Législatives en France : dernière ligne droite pour Didier Le Bret en campagne au Maroc

Didier Le Bret en campagne pour les élections législatives au Maroc
©TV5MONDE / Karine Barzegar, Clément Alline, Robin Monjanel

Diplomate de carrière, Didier Le Bret fait ses premiers pas en politique en tant que candidat du parti socialiste aux législatives françaises dans la 9e circonscription des Français de l'étranger (Maghreb et Afrique de l'Ouest). TV5MONDE l'a suivi pour la dernière ligne droite de sa campagne au Maroc.

dans
Ce sont ses premiers pas dans l'arène politique, à un moment où le parti socialiste et la confiance dans la politique en général sont au plus mal.  Mais qu'importe. Pour Didier Le Bret, s'engager en politique, c'est "prendre des risques" et faire "son service civique", retrouver aussi "une certaine liberté de conscience" après deux décennies passées au Quai d'Orsay.   
 
Didier Le Bret évoque les raisons de son engagement en politique
©TV5MONDE / Karine Barzegar et Hervé Labourdette
A 54 ans, il a donc décidé de sortir de l'ombre pour se porter candidat (PS) à la députation dans la 9e circonscription des Français de l'étranger, un territoire vaste, qui s'étend du Maroc à la Côte d'Ivoire, de la Libye à la Mauritanie et englobe en tout 16 pays.
Pour obtenir son investiture au sein du PS, il a dû passer par une primaire socialiste disputée qu'il a remportée avec 57% des voix au premier tour. 

Neuf mois de campagne à petit budget

Depuis septembre, Didier Le Bret a parcouru dix pays et rencontré des centaines de Français à l'étranger. Une campagne "low-cost", dit-il, réalisée avec une équipe de jeunes bénévoles à Paris et des élus et soutiens de gauche sur le terrain dans la plupart des pays de la circonscription. Son programme est axé autour de ce qu'il appelle les "3 S": "scolarité, santé, sécurité".
 
Didier Le Bret sur les principaux axes de sa campagne
©TV5MONDE / Karine Barzegar et Clément Alline

Les atouts de Didier le Bret

Le candidat a certes peu d'expérience en politique mais il possède des atouts: son carnet d'adresse tout d'abord après des années passées au Quai d'Orsay puis à l'Elysée, sa connaissance de la vie à l'étranger -il y a lui-même vécu pendant 20 ans, tour à tour à Moscou, à New York, ou à Port-au-Prince- et sa grande expérience en matière de gestion de crise et de sécurité. 

Didier Le Bret a été ambassadeur en Haïti lors du tremblement de terre de 2009, puis directeur du Centre de Crise du Ministère des Affaires étrangères en 2012, avant de devenir Coordonnateur national du renseignement (CNR) auprès du Président de la République en 2015, un poste qu'il a occupé pendant les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Un candidat d'"opposition utile"

Pour le 1er tour du scrutin prévu le 4 juin prochain, le candidat PS fait face à 26 adversaires -un record dans ces législatives françaises!- dont plusieurs qui revendiquent une proximité avec le président français Emmanuel Macron, mais sans être officiellement investis par son mouvement La République en Marche.
S'il est élu, Didier Le Bret promet d'être un député "d'opposition utile", pour prendre la défense des citoyens les plus précarisés et éviter de donner un "chèque en blanc" à Emmanuel Macron. "S'il pense que la partie est gagnée après avoir eu un électeur sur trois qui soit n'a pas voté, soit a voté bulletin blanc, et 22 millions de personnes qui ont voté aux extrêmes, s'il pense qu'il suffit maintenant de nouveau imposer une purge libérale avec un Premier ministre de droite, un ministre de l'Economie de droite et un ministre du Budget de droite, je pense qu'il se trompe", souligne-t-il, avant de conclure: "La gauche a une responsabilité majeure dans cette élection. Moi je reste définitivement au PS. Les gens sont paumés, il faut qu'ils sachent qu'il y a une gauche et une droite."