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Le Liban : chronologie

Le président Bécharra el-Khoury après le départ des troupes françaises en 1945
Le président Bécharra el-Khoury après le départ des troupes françaises en 1945
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D'une crise à l'autre

1860 : une province autonome est créée sous la pression des puissances européennes, dirigée par un gouverneur chrétien
 
1920 – 1943 : après la chute de l’empire ottoman à la fin de la Première guerre mondiale, la Société des Nation confie à la France un mandat de protectorat du territoire libanais. Son premier Haut Commissaire, le Général Gouraud, proclame la création de l’État du "Grand Liban" le 1er septembre 1920.
 
1943 : l’indépendance est proclamée. Le Pacte national institue un système politique confessionnel répartissant les pouvoirs entre Maronites, Sunnites, Chiites, Grecs orthodoxes, Druzes et Grecs catholiques.
 
1970 : après les événements de Septembre Noir en Jordanie, de nombreuses populations palestiniennes se replient au Liban avec différentes organisations armées dont l’OLP.

Bus mitraillé à Beyrouth, 1975 (AFP)
Bus mitraillé à Beyrouth, 1975 (AFP)
LA GUERRE CIVILE

1975 : début de la guerre civile libanaise. Les milices chrétiennes s’opposent aux Palestiniens et leurs alliés locaux.

1976 : intervention syrienne avec l’aval de l’opposition chrétienne

1978 : première invasion du Liban par Israël qui crée dans le sud du pays une « zone de sécurité » sous son contrôle.

1982 : après des lancements d’obus depuis le territoire libanais, nouvelle invasion israélienne « opération « paix en Gallilée ». Blocus de Beyrouth ; massacres des populations civiles des camps palestiniens de Sabra et de Chatila perpétrés par des milices chrétiennes sous les yeux des assiégeants israéliens.

1983 : les contingents américains et français qui interviennent l’un et l’autre au Liban sont frappés par des attentats (plus de 300 morts)

1985 : l’armée israélienne se retire partiellement du Liban, conservant dans le Sud une zone sous son contrôle avec la collaboration d’une milice chrétienne, l’Armée du Liban Sud (ALS)

1988 : nomination du Général chrétien Michel Aoun comme Premier ministre par intérim. Hors du jeu politique libanais traditionnel, celui-ci veut chasser les Syriens mais les factions musulmanes ne le reconnaissent pas et organisent leur propre gouvernement à Beyrouth-Ouest. Des affrontements très meurtriers entre milices musulmanes et chrétiennes puis entre Chrétiens eux-mêmes se poursuivront jusqu’en 1989.

1989 : des accords de paix sont signés à Taef, en Arabie Saoudite. Ils règlent le partage du pouvoir entre les différentes forces. Ils consacrent le désarmement des milices - à l’exception, dans les faits, du Hezbollah qui continue de combattre l’occupation israélienne du Sud-Liban - et entérinent de facto la présence syrienne. Le Général Aoun, qui s’y oppose, est chassé et doit s'exiler en France.

C’est la fin de la guerre civile.

Manifestation à Beyrouth après l'assassinat de Rafic Hariri (AFP, 2005)
Manifestation à Beyrouth après l'assassinat de Rafic Hariri (AFP, 2005)
    L'APRES-GUERRE
 
2000 : évacuation du Sud-Liban par Israël, harcelé par le Hezbollah, qui en fait sa victoire.
 
Février 2005 : assassinat du Premier ministre Rafic Hariri. Mouvement massif de protestation marqué par l’alliance des Chrétiens, des Musulmans sunnites et des Druzes qui, associé à une forte pression des États-Unis et de la France, contraint la Syrie à se retirer du Liban.
 
Juin 2005 : élections législatives remportées par une coalition agrégée autour du fils du Premier ministre assassiné, Saad Hariri (72 sièges sur 128). L’opposition chiite menée par le Hezbollah conserve cependant d’importantes positions et s'allie peu après au Général Aoun rentré d'exil.

2007 : création par les Nations-Unies du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de juger les présumés responsables du meurtre de Rafic Hariri
 
Juin 2009 : élections législatives. L'Alliance du 14-Mars, emmenée par Saad Hariri gagne 71 des 128 sièges; le Hezbollah et le Courant patriotique du Liban (Général Aoun) 57.

Octobre 2009 : mise en place, après quatre mois de tractations d'un gouvernement d'union nationale incluant des ministres du Hezbollah

Janvier 2011 : chute du gouvernement de Saad Hariri après le départ des ministres hostiles au TSL. Najib Mikati est chargé de constituer un nouveau gouvernement

Chronologie des derniers évènements

Non loin de là



Un système politique original

Le Liban est une république parlementaire (à démocratie confessionnelle), régie par la constitution du 23 mai 1926, qui a été modifiée six fois depuis, la modification la plus importante étant les accords de Taef qui réorganisent le partage du pouvoir entre les différentes communautés religieuses.

La constitution énonce que le Président, obligatoirement chrétien maronite, est élu par le Parlement (Majlis Al Nuwab ou Chambre des députés) à la majorité des deux-tiers et pour six ans. Il n'est pas directement rééligible sauf modification de l'article 49 de la Constitution. Ses pouvoirs ont cependant été réduits au profit du Premier ministre depuis les accords de Taef.

Ce dernier doit être musulman sunnite et est responsable devant les députés ainsi que le président de l'Assemblée nationale, qui lui doit être musulman chiite.

L'Assemblée nationale comporte 128 sièges, répartis entre chrétiens et musulmans, qui sont élus au suffrage universel direct selon un système électoral complexe et « segmenté par la religion ». C'est le confessionnalisme.

(d'après Wikipédia)

Populations et confessions, un sujet hautement sensible

Faute de recensement, notamment, il est difficile et sensible d'établir des statistiques sur la répartition des religions. Sur ses 4 millions d’habitants estimés, le Liban compterait 59,7% de musulmans, 39% de chrétiens, et 1,3% d'autres confessions .

La diaspora compte 12 à 15 millions de personnes, à 80 % chrétiennes.

L'État reconnaît officiellement 18 religions. La religion fusionne avec la référence ethnique.

• parmi les Chrétiens : les maronites, les grecs-orthodoxes, les grecs-catholiques (melkites), les arméniens apostoliques, les arméniens-catholiques, les syriaques-orthodoxes, les syriaques-catholiques, les protestants, les coptes, les assyriens, les chaldéens, les catholiques de rite latin.

parmi les Musulmans : les communautés sunnite, chiite, druze, alaouite et ismaélienne.

Il reste au Liban une petite communauté juive composée d'environ 100 personnes ; la plupart des Libanais juifs ont choisi de quitter le pays en raison de la guerre civile.

Les Chiites (plus d’un tiers de la population totale) sont concentrés au Sud et au Nord-Est de la Bekaa, tandis que les plupart des Sunnites sont à Beyrouth et au Nord. Les chrétiens (30 à 40 %) sont éparpillés un peu partout au Liban, alors que les Druzes (près de 10 %) se partagent le Chouf avec les chrétiens, vers Beit-ed-Dine.

(d'après Wikipédia)