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Les Chroniques québécoises de Catherine François

Quand Catherine François déclare sa flamme... aux garderies publiques du Québec ! Il faut dire que ses établissements peu chers ont des bénéfices multiples pour les familles et pour la société.

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Parfois, il y a des gouvernements qui ont d’excellentes idées et ils réussissent à les concrétiser. C’est le cas du système public de garderies au Québec (ce que l’on appelle les crèches en France), un réseau mis en place en 1997 par le Parti québécois, le parti qui prône la souveraineté du Québec et qui était alors au pouvoir. A la base, l’idée était simple : offrir aux parents des enfants âgés de 0 à 5 ans – ici, les bambins rentrent à la maternelle à 5 ans – des places de garderie à 5 dollars par jour, donc des places subventionnées par l’État  – c’est depuis passé à 7$ par jour - alors que dans le réseau privé, ces places se détaillent à 25 voire 35$ par jour. Une grosse différence dans le portefeuille des familles… 
Ces garderies ont très rapidement été tellement populaires qu’il fallait parfois attendre jusqu’à 2, 3 ans sur une liste d’attente pour que son enfant puisse en fréquenter une. Il a fallu en ouvrir d’autres ou agrandir les existantes pour offrir plus de places. Ainsi, en une décennie,  le taux de fréquentation de ces garderies est passé de 16% en 1998 à 43% en 2008. Et l’an dernier, 215 000 enfants fréquentaient un de ces centres, soit quasiment un petit Québécois de ces âges-là sur deux. Ce système a ainsi permis à près de 70 000 mamans d’intégrer le marché du travail et le taux d’activité des femmes de 15 à 64 ans est passé de 63% en 1996 à 75% en 2011.

Un système rentable

Une étude de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques qui vient d’être rendue publique conclut que ce système de garderies publiques est RENTABLE pour l’État québécois justement parce qu’il a permis aux mamans d’intégrer le marché du travail, donc de générer des revenus au sein de l’économie québécoise et également de payer plus d’impôt et taxes diverses. Autrement dit, l’État québécois a bénéficié d’un « retour sur investissement » très intéressant : en 2008 par exemple, l’État a injecté 1,6 milliards de dollars pour subventionner ces places de garderie, mais il a récupéré par la bande 2,4 milliards de dollars. Qui plus est, selon cette même étude, ce système public de garderie aide les enfants à sortir de la pauvreté en favorisant l’accès au marché du travail de leurs mères. Bref, c’est « tout bénef » pour tout le monde comme on dit! 
Plusieurs études de l’OCDE (l’Organisation de coopération et développement économique) concluent d’ailleurs que plus on abaisse les coûts de frais de garde des enfants, plus les mères accèdent au marché du travail. Le système québécois en est un bon exemple.   
Ce réseau de garderies publiques est unique au sein du Canada et fait l’envie de bien des familles qui vivent dans les autres provinces canadiennes. Pour en avoir bénéficié au cours des 5 dernières années avec ma petite fille, je peux vous dire qu’il est formidable et que nous sommes vraiment privilégiés d’avoir ce système-là ici. Un exemple à suivre pour d’autres États dans le monde ?

Post-scriptum 

Pour rester dans la thématique de la jeunesse, le bras de fer entre le gouvernement québécois et les étudiants qui contestent l’augmentation de leurs frais de scolarité se poursuit : même si le mouvement s’effrite, des dizaines de milliers d’étudiants sont toujours en grève, une grève qui dure depuis maintenant deux mois. Le  gouvernement n’a pas fait beaucoup d’ouverture pour tenter de régler le dossier, les semaines passent et c’est maintenant toute la session qui est menacée. Des collèges et des universités se tournent même vers les tribunaux pour imposer le retour sur les bancs d’école des étudiants. Pendant ce temps, les étudiants en grève ont multiplié les coups d’éclat, occupation de bureaux de ministres, blocage du port de Montréal, manifestations à Montréal et ailleurs dans la province, ils semblent engagés dans une logique de jusqu’au-boutisme... Bref, le conflit se corse, à suivre…

Dans la cabane de Catherine François au Canada

Que se passe-t-il dans le « plus beau pays du monde » - comme aimait le définir l’ex premier ministre du Canada Jean Chrétien - ? Correspondante depuis septembre 2008 de TV5 Monde au Canada - en poste à Montréal - je vous propose dans ces carnets de suivre l’actualité de cet immense pays, baigné d’un océan à l’autre, avec toutefois un éclairage braqué plus spécifiquement sur le Québec, la province où vit la majorité francophone… je veux, dans ces carnets que je vous offrirais sur une base régulière, vous présenter ce qui fait les grands titres de la presse d’ici et vous parler de sujets d’actualité dont je ne parle pas forcément dans les reportages que je produis pour TV5 Monde. Cette nouvelle tribune me donnera aussi l’occasion de revenir plus en détails sur certains de ces reportages et de vous narrer des anecdotes de tournage quand j’en aurais – il y en a souvent - Bref, de quel bois se chauffe ma « cabane au Canada » ? Vous le saurez en venant consulter régulièrement ces pages…