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Le gouvernement Trudeau critiqué dans le rapatriement des Canadiens après Irma

L'"après-Irma" à Cuba, destination touristique de fin d'été prisée par de nombreux Canadiens
L'"après-Irma" à Cuba, destination touristique de fin d'été prisée par de nombreux Canadiens
© RAMON ESPINOSA | AP PHOTO

De nombreux touristes canadiens étaient en vacances dans les Caraïbes, lors du récent passage d'Irma dans toute la zone. Pris au piège, ils attendaient une assistance de leur gouvernement bien plus efficace pour leur rapatriement. Ce ne fût pas nécesairement le cas.

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Les îles des Antilles sont très prisées par les Canadiens qui adorent se prélasser sur leurs plages paradisiaques, surtout pendant l’hiver mais aussi n’importe quand dans l’année. Et justement, à la fin de l’été, ils profitent par milliers de prix qui sont beaucoup plus bas à cause des risques d’ouragans. Voilà pourquoi plusieurs centaines de Québécois se sont retrouvés coincés sur ces petits paradis transformés en cauchemar : en plus d’avoir subi les foudres d’IRMA, ils y sont maintenant pris au piège et le gouvernement de Justin Trudeau est vivement critiqué pour sa lenteur à les rapatrier.

Un avion qui ne décolle pas…

Si, dans les jours qui ont précédé le déferlement d’IRMA, les principales compagnies aériennes canadiennes ont nolisé des vols pour rapatrier les touristes qui étaient à Cuba et en République dominicaine, les centaines de Québécois qui étaient dans les petites îles des Antilles n’ont pas eu cette chance et ils ont dû subir les foudres d’Irma dans leurs chambres d’hôtels. Ils souhaitent maintenant rentrer chez eux le plus vite possible. Sur les quelque 9.000 Canadiens présents dans cette région, 348 ont officiellement demandé l’aide du gouvernement canadien pour être rapatriés. Comme ces touristes québécois coincés à Turks et Caïcos. Un avion d’Air Canada, venu apporter des électriciens sur l’île pour aider au rétablissement de l’électricité, devait repartir dimanche avec 95 d’entre eux, mais il n’a jamais pu décoller.
 

Justin Trudeau, Premier ministre du Canada
Justin Trudeau, Premier ministre du Canada
© ALEXANDRA TARANTINO | AP PHOTO

Les autorités locales ne lui en n’ont pas donné l’autorisation. Une situation totalement surréaliste vécue par la Québécoise Marie-Christine Demers, qui a témoigné lundi matin sur les ondes du Réseau de l’Information de Radio-Canada : "Ce qu’on comprend, c’est que le club med était bien à l’aise à nous laisser partir, l’aéroport était tout à fait en moyens techniques de nous laisser partir, Air Canada souhaitait repartir avec nous, mais c’est au niveau du gouvernement, l’autorisation n’a pas été donnée mais pourquoi ? On est mal placé pour le savoir… On a vu le gouverneur et les instances gouvernementales devant nous, il y a eu de nombreux pourparlers, des négociations… on a compris que le gouvernement canadien était en contact avec les autorités du pays et qu’il faisait tout son possible pour trouver une solution, pour nous rapatrier". Ce qu’a confirmé Marie-Claude Bibeau, la ministre canadienne du développement international :

Elle a ensuite tweeté sur l'avancée des négociations.


Le gouvernement Trudeau critiqué

Alors que les Américains ont déployé des avions militaires pour rapatrier 1 200 de leurs citoyens pris au piège dans les Antilles, le gouvernement canadien n’a pas recours pour l’instant à cette solution, optant plutôt pour des vols commerciaux. Plusieurs critiquent cette décision, comme Daniel Dancause, conseiller en mesures d'urgence pour l'entreprise Prudent Groupe, qui s’explique mal pourquoi cet avion d’Air Canada, qui a été autorisé à atterrir, n’ait pas reçu l’autorisation à redécoller "Déjà qu’on ait permis à un avion civil [le vol d’Air Canada] d’atterrir, ça veut dire que les infrastructures permettent de faire du in et du out. Dans ce cadre-là, à la limite, on aurait pu envoyer un avion militaire qui lui a des facilités que les avions civils n’ont pas. Mais de toute évidence, il y a un examen de conscience de notre gouvernement à faire à cet égard."

Le gouvernement réplique qu’il fait tout en son possible pour rapatrier les citoyens canadiens. "Nous faisons tous les efforts pour aider les Canadiens affectés à retourner au pays et nous sommes en contact avec les Canadiens sur le terrain ainsi qu’avec leurs proches, a déclaré le ministre canadien des Transports Marc Garneau lors d’une conférence de presse lundi midi. Notre priorité est de ramener les Canadiens au pays et nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires internationaux, les aéroports, ainsi que les compagnies aériennes. Les aéroports situés dans les zones les plus affectées commencent à rouvrir. C’était un problème. Nous travaillons de près avec les transporteurs". Le ministre Garneau a donc confirmé que 150 citoyens canadiens allaient être évacués de St-Martin ce lundi et que le fameux avion d’Air Canada bloqué depuis dimanche à Turks et Caïcos allait finalement décoller pour Toronto. Un autre avion est en route pour ces îles afin d’évacuer le reste des touristes canadiens.

Le gouvernement canadien a donc pris le taureau par les cornes pour venir en aide aux Canadiens coincés dans les Caraïbes mais cette conférence de presse des ministres Garneau et Bibeau avait toutes les allures d’une séance de rattrapage après les cafouillages des derniers jours. Tout est bien qui finit bien pour ces touristes qui n’oublieront pas de sitôt ces vacances. Mais ils ont au moins la chance de pouvoir rentrer chez eux, alors que les populations locales, elles, restent dans ces îles dévastées…