Le soutien des coptes de France à leurs « frères » égyptiens

À l'occasion du Noël orthodoxe, quelques milliers de coptes se sont réunis vendredi devant la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Rejoints par des représentants d'autres religions, ils ont exprimé leur solidarité après l'attentat du 31 décembre contre une église orthodoxe à Alexandrie.

Reportage.

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03.01.2011par Slimane Zeghidour
Icône de Saint Jean Damascène, père de l'église grecque orthodoxe, à Damas, Syrie
Icône de Saint Jean Damascène, père de l'église grecque orthodoxe, à Damas, Syrie
Chrétiens d’Orient… Voilà une expression qui brouille plus qu’elle ne met en évidence son sujet. Elle désigne grosso modo tous les chrétiens non-latins, catholiques ou orthodoxes du Proche-Orient, d’Arménie, de Turquie, d’Iran, et jusqu’aux minorités d’Inde, du Pakistan et d’Indonésie.

En fait de chrétiens d’Orient, il s’agit de fidèles du Christ qui ont une identité historique, une nationalité et un pays. Irakiens, Syriens, Jordaniens, Israéliens, Palestiniens, Libanais ou Egyptiens, ce sont des chrétiens arabes de langue et de culture, vivant tant bien que mal parmi des concitoyens musulmans dont ils partagent l’histoire, le présent et le devenir.

Combien sont-ils ? Quinze millions au Proche-Orient, dont plus d’un tiers dans la seule vallée du Nil; entre 20 et 25 millions si l’on y inclut une diaspora dispersée de l’Australie au Chili, avec de fortes communautés en Argentine et au Brésil, Sao Paulo étant sans doute la plus grande ville arabe chrétienne du monde.

Qu’ils soient aujourd’hui la cible d’agressions aussi lâches que barbares - attentat sanglant à la voiture piégée contre une Eglise copte à Alexandrie, attaques de lieux de culte chrétiens à Bagdad ou Mossoul, menaces de mort d’Al Qaïda - ne doit pas occulter leur insertion dans le tissu national ni leur immense apport à la lutte pour l’indépendance et à l’essor du courant nationaliste arabe.

La persistance du drame palestinien, l’occupation de l’Irak, l’impasse politique au Liban, le déclin des courants laïques, l’essor de l’intégrisme, y compris chez les chrétiens, la corruption des élites, l’incurie de l’Etat, tous aléas qui pèsent désormais d’un poids trop accablant sur leur quotidien en attisant une peur sourde du lendemain. Loin d’être un corps étranger aux sociétés arabes, ils en sont l’avant-garde et la caisse de résonance.