l'occident et le monde musulman. 2. l'importance de la mémoire comme valeur dans la bataille contre l'antisémitisme et le racisme. 3. un hommage pour ceux qui sacrifient leurs vies en combattant pour la liberté. Nous verrons demain si le vote aux élections européennes aura reçu ce triple message.


Lior Papirblat est le chef d'édition du site internet d’informations ynet.

Vous ne le savez pas, mais les Turcs sont déjà là...

par Mine G.KIRIKKANAT, 06-06-2009, 15 h 25 GMT, d'Istanbul, Vatan


Les jeunes Turcs qui sont nés après 1992, ne savent pas que l’ancêtre de L’UE est une certaine CEE, la Communauté économique européenne. Ils ne s’intéressent point au passé d’un avenir européen dont ils doutent, à juste titre.
Car les promesses, ils savent à quoi s’en tenir : Godot qui viendrait de l’Europe, leurs grands parents l’ont attendu, leurs parents l’ont espéré et maintenant c’est leur tour de faire le guet ? Très peu d’entre eux se portent volontaires.
Or il y en a beaucoup de ces “jeunes Turcs”... Quand l’Europe a peur d’un pays de 75 millions d’âmes, elle doit rajeunir son raisonnement, 50 % de la population turque est en dessous de 28 ans !

Oui, La Turquie fait peur à l’Europe, de par son passé de conquête “musulmane”, son présent certes dynamique mais instable, son industrie lourde, son agriculture compétitive, ses humeurs militaires et islamistes et ses armées de jeunes qui ne demandent qu’à mordre la vie en Europe où ailleurs à pleines dents. Et ils la mordent, s’y accrochent, décrochent un job, un diplôme, une situation partout où ils s’introduisent, même là où ils ne sont pas invités, arrivent à se tailler une place et forment une communauté incontournable au sein de l’Europe : sept millions de Turcs, dont un tiers possède déjà un passeport européen (voir l’Allemagne…).

À partir de cette réalité, ils n’ont pas vraiment besoin de croire si l’UE voudrait ou non de La Turquie. Ils savent que leur tour viendra pour dire leur mot, en attendant ils se font députés, maires européens et font beaucoup d’enfants...
Donc certains membres de l’UE n’ont pas tort de craindre l’adhésion de la Turquie, puisque beaucoup de Turcs sont déjà là, avec ou sans permission, malgré les murs de visas dressés au fils des ans.

Mais ce paradoxe, l’Europe ne le doit qu’à sa propre défaillance de fondation : L’UE n’a pas rempli son rôle philosophique et social prévu par le traité de Maastricht, les Européens n’ont pas suivi les idéaux des pères fondateurs de l’Europe comme Victor Hugo ou Robert Schumann et ont préfèré l’union des monnaies à celle des idées.
Aujourd’hui l’UE est toujours une CEE, et même les Européens s’intéressent de moins en moins aux élections d’un Parlement européen qui ne débat que des problèmes de forme, mais jamais de fond.

Résonances franco-chinoises : quand la mémoire divise l'Europe ou l'Extrême Orient

par Xu Tiebing, 06-06-2009, 13 h 30 GMT, de Beijing/Pékin (Chine)


Tandis que je suis la cérémonie pour le D Day (sur TV5Monde), je n'arrête pas de me dire qu'il faudrait penser un peu autrement.

Le débarquement en Normandie si souvent relaté et commémoré demeure toujours ce qu'on qualifie de second front pendant la guerre. Alors ne fallait-il pas faire un geste aux héritiers du premier front bien, le russe, bien que l'URSS est morte à l'heure de la gouvernance globale ?

Transatlantisme ,OK, solidarite inter-occidentale, d'accord, ; mais ne vaudrait-il pas mieux donner une place mieux appropriée et plus appréciée aux pays de l'Est, qui furent victimes de l'occupation tout de même, au moment même où on célèbre l'élargissement européen et où on vote partout en Europe ?

Enfin, avec la Résistance tellement mystifiée, la Libération si haut glorifiée, on oublie presque révéler l'autre face de la guerre sous l'Occupation, pas seulement Vichy, la Collaboration, mais l'État d'âme défaitiste français d'alors, le comportement passif de la majorité, a commencer par l'élite..

Et pensons à nous même, les Chinois : nous avons le même travail à faire : la cri de Victoire si célébré cache bien souvent une socio-psycho-analyse du comportement de nos ancêtres pendant l'invasion et l'occupation japonaise...

Où l'on voit une réelle similitude entre Français et Chinois...

PS - Le théâtre du D Day est terminé. Décidément, ce fut une sacrée Histoire en "Normandie" servie, jouée et exécutée par le Man du Nord, l'homme du Nord, l'ami européano/américain, propriétaire, occupant, chasseur tout et tout, quelle coïncidence.

On devrait pouvoir suivre une Histoire similaire faite sur un théâtre du Sud, par le Man du Sud, l'homme du sud, afro/asiatique, dans un lieu qui devrait s'appeler la "Sudmandie", ainsi l'équilibre s'établirait.


Nostalgie : le 6 juin 1944, lorsque Europe et États-Unis fusionnaient...

par Matt Sanchez, 06-06-2009, 12 h GMT, de New York (États-Unis)


Il y a 65 ans, les États-Unis étaient une nation différente. Le débarquement en Normandie était un moment extraordinaire dans l'histoire de l'Amérique, un instant quand l'impossible fit partie du quotidien et ce qui fut inconcevable deviendra primordial. Ce que les forces armées d’autrefois nommèrent Operation Overlord, et que les Américains commémorent comme D-Day, est toujours réel, raconté par les rares survivants. Pourtant l'Amérique en guerre mondiale nous est presque irréelle aujourd'hui et nous étonne pour l'unité nationale qu'elle aura inspiré dans son pressant devoir national--victoire en Europe, victoire dans le Pacifique. C'était une autre Amérique.

Même le concept de leadership était diffèrent. Pendant tout ses mandats (quatre fois élu) Franklin Delano Roosevelt, le 32 ème président des États-Unis présenta un programme radiophonique directement aux Américains. Les populaires Fireside Chats (« causeries au coin du feu ») étaient une série de discussions où Roosevelt faisait figure de protecteur et chercha à remonter le moral des Américains, un peuple souvent dépassé par l'envergure des événements.

À plusieurs reprises, le moribond président infirme et condamné à son fauteuil roulant, priait pour la sécurité des GI’s envoyés "pour protéger l’Amérique", même si cette protection s’appliquait sur une plage, très loin du sol américain. Sans la moindre inquiétude pour la fameuse Separation of Church and State (version américaine correspondant à la laïcité européenne, la séparation de l'Église et de l'État) pour les Américains, Roosevelt fut moitié grand-père et moité prêcheur quand il aura défini la lutte pour « préserver notre république, notre religion ». (A struggle to preserve our Republic, our religion and “to set free a suffering humanity”.)

Les temps ont changés. Le 6 juin de 1944, Roosevelt prononça une prière qu’il avait lui-même écrite, à l'heure où la Bataille de Normandie ne faisait que commencer. Conscient du futur de la nation, le président américain ne parla pas exclusivement aux siens, or il disait vouloir « délivrer l’humanité de la souffrance totale. »

Cette semaine, le programme de Hannity's America, sur Fox news, l’un des plus populaires aux États-Unis, diffusa dans son intégralité les mots de l’ancien président ainsi que quelques images prises pendant le Grand Débarquement.
" Il ne se battent pas pour l’envie de conquérir, mais pour la lutte à mettre fin à la conquête " disait Franklin Delano Roosevelt le 6 juin 1944.

Ce qui distinguera cette commémoration de tant d'autres dans les jours qui viendront, c'est la juxtaposition des troupes de jadis sur les plages de Normandie avec les Marines et soldats actuels dans des combats en Afghanistan et, bien sûr, l’Irak.

Si le président Roosevelt designa l'ennemi qu'il fallait battre à tout prix, pour beaucoup d'américains les conflits des forces armées américaines doivent en tous temps être une cause à appuyer sans hésitation, même si les politiciens d'aujourd'hui ne s'affichent pas aussi encourageants.


L'Europe à deux Turquies !

par Mine G.KIRIKKANAT, 06-06-2009, 8 h GMT, d'Istanbul, Vatan


La Turquie frappa à la porte de la Cour européenne en 1959, réussit à atteindre les escaliers de la CEE en 1963, put déposer sa demande d’adhésion aux cerbères de l’UE en 1987 et crut recevoir son récépissé en 1996, avec son admission à l’Union douanière.

Depuis, elle attend.

L’attente dure depuis tellement longtemps - 50 ans tout juste -, que l’ennui s’est emparé de l’opinion et nuit gravement à la santé publique. Mais comme les Turcs ne sont pas du genre à se laisser faire, en attendant la fin de la saga, ils ont forme des équipes pro ou contre européennes et se battent entre eux pour tuer l’ennui général.

Mais plus le temps passe, plus les pros s’essoufflent et les anti-européens creusent l’écart, car les États de l’Europe ne sont pas tellement brillants, ni sur le plan politique, ni sur le plan économique et l’UE ressemble plutôt à une désunion qu’à une union, surtout à propos de La Turquie.

Donc les turcs ne s’intéressent guère aux élections du Parlement Européen, les articles et programmes consacrés a l’événement sont rares, les rédactions trouvent le sujet carrément “barbant”.
La dernière fois que l’UE a trouvé toute sa place sous les feux des médias, c’était une fois de plus grâce à Mr. Sarkozy. La presse a soutenu que le président français avait annulé son voyage en Suède, pour préserver son image de “pourfendeur de La Turquie” juste avant les élections européennes: Le Ministre des Affaires étrangères Suédois, Mr. Carl Bildt venait tout juste d’exprimer le soutien sans faille de son pays, pour l’adhésion nécessaire et urgente de La Turquie au sein de l’Union. Les Turcs sont très amusés du pouvoir (néfaste) qu’ils arrivent à exercer sur Mr. Sarkozy, même inconsciemment et à distance...

Et certains rêvent de jouer un tour semblable à Mme Merkel qu’ils ne portent pas plus dans leur coeur.
Pro ou anti-européenns, depuis quelques temps, les Turcs sont persuadés d’avoir réussi au moins à remplacer l’Europe à deux vitesses, par l’Europe à deux Turquie’s.

C’est plus concret que la vitesse, non?


Pourquoi les Albanais ne se souviennent-ils pas de l'Europe ?

par Ilir Yzeiri, - 06.06.2009 - 07 h GMT de Tirana (Albanie)


Je me demandais ces jours-ci pourquoi les Albanais, mes compatriotes, ne se souviennent-ils pas de l'Europe ? Pourquoi les élections européennes n'ont pas attiré l'attention des médias, des sondeurs et des politologues ? C'est vrai que le pays est en pleine campagne électorale, mais en même temps ces jours-ci des grands événements se sont déroulés qui n'ont pas attiré notre attention : le discours historique d'Obama au Caire et sa visite en Europe, la commémoration du débarquement en Normandie et les élections européennes aussi sont d'une grands importance.

C'est un peu difficile d'expliquer tout ça. Je pense que les pays de l'Est, les pays des Balkans surtout et mon pays, en particulier, l'Albanie, vivent une crise de l'identité. Je me souviens que durant les protestations massives des étudiants albanais dans les années '90, contre le régime communiste de Tirana, un des slogans principaux a été : NOUS VOULONS L'ALBANIE COMME L'EUROPE", c'est à dire que nous voudrions que l'Albanie soit comme l'Europe.

Mais après 19 ans, la démocratie et l'Europe sont restées loin. Hier un des représentants officiels de la Commission Européenne a annoncé que le processus de visa sera facilité pour La Serbie, Le Macédoine et la Croatie. De cette liste manquent mon pays l'Albanie, et la Bosnie aussi. Cela veut dire que les Albanais souffriront encore devant les portes des ambassades pour obtenir un visa.

Durant tous ce temps de la transition, le processus de rapprochement de l'Albanie avec l'Europe a été difficile. L'Europe a toujours exigé de nous des devoirs à accomplir. Nos dirigeants comme des "yes men" ont toujours dit oui, mais les résultats ont manqué. La corruption a envahi le gouvernement albanais. Les scandales des détournements de finances publiques sont pléthoriques.

L'explosion de Gerdec prés de l'aéroport national de Tirana, en mars 2008, où 26 civils innocents sont morts, a été la plus grands affaire de corruption de la mafia albanaise. Les médias ont accusé le fils du premier ministre Sali Berisha d'être à la tête de cette affaire. Deux ministres du gouvernement actuel et vingt militaires vont passer devant les juges, accusés de corruption. Mais le juge ne peut faire rien parce que notre système de droit est sous le contrôle du gouvernement et du premier ministre.

C'est dans ce climat lourd que la campagne électorale, pour nos élections nationales, a commencé. Personne ne sait d'où arrive l'argent de cette campagne, beaucoup trop chère. Mais tous ont peur que ces élections soient pour les Albanais une occasion perdue. Les pays des Balkans ne pensent pas participer ni contribuer à la résolution des problèmes mondiaux. Ils ont encore le complexe que pendant longtemps, eux-même ont été un problème à résoudre. Ne le sont-ils pas encore ?

Cette Babel moderne qui va aux urnes

par Roberto Martelete Blum, 06.06.2009, 4 h GMT, du Brésil


Après le premier jour des élections européennes, le sujet n’a pas gagné plus d’importance dans les médias brésiliens et a été largement dépassé par la visite d’Obama au camp de concentration de Buchenwald en Allemagne et par la polémique des photos du premier ministre italien Silvio Berlusconi en galante compagnie, récemment publiées par le quotidien espagnol El Païs.

Tout de même le quotidien Zero Hora de Porto Alegre a consacré dans son édition imprimée un article à cette « Babel moderne qui va aux urnes », offrant un curieux panorama du parlement européen et des élections qui se déroulent dans le bloc.

L’article appelle ainsi le parlement la « chambre de la diversité » et la « tour de Babel des temps modernes » avec ses 23 langues officielles et les complications qui en découlent, notamment le besoin de 800 à 1000 interprètes par séance et l’importante des coûts de traduction pour le fonctionnement de l’institution. Le texte parle aussi de la diversité des candidats au scrutin, avec la candidature d’un hacker suédois, la fille du président roumain et le petit fils du dernier roi d’Italie.

La version Internet du quotidien A Folha de São Paulo a pour sa part publié les premiers résultats du scrutin en Hollande. Le journal souligne la croissance du parti d’extrême droite PVV (Parti pour la Liberté) du député Geert Wilders, obtenant 14,8% des voix. Wilders, qui a été menacé par l’islamisme radical après avoir fait des dures critiques contre le Coran, et qui selon le journal est le candidat le plus anti-européen du panorama politique hollandais. Le plus grand perdant de cette élection a été le PVDA (Parti Travailliste), obtenant seulement 13,4% des vois après 23,6% lors des dernières élections.

En ce qui concerne le D Day, à la veille de cet événement européeo/américain, le seul journal brésilien a avoir publié un texte sur le débarquement c'est A Folha de São Paulo. L'article, publié sur la version Internet du journal et intitulé "Obama arrive en France pour la commémoration des 65 ans du Jour J", commence en parlant des préparatifs réalisés en Normandie pour l'événement et le discours qui sera pronnoncé par lui à Coleville sur Mer en présence d'anciens combattants... avant de conclure sur la visite de Michelle Obama à la Tour Eiffel le soir même se son arrivée à Paris.

L’Europe à la loupe haïtienne : si proche et si lointaine !

par Fleurival Ladenson , 06-06-2009, 02h00GMT, du Matin d'Haïti


« L’Union européenne est encore solide en dépit des divergences entre les pays qui la composent. Et c’est le point faible de la communauté européenne par rapport à d’autres puissances telles les USA, la Chine… », indique Alain. Joseph jeune sociologue haïtien. Il estime plus loin que le manque de cohésion politique dans les décisions et la non-adoption de la constitution européenne a fragilisé cet ensemble bien bâti.

Ici, d’autres reprochent au vieux continent son manque d’implication économique en faveur de certains pays de la région des Caraïbes. « Ils n’ont fait que nous piller durant plus de cinq siècles. La moindre des choses serait qu’ils restituent une partie des richesses », lance un Pierre Eustache en colère contre ce passé colonial.

L’Europe, en faiblesse d’image et de représentativité en Haïti par rapport aux États-Unis très influents, reste lointaine pour une bonne partie de la population. « Ils ne jouent pas leur rôle d’équilibre. De toute façon, ils n’en ont pas les moyens. Les Américains ont un gouvernement fédéral alors que l’Europe est morcelée et toute décision risque d’être bloquée par un seul État », souligne Fanfan Jean.

Les efforts de la représentation de l’UE en Haïti lui donne certes un peu de visibilité. Mais, le vieux continent est loin de détrôner les USA, tant l’oncle Sam est présent dans les esprits de chaque Haïtien.


Qui sont donc les nouveaux ennemis des Américains ?

par XU Tiebing, 06-06-2009, 01 h GMT, de Beijing/Pékin


L'année dernière, on se demandait qui était l'ami sûr ou l'aligné fidèle des Américains sous G W Bush, parce que l'ennemi ou plutôt les adversaires étaient bien désignés, et il y en avait beaucoup trop, et des amis on n'en voyait plus.

Le vent a bel et bien tourné, et on ne se demande plus à l'heure actuelle qui est l'ami mais qui est l'ennemi des Américains ? Et oui, une attitude plus conciliante envers les Européens par ici, un geste plus conciliant à l'adresse de l'Asie par là, et surtout maintenant le discours de poids au Caire devant le monde islamique...

Comment faut il de nouveau re-repérer l'ennemi ou rogue State (État voyou) ? Il nous reste peut-être l'Iran, mais elle est moins présente sur la liste des méchants, et la Corée du Nord, pas à la hauteur du danger avec ses ridicules missiles ?

Alors quoi et qui ? Le classique Al Qaïda, les Taliban ?

Décidément, l'unilatéralisme qui nous a tant imprégnés, nous paraît tout à la fois si récent et si lointain, et à quel rythme...

Les pirates, un prince et du hachisch

Par Pavel Spiridonov - 05.06.09 - 19 h 30 GMT, de Saint-Petersbourg



Les élections européennes pour l’instant attirent peu d'intérêt en Russie. Aujourd'hui on parle seulement des possibilités d’élection dans le parlement européen, pour des personnages pas habituels dans la vie politique.

Ainsi, on nous a parlé des surprises dans quelques pays. Il y a déjà un exemple - les 17% du parti d'extrême droite Vlaams Belang aux Pays-Bas.

On nous a aussi présenté le parti Pirate en Suède qui prône la liberté sur l’Internet et la non-ingérence de l’État dans la vie du Cyber Espace, avec presque 8% des intentions de vote. Et il ne faut pas oublier que la « Piratpartiet » est la troisième force politique en Suède.

En Italie on nous dit que le Prince Emmanuel-Philibert de Savoie compte sur sa popularité acquis grâce à l’émission « Ballando con le stelle » (version italienne de « Dancing with the Stars »). « Les gens vont se dire : si ce type a été capable avec beaucoup d’efforts d’apprendre à danser en quelques semaines, il peut aussi apprendre le travail de parlementaire », espère le prince.

En Roumanie Elena Basescu, la fille du président actuel, se présente au parlement européen. Ce mannequin occasionnel de 28 ans à la réputation sulfureuse, demande entre autres, selon Gazeta.Ru, de légaliser le hachisch dans tous les pays européens. « Elle est plus intelligente que vous ne le pensez », a dit son père et président de la Roumanie Traian Basescu

Alors, la presse russe regardera sûrement avec beaucoup d'attention ces différentes curiosités de la vie politique chez nos voisins, sans toutefois oublier de remarquer le taux d’abstention jamais vu dans l’histoire des élections européennes.


C'est nous les Africains qui revenons de loin

Par Ghania Mouffok - 05.06.2009 - 18h00 GMT d'Alger


Pendant que l’Europe célèbre le débarquement des anglos-américains en Normandie comme si l’Afrique n’avait pas commencé le travail en Provence, Marseille, Toulon, le 15 aout 1944, l’Algérie et le Maroc se disputent la mémoire « indigène ». Les Marocains ont eu « Indigènes » de Rachid Bouchareb, nous aurons « Hors la loi » du même cinéaste mais sans Jamel Debbouze, dommage… Il dit qu’il n’est pas le bienvenue en Algérie parce que vu d’ici, avant d’être français, il est marocain alors que le cinéaste Bouchareb avant d’être français est pour nous algérien…

« Indigènes », on s’en souvient, racontait l’histoire des tirailleurs maghrébins, sénégalais, camerounais qui, pendant la deuxième guerre mondiale, se sont battus pour la France libre contre les nazis. Un film qui est devenu plus qu’un film, une leçon d’histoire, un voile levé sur le silence de ce sacrifice parfois volontaire, parfois forcé. Ils étaient des indigènes vivant en colonie, et les colonies, quoiqu’on en dise, sont plus proches du bagne que de la civilisation, fermons la parenthèse.

« Indigènes » était porté par le Maroc, en la personne de Jamel Debbouze, pendant que l’Algérie faisait la fine bouche, avant de finir par mettre la main à la poche. Depuis, le film a connu non seulement un énorme succès, mais il a contribué en plus à convaincre Jacques Chirac, alors président français, de changer, en partie, la loi sur les pensions de guerre des indigènes, scandaleusement sous évaluées par rapport à celles de leurs homologues français.

Qu’à cela ne tienne, en guise de revanche, l’Algérie se propose de porter à l’écran « Hors la loi ». Ce film commence là où s’arrête « Indigènes », avec la victoire en mai 45 contre le nazisme et raconte l’histoire de deux frères (Roshdy Zem et Sami Bouajila), qui rentrent en Algérie pour y retrouver leurs douars encore fumants des massacres du 8 mai 45 contre les Algériens. Pour eux, désormais, après avoir contribué à écraser le nazisme, le nouvel ennemi c’est le colonialisme. Les premières images seront tournées à Sétif, une ville de l’est algérien, au mois de juillet.

D'Albanie, rien de nouveau

Par Ilir Yzeiri - 05.06.2009 - 15h 25 GMT de Tirana (Albanie)


"Du front de l'Ouest rien de nouveau"- C'est le titre d'un des romans de Erich Maria Remarque, écrivain allemand de la "génération perdue". Ce titre était utilisé métaphoriquement en Albanie pendant la dictature pour marquer le temps qui ne changeait pas. Malheureusement, ce titre est encore d'actualité en Albanie pour caractériser la situation sociale et politique qui ne bouge pas.

Le pays est envahi par la fièvre des élections politiques. C'est la première fois que l'Albanie organise des élections en tant que pays membre de l'OTAN. Mais les problèmes restent les mêmes, la confrontation aussi. Tout le monde a peur que ces élections ne soient pas libres. Le gouvernement a commencé à procurer aux populations la carte d'identité biométrique.

Ce document est nécessaire et obligatoire pour voter. Mais jusqu'à maintenant 10% d'électeurs ne sont pas encore munis de ce document. Le jour des élections est arrivé, c'est le 28 juin. Peut-être à cause de ça, mais surtout parce que les Albanais et les BalKanais aussi n'aiment pas voir hors de leurs fenêtres.

Ici les élections européennes et le débarquement de Normandie par comble de malheur n'ont occupé aucune place dans les médias albanais. Des sept quotidiens nationaux, un seul, soit le quotidien SHQIP a mis en une la photo d'Obama au Caire et a revendiqué le massacre de la place Tienanmen. Les autres comme la plupart des albanais sont occupés par les querelles folkloriques de la lutte électorale. Comme je vous ai dit : de l'Albanie, rien de nouveau.


Un seul héros : l’euro

Par Ghania Mouffok - 05.06.2009 - 14h34 GMT d'Alger


Les européennes, on s’en fout. Ce qui nous intéresse c’est l’Europe. Et s’il est un symbole de l’Europe, ce n’est ni la Tour Eiffel, ni le Colisée, ni la reine d’Angleterre ni même le roi des Belges, encore moins La Starga Familia, ni Dracula, ni le beau Danube et j’en oublie. S’il est donc un symbole de l’Europe en Algérie, c’est l’euro. Même nos enfants connaissent son existence et nos chanteurs de raï s’en servent pour la rime et sa puissance suggestive sur les femmes qui comme chacun sait sont mercantiles et aiment "leszeuros" (prononcez d’une traite à l’Algérienne).

Nous avons des excuses, pas les femmes, les algériens, le dinar, notre monnaie n’est pas convertible, alors pour nous mesurer au monde, nous comptons en euro. C’est facile, il suffit de diviser par cent. Un euro, c’est environ 100 dinars, c’est vexant, je vous l’accorde. Mais notre nationalisme sourcilleux s’en accommode : comment résister au chocolat suisse, au fromage français, aux pâtes italiennes, aux harengs en boîtes scandinaves, aux olives espagnoles fourrées d’anchois quand ce n’est pas d’amandes ? Alors nous ne résistons plus.

Officiellement il n’y a pas de marché de change en Algérie mais il vous suffit de traverser la rue, juste en face du barrage de police, et de rentrer dans la boutique où officie un cambiste improvisé que rien ne signale pourtant au regard d’un étranger pour transformer vos dinars en euros et vice-versa. Officiellement ces banques informelles sont de simples boutiques où se vendent de la lessive et de la purée en sachet et, si rien ne les distinguent des autres, elles sont pourtant connues comme le loup blanc. Leurs adresses, nombreuses, circulent de bouche à oreille. Comme du reste le taux de change qui oscille en fonction des saisons : il y a la saison des immigrés, la saison du Hadj (pèlerinage à la Mecque), la saison des affaires… Et pendant que le préposé au change prend sa calculette et compte méthodiquement les billets, vous pouvez l’espace de la transaction vous croire… en Europe. Sur les étalages, dans les bacs froids, tout où presque, tout est européen : saumon fumé, boîtes de caviar, chips, lessive, conserves qui, bien que banales, quand on a des revenus en euros, ressemblent ici à des produits de luxe. Tout est une question d’emballage. Par exemple nos confitures, elles sont délicieuses mais diable ce que leurs boîtes en fer blanc avec leurs fruits imprimés comme dans les années 60, on croirait qu’ils ont la vérole, sont moches. Mais je m’égare, l’affaire n’est pas seulement esthétique, elle est aussi économique. Qui régule ce marché, s’interroge la presse, comment se fait-il que le même taux se pratique au même moment dans tout le pays ? En attendant, les zeuros nous saignent même si ce marché informel est difficile à mesurer on l’estime à 8 à 10 milliards de dinars par an. Et pendant que la très officielle Bourse d’Alger chôme derrière ses vitres fumées et ses escaliers de marbre, le bizness se fait à quelques mètres de là, au square Port Saïd, une espèce de bourse en son jardin entre palmiers et amoureux clandestins. Ce qui confère, finalement à ce symbole de l’Europe en mon pays cet étrange goût du vol et du pêché.

Échange illégal, échange inégal toléré par un État que l’on dit tantôt impuissant, tantôt complice. Neuf cents millions d’euros, c’est le chiffre qui fait actuellement scandale, neuf cent millions d’euros c’est la somme qui a attiré l’attention des douanes espagnoles et qui en a informé les douanes algériennes parce que transférés illégalement dans des sachets noirs, des valises en carton de l’Algérie vers l’Espagne. Plus d’une centaine d’hommes d’affaire, enfin façon de parler, seraient impliqués dans ce trafic. 900 millions d’euros multipliés par cent, cela fait combien ? Je vous laisse faire le calcul parce que moi à partir de 10 000 dinars (divisé par dix), je ne sais plus compter. Mais si je ne sais pas compter je sais comme la rumeur d’Alger que si l’euro est un baromètre de l’opulence, il peut être également celui de la crise. Valeur refuge, tous ces euros qui circulent sans visas ne seraient-ils pas annonciateurs que nos rats s’apprêtent à quitter le navire ? Et si cela était, l’Europe les accueillera-t-elle avec tapis rouge ou gants blancs comme les migrants, parce qu’il paraît que l’argent n’a pas d’odeur ?


Blancs comme des gants

Par Ghania Mouffok - 05.06.2009 - 12h00 GMT d'Alger


L’Europe vue d’Alger est un continent que tous les soirs nous visitons vautrés dans nos fauteuils, face à la télé nous regardons les Européens vivre, débattre, manger et accessoirement parler de nous comme si nous n’étions pas là.

Cette intimité à sens unique - on n’imagine pas des Européens se jeter tous les soirs sur leurs zapettes pour regarder la télévision algérienne que nous-même nous fuyons - est une expérience assez exceptionnelle dont on ne mesure pas assez les conséquences sur les consciences, la vision du monde qu’elle produit entre désir et répulsion, comme à la fois une ancienne et contemporaine aliénation.

Tous les jours, la zapette à la main, nous sommes ainsi des millions à déménager de notre quotidien, de notre ennui, de nos dictatures pour aller passer la soirée chez nos voisins européens, surtout français dont nous possédons la langue pour des raisons historiques. Comme chacun sait nous avons été colonisés par la France pendant 130 ans.

Et justement dans ce voyage quotidien, en apparence léger, nous trimballons nos bagages d’histoire à l’aune desquels nous adaptons nos frontières et jugeons de nos points communs et de nos ruptures. Par exemple la Turquie : quand les Européens se déchirent sur l’adhésion de la Turquie à l’Europe nous nous sentons non seulement concernés mais impliqués. Bien que non-arabes, les Turcs sont, tout comme nous, majoritairement musulmans et rien ne nous enlèvera de la tête que l’Europe ne peut s’imaginer, se projeter que chrétienne et qu’elle a bien du mal à accueillir sa part d’Islam.

Il est une phrase que j’entends souvent, aussi bien chez nous que chez les immigrés, ils disent : « ma ihabounache, ils ne nous aiment pas ». C’est une phrase d’un dépit intime parce qu’au fond, nous, nous aimons bien les Européens. Nous les aimons tellement que les plus forts d’entre nous, les plus fous, aussi, sont prêts a risquer leurs vies pour allez vivre avec eux. Pendant que nous voyageons dans nos têtes, avec envie, ces derniers fatigués, sans doute de vivre par procuration, préparent de fragiles embarcadères et se jettent à la mer pour rejoindre les rives nord du monde, là où l’Afrique et l’Europe presque se touchent.

A la télévision il est une image frappante de cette rencontre, c’est celle de ces humanitaires européens accueillant ces naufragés de l’Afrique avec des gants blancs et des masques sur la bouche. Ces mains tendues sont généreuses, humaines mais ces gants blancs de chirurgiens… Ils installent la distance, la méfiance, l’accueil des lépreux. Ils incarnent peut-être ce que l’on appelle « la charité chrétienne ». Nous accueillons en Algérie avec autant de méfiance les migrants subsahariens et sans aucun doute avec moins de charité mais toujours sans gants. C’est sans doute là, une des différences fondamentales entre la culture européenne et la culture africaine : ces gants blancs.


L'Europe de l'Atlantique à l'Oural : le rêve d'une union réalisée sur l'Elbe, un instant, en avril 1945

Par Pavel Spiridonov - 0.06.09 - 6 h 30 GMT, de Saint-Petersbourg


Dans la presse russe on ne parle pas beaucoup de l’anniversaire de débarquement des forces alliées, proprement dit, mais plutôt de scandale diplomatique entre la France et l’Angleterre, suite de la non-invitation de la reine à cet événement.

Alors, j’aimerai remplir, en partie, ce vide en parlant d’un moment de la deuxième guerre mondiale qui est étroitement lié au débarquement en Normandie. Un moment presque oublié maintenant, même en Russie.

C’est la « rencontre sur l'Elbe ». Le 25 avril 1945, à Torgau, les soldats de l'Armée rouge et des forces américaines se serrent la main. Le résultat militaire de cette rencontre a été la division des forces allemandes en deux parties.

Le résultat humain a été tout aussi important. Les soldats russes avaient tant lu et entendu sur la coalition anti hitlérienne depuis les premières propositions d'ouverture du « deuxième front » en 1942, mais jusque là ils n'avaient connu cette coalition que par l'armement et les vivres envoyés à l'Union Soviétique dans le cadre de programme de « Lend-Lease ».

Ce jour de mois d'avril, la mythique coalition est devenue réelle, à la portée de la main. C'était un moment unique d'une rencontre directe des peuples qui combattaient le même ennemi. Les préjugés et les différences des langues avaient disparu et l'écho de cet événement a été longtemps entendu dans les mémoires des anciens combattants.

Malheureusement l'histoire de la guerre a été souvent interprétée selon les besoins idéologiques des différents pays. Et les générations suivantes ont appris à se méfier mutuellement. Mais il me semble qu'il ne faut jamais oublier cet instant qui montre que finalement il n'y a pas grand-chose que nous sépare. Et surtout ne pas attendre que quelque chose de grave arrive pour se rendre compte que les différents peuples ont beaucoup plus en commun, contrairement à ce que nous disent les intérêts économiques et politiques de nos pays.


Un grand exercice de démocratie

Par Roberto Martelete Blum - 05.06.09 - 6 h GMT, du Brésil


Cela peut paraître étonnant, mais les Brésiliens, malgré le drame aérien et le deuil, s'intéressent aussi aux élections européennes. Deux grands quotidiens, Folha et Estadão lui ont consacré beaucoup d'importance. Les deux journaux présentent le contexte de l'élection parlamentaire, l'impact de la crise sur le bloc et sur les élections et l'importance de ce vote pour le futur du bloc. Le premier note "qu'en termes purement numériques, c'est un grand événement de démocratie : 375 millions d'électeurs dans 27 pays sont en mesure de choisir pendant trois jours 736 membres du Parlement, pour un mandat de cinq ans." Tandis que l'autre tempère ce grand engouement démocratique en annonçant le refus d'aller voter des Européens et décrit des candidats qui cherchent des électeurs désespérément.

Du côté de l'anniversaire du débarquement, ce qui intéresse ici c'est la polémique autour de l'absence de la Reine d'Angleterre. Les journaux s'intéressent aussi à la participation d'Obama à l'événement et à sa nouvelle diplomatie : les conseillers du président ne décolèrent pas de ce faux pas envers Elisabeth II.

L’Europe vue d’ailleurs

Par Sylvie Braibant - 4.06.09 - 10h19GMT, de France


« Grâce à la perte de crédibilité des Etats-Unis, l’Europe, ce nain politique, qui ne ressemble à rien, en tout cas pas à ce qu’on pouvait imaginer, cette Europe a pourtant face à une Amérique de force et de violence, l’occasion historique de jouer un rôle diplomatique important. »
Cette délicate description du vieux continent fut esquissée par l’ancien Premier ministre Michel Rocard, un Européen pourtant convaincu. Ce commentaire peu flatteur aurait pu se lire sous la plume acérée d’observateurs plus lointains, que nous vous invitons à découvrir au fil de notre blog planétaire.

Voyons aux antipodes d'abord, en Australie, où l'envoyé spécial en Europe de The Australian, est revenu chez lui avec un (long) reportage d'une grande sévérité. Il n'y a pas plus sévère semble-t-il que les convertis, anciens européens adeptes du nouveau monde…
Voici ce qu'il livre de son tour d'Europe, en préambule : « Vous devez désormais effacer de votre esprit l'image d'une Europe unie. Qu'y a-t-il de commun entre une France laïque et une Pologne très catholique. Les différences, loin de s'atténuer, augmentent. Les dirigeants européens sont indécis quant à la direction que doit prendre leur épique projet. Il n'y a pas plus d'identité européenne que de modèle social européen. Quant à la zone euro c'est juste une union monétaire, pas un marché commun, unique, comme nous l'avons en Australie ou aux États-Unis.» décrit M. Paul Kelly à ses lecteurs, dans les colonnes d'un journal pourtant tout à fait recommandable.

Heureusement, nous voici sauvés par les Américains, de façon bien inattendue, il faut l'avouer. Dans une toute récente livraison de Time, en pleine crise financière, Bill Saporito a écrit dans la version États-unienne du magazine, un article d'anticipation désopilant : « Voici comment nous sommes devenus les États-Unis d'Europe !»
À partir du plan de sauvetage de l'économie américaine, l'auteur montre que tout ce dont les Américains se moquent dans le système européen, avec une prime pour la France, va bientôt arriver aux États-Unis, parce que c'est la seule façon de sauver le système. «Admettons-le mes amis, nous ne sommes maintenant plus différents de tous ces Etats ouest européens semi socialistes dont nous aimions tant nous moquer…»

Lire l'intégralité du texte sur le site du Quichote





Kiosque spécial Européennes

Des journalistes de la presse internationale commentent les résultats des élections européennes.