Législatives au Québec : le Parti québécois évincé, vive le Parti libéral !

C'est une victoire sans appel pour le Parti libéral québecois (PLQ), qui remporte 41,5% des suffrages, soit 70 des 125 sièges de l'assemblée de la province francophone canadienne. Pour Pauline Marois, première femme à gouverner le Québec, le revers est d'autant plus cinglant que c'est elle qui avait appelé à ces législatives anticipées. Tirant les conséquences de ce camouflet électoral, elle quitte le gouvernement, mais aussi la direction du Parti québécois (PQ). C'est donc Philippe Couillard, le chef des libéraux, qui devient Premier ministre. 

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Pauline Marois abandonne la tête du Parti québécois



Pour le PQ c'est le pire score depuis son émergence à l'élection de 1970 sur ses thèses indépendantistes. Une défaite d’autant plus cuisante que c’est Pauline Marois qui avait dissout l’Assemblée afin d’obtenir la majorité et de mettre en œuvre d’importantes réformes sur la laïcité.
 
Battue dans sa propre circonscription, c’est avec émotion que la Première ministre a fait part à ses partisans de son retrait de la direction du PQ. "Vous comprendrez que dans les circonstances, je vais quitter mes fonctions", a-t-elle lancé du haut de la tribune, entourée des ténors de son parti.

Retour de bâton pour Pauline Marois et les indépendantistes

04.04.2014Par Catherine François
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Philippe Couillard, Premier ministre

A 56 ans, le neurochirurgien Philippe Couillard devient le nouveau Premier ministre du Québec. Arrivé à la tête du PLQ en mars 2013, il a réussi à ramener au pouvoir les libéraux chassés du gouvernement de la Belle Province en 2012 au terme d'un long conflit étudiant et d'une série de scandales qui aurait pu emporter la formation fédéraliste.

Surnommé "l'ours" par ses proches, ce Franco-Canadien à la barbe blanche soigneusement taillée a mené son parti à la victoire avec un seul axe de campagne : créer des emplois. Avec son slogan de campagne "ensemble, on s'occupe des vraies affaires", il n'a eu de cesse d'agiter l'épouvantail du référendum sur l'indépendance du Québec. Il a aussi fustigé la charte sur la laïcité "discriminatoire" portée par ses adversaires du Parti québécois. Ministre de la Santé de Jean Charest de 2003 à 2008, Philippe Couillard entretient pourtant une image de nouveau-venu sur la scène politique québécoise, esquivant systématiquement les dossiers qui ont entaché le bilan des neuf années de gouvernement du Parti libéral du Québec (2003-2012).


Héritier du 1er colon anobli

De son vrai nom Philippe Couillard de l'Espinay, héritier du premier colon anobli par Louis XIV du temps de la Nouvelle-France, le nouveau Premier ministre québécois est père de trois enfants. Il voulait devenir archéologue - il nourrit une grande passion pour Napoléon - mais a finalement fait carrière dans la chirurgie, avant de passer en politique.

Chirurgien-chef dans un hôpital montréalais au début des années 1990, il s'expatrie pendant quatre ans en Arabie saoudite où il participe à la fondation d'un service de neurochirurgie pour un groupe pétrolier. De retour au Canada, il enseigne la médecine avant de devenir député de Montréal, où il est né en 1957. Ministre de la Santé pendant cinq ans, en 2008, il quitte le gouvernement Charest et rejoint un fonds d'investissement spécialisé dans la santé.

Outre la très récente révélation de l'existence d'un compte bancaire dans le paradis fiscal anglo-normand de Jersey où il percevait ses émoluments saoudiens, il traîne comme un boulet sa vieille amitié avec Arthur Porter - emprisonné au Panama et poursuivi par la
justice canadienne qui réclame son extradition pour de nombreux chefs d'accusations comme le "recyclage des produits de la criminalité".

Plutôt que d'attaquer ses adversaires et réagir aux accusations, Philippe Couillard reste fidèle à son allure bonhomme. Toujours jovial, il esquive les questions embarrassantes par l'humour.