Culture

Le champagne au Patrimoine mondial de l’Humanité

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Les traditions viticoles de la Champagne viennent d’être inscrites par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’Humanité. Une bonne nouvelle pour le plus prestigieux des vins effervescents qui voit ses ventes baisser depuis cinq ans.

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Le champagne est en fête : il fait désormais partie du Patrimoine mondial de l’Humanité. Réuni à Bonn en Allemagne le 4 juillet, le Comité de l’Unesco a décidé d’inscrire les coteaux, maisons et caves de Champagne.
Dans la même décision, l'organisme international a décidé également de classer les "climats" de Bourgogne. "Climats" signifiant ici des parcelles de terre plantées en vigne, précisément délimitées sur les pentes de la côte de Nuits et de Beaune, au sud de Dijon .
 
Ces coteaux, maisons et caves de Champagne correspondent aux lieux où la méthode d’élaboration des vins effervescents, grâce à la seconde fermentation en bouteille, a été inventée de ses débuts au XVIIe siècle jusqu’à son industrialisation au XIXe siècle.

Un savoir-faire unique

Un remueur de champagne tourne des bouteilles dans la cave de la Maison du Champagne Pol Roger à Epernay, le 15 octobre 2014.
Un remueur de champagne tourne des bouteilles dans la cave de la Maison du Champagne Pol Roger à Epernay, le 15 octobre 2014.
©AP Photo/Virginia Mayo


 


L’Unesco considère que les trois sites concernés par l’inscription reflètent parfaitement le processus de production du champagne. Il s’agit de l’avenue de Champagne à Epernay (Marne), où sont alignées les prestigieuses maisons de négociants surplombant des kilomètres de caves où vieillissent des millions de bouteilles.

De la colline Saint-Nicaise à Reims (Marne), dont les dessous recèlent les immenses crayères antiques ou médiévales utilisées comme espace de vinification et de stockage.

Et des coteaux historiques autour d’Epernay, notamment ceux d’Hautvillers qui domine la Marne et dont la célèbre abbaye abrita le moine Dom Pérignon, qui, selon la légende, inventa la seconde fermentation propre au champagne.

Rude concurrence des bulles étrangères


Vignobles de Veuve Clicquot Ponsardin à Saint-Thierry près de Reims, le 17 octobre 2013.
Vignobles de Veuve Clicquot Ponsardin à Saint-Thierry près de Reims, le 17 octobre 2013.
©AP Photo/Remy de la Mauviniere
Pourtant, le précieux liquide est victime de la concurrence des vins effervescents étrangers. En cinq ans, les ventes de champagne ont chuté de -5,4% en France. Une baisse qui pourrait s’expliquer par le succès du Prosecco italien et du Cava espagnol. Sur la même période, leurs ventes ont bondi de quelque 32%.

Crise oblige, les consommateurs français préfèrent aussi se tourner vers les crémants d’Alsace, de Touraine, de Loire, de Saumure ou de Bourgogne. Ces vins n’ont rien à envier à un champagne moyen, et sont moins cher d’une dizaine d’euros par bouteille en moyenne.

Cette inscription de la méthode champenoise au Patrimoine mondial de l’Unesco servira-t-elle alors de coup de pouce pour les ventes de champagne dans son propre pays ? Une chose demeure certaine, en tout cas : le champagne restera toujours la boisson de la fête et de la distinction.