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Le Québec pleure Jacques Parizeau

Pierre Duchesne, le biographe de Jacques Parizeau  a simplement noté que "le combattant est allé se reposer".
Pierre Duchesne, le biographe de Jacques Parizeau  a simplement noté que "le combattant est allé se reposer".
(capture écran )

Jacques Parizeau est décédé. Il avait 84 ans. Il a été l'un des architectes de ce que les Québécois ont appelé "la Révolution tranquille" avant d'être nommé ministre des Finances par René Lévesque en 1976. Avec cette disparition, le mouvement indépendantiste perd une figure de proue historique

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C'est son épouse qui a annoncé la nouvelle lundi soir sur Facebook : "Immense peine ce soir. L'homme de ma vie est parti, tout en douceur, entouré de plein d'amour, après un combat titanesque, hospitalisé durant cinq mois; traversant les épreuves les unes après les autres. Il a dû rendre les armes ce soir, 1er juin, un peu avant 20 heures. Nous sommes dévastés. Nous l'aimons et l'aimerons toujours ", écrit-elle.

Philippe Couillard, le Premier ministre du Québec a adressé un tweet ému :


Puis, un plus tard, : " Un des personnages importants de notre histoire nous a quittés. On peut désormais dire à son sujet que sa mémoire appartient au Québec tout entier, à tous les Québécois et Québécoises, sans exception, et ce, au-delà des appartenances politiques. "

et l'ex première dame du Québec, Pauline Marois, a tenu, elle,  a salué l'infatigable combattant de la cause québécoise : "Très touchée, je garde de lui le souvenir d'un homme de conviction qui a consacré sa vie à la construction d'une nation québécoise forte, une nation vraiment libre de ses choix et de son destin. [...] Pour toutes celles et tout ceux qui croient dans notre avenir, pour tous les militants de l'indépendance, c'est un homme inspirant qui s'éteint. Pour ses proches, c'est un conjoint, un père ou un grand-père qui est perdu."

Jacques Parizeau, l'homme d'une ambition

Chef du Parti québécois de 1988 à 1996, il a été élu Premier ministre du Québec en 1994. Il a tenu, l'année suivante, un référendum sur la souveraineté. 

Au soir de ce référendum le 30 octobre 1995, le "oui" est tout près de l’emporter avec 49,42 % des suffrages exprimés. Ce sont 54 288 voix qui départagent les gagnants des perdants.

Il avait alors déclaré : "Mes amis, c'est raté, mais pas de beaucoup. Non, non, non, et c'est réussi sur un plan. Si vous voulez, on va cesser de parler des francophones du Québec, voulez-vous ? On va parler de nous, à 60 % […] C'est vrai qu'on a été battu, au fond, par quoi ? Par l'argent et des votes ethniques, essentiellement". Des propos qui furent très controversés.

Il a ensuite démissionné de son poste, après avoir passé un an, quatre mois et deux jours au pouvoir.

<em>"À force de brouiller les cartes, de toujours passer à côté et de cacher ce qui est l’objectif même du mouvement souverainiste, il ne faut pas s’étonner qu’à un moment donné, tout ça se dissout."</em>
"À force de brouiller les cartes, de toujours passer à côté et de cacher ce qui est l’objectif même du mouvement souverainiste, il ne faut pas s’étonner qu’à un moment donné, tout ça se dissout."
(capture écran Radio Canada/ 2013)

La souveraineté comme unique motivation

Jacques Parizeau sera mort avant de voir le rêve qui a motivé son parcours politique se réaliser.

Dans sa dernière interview, accordée au journaliste de Radio-Canada, Michel Lacombe , il n'excluait pas que le Québec puisse un jour atteindre sa souveraineté. Il regrettait toutefois de ne pas avoir réussi à l'y guider.

"C'est la seule raison pour laquelle je suis rentré en politique. J'ai raté mon coup, a-t-il constaté. J'aurais aimé être un Premier ministre qui a du succès, qui réussit son objectif, qui l'atteint".

Dans cette interview, l'animateur l'a questionné sur le sens de la fin de la vie : "C'est chercher la paix avec soi-même, avait répondu M. Parizeau. Après des années d'une vie bousculée, se retrouver soi-même et être en paix avec soi-même".

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a proposé à la famille de Jacques Parizeau de lui offrir des funérailles d'État, une proposition accueillie favorablement, dit-il. Il a toutefois souligné que M. Parizeau avait laissé des instructions très claires sur le déroulement de cette cérémonie.