Le Brexit en 10 points

Le Président du Conseil européen Donald Tusk, à droite, reçoit la lettre actant le Brexit, des mains de l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Union Européenne, Tim Barrow, à  Bruxelles, le 29 mars 2017. 
Le Président du Conseil européen Donald Tusk, à droite, reçoit la lettre actant le Brexit, des mains de l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Union Européenne, Tim Barrow, à  Bruxelles, le 29 mars 2017. 
©Emmanuel Dunand, Pool via AP
Le Président du Conseil européen Donald Tusk, à droite, reçoit la lettre actant le Brexit, des mains de l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Union Européenne, Tim Barrow, à  Bruxelles, le 29 mars 2017. 
Theresa May a signé mardi 28 mars 2017 la lettre qui sera remise à Bruxelles pour déclencher le divorce avec l'Union européenne.

La lettre de divorce entre le Royaume Uni et  l'UE, signée par la première ministre britannique Theresa May, a été remise officiellement aux instances européennes à Bruxelles le mercredi 29 mars 2017. Cet acte, inédit dans l'histoire européenne, donne le coup d'envoi à deux ans de négociations. Comprendre le Brexit en 10 points.

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« Brexit », définition

Il s’agit d'une abréviation de "British Exit", évoquant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et faisant référence au "Grexit", néologisme apparu durant l'été 2015 lors de la crise grecque.

Référendum

Le 23 juin 2016, lors d'un référendum organisé par David Cameron sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, 51,9 % des Britanniques ont choisi de quitter l’UE.

Article 50

L’article 50 du traité sur l'Union européenne (TUE) prévoit l'hypothèse d'une sortie d'un Etat membre de l'Union européenne. L'État qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. L'activation de cet article sera notifiée dans une lettre remise au président du Conseil européen Donald Tusk.
L'article 50 porte uniquement sur le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. Leurs relations futures, notamment commerciales mais aussi en matière judiciaire, devront faire l'objet d'autres négociations qui pourraient prendre de longues années. D'où l'idée d'un accord de transition qui permettrait d'éviter une sortie trop abrupte du giron européen, en particulier pour les entreprises, en attendant l'accord définitif.

Le "groupe de travail article 50"

Créé en septembre 2016, le "Groupe de travail article 50" de la Commission européenne est chargé de préparer le terrain et de conduire les négociations avec le Royaume-Uni, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union européenne. Nommé dès le 27 juillet 2016 et en fonction depuis le 1er octobre 2016, Michel Barnier est négociateur en chef et responsable de ce groupe de travail.

Négociations tous azimut

Nommée en juillet 2016, la nouvelle Première ministre Theresa May mène les discussions sur la sortie de son pays de l’Union face à une équipe de négociateurs représentant l'UE. Les négociations vont porter sur les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, ainsi que sur la libre circulation des personnes. Si les négociations échouent: le Royaume-uni se retrouvera tributaire des accords commerciaux conclus sous l'égide de l'Organisation mondiale du Commerce, qui érigent barrières et taxes entre pays, sans régime privilégié.

Payer la facture

Le Royaume-Uni pourrait devoir verser jusqu'à 60 milliards d'euros au budget européen, un montant qui correspond aux engagements de Londres jusqu'à la fin du cycle budgétaire en 2020.

Bye bye Europe

Le Royaume-Uni se retrouvera hors de l’UE en 2019. Le Parlement britannique sera consulté sur l'accord issu des négociations avec Bruxelles avant sa conclusion. Mais il n'aura pas le pouvoir de changer le texte. S'il n'est pas d'accord avec le résultat des négociations, alors la sortie de l'UE se fera sans accord.

Immigration

Afin de reprendre le contrôle de l'immigration, le Royaume-Uni sortira du marché unique mais aussi de la Cour de justice de l'Union européenne. Theresa May ambitionne toutefois de garder "l'accès le plus large possible" au marché unique, grâce à un "nouvel accord de libre-échange large, audacieux et ambitieux". Elle cherchera dans le même temps à garantir les droits des 1,2 million de Britanniques qui vivent dans des pays de l'UE. Le sort des plus de 3 millions de citoyens européens déjà présents au Royaume-Uni servira de monnaie d'échange.

L’Europe sans le Royaume Uni

L'Europe va perdre l'une de ses trois grandes puissances, une des plus importantes places financières au monde, le premier partenaire diplomatique des Etats-Unis en Europe ainsi que l'un des seuls Etats européens entretenant une armée régulière conséquente.

Et l’Ecosse ?

A la veille du lancement du Brexit, les députés écossais ont autorisé mardi 28 mars par un vote leur Première ministre, Nicola Sturgeon, à demander à Londres l'organisation d'un nouveau référendum d'indépendance, susceptible de dynamiter le Royaume-Uni.