Les Chroniques québécoises de Catherine François

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Un nouveau combat pour Jack

Jack Layton se bat contre ses cancers depuis 18 mois.
Jack Layton se bat contre ses cancers depuis 18 mois.
La nouvelle est tombée comme une chape de plomb sur le Canada lundi dernier : le chef du Parti Néo-Démocrate, Jack Layton, celui qui a créé la surprise aux dernières élections fédérales du 2  mai en menant ses troupes au rang de l’opposition officielle, se retire temporairement de la vie politique car il doit mener un autre combat contre la maladie.

Bonne chance Jack !

En février 2010, ce chef politique, qui jouit d’une très grande popularité au Canada, s’est fait diagnostiquer un cancer de la prostate. Il a tenu à rester actif sur le plan politique durant ses traitements et n’a jamais fait secret de sa maladie, il en a parlé ouvertement et a même mobilisé les députés de la Chambre des Communes lors d’une journée de soutien aux victimes du cancer de la prostate – ils portaient tous une cravate bleue.

Et malgré une opération à la hanche au cours de l’hiver à la suite d’une fracture, le chef néo-démocrate a mené une campagne électorale tambour battant ce printemps, la canne à la main. Il s’est assis avec assurance dans la chaise de chef de l’opposition officielle au cours de la dernière session parlementaire même s’il s’est plaint, à la fin de la dite session, de ressentir une fatigue inhabituelle, de l’inconfort et  des douleurs anormales.

Et voilà donc que lundi dernier, il est apparu en conférence de presse considérablement amaigri, visiblement exténué et la voix tremblante pour annoncer aux Canadiens qu’il souffrait d’un autre cancer – il n’a pas voulu préciser lequel mais tout le monde ici se doute de sa gravité – et qu’il devait donc laisser temporairement son poste de chef du NPD, le temps de subir de nouveaux traitements.

Une énorme vague de sympathie venant d’un océan du pays à l’autre a alors déferlé sur Jack, comme le surnomment affectueusement de nombreux Canadiens… D’abord tous les chefs politiques du pays ont tenu à lui envoyer publiquement leur soutien, ensuite c’est la population qui a manifesté son appui via lettres d’opinion, lignes ouvertes, sur les réseaux sociaux ou sur internet.

L'homme, il faut dire, est éminemment sympathique et force l’admiration, que l’on vote néo-démocrate ou non, pour son courage et sa pugnacité, pugnacité tant dans ses luttes politiques que dans ce combat qu’il mène depuis 18 mois maintenant contre la maladie. Le sourire radieux qu’il a affiché en permanence sur son visage émacié durant la campagne électorale a probablement été pour beaucoup dans  la vague orange – c’est la couleur du parti - qui a balayé  plusieurs provinces canadiennes – surtout le Québec - lors des élections de mai dernier, un sourire qui contrastait avec le visage fermé de ses adversaires.

Beaucoup se sont demandé si le chef néo-démocrate, qui a pourtant promis de revenir sur la colline à Ottawa pour la rentrée parlementaire le 19 septembre prochain, ne vient pas de faire faire son testament politique et si ce n’était pas la dernière fois qu’on le voyait.

Mais Jack Layton en a vu d’autres et il est un battant ! Il se retire de ses fonctions justement pour concentrer ses forces sur ce nouveau combat. En attendant son retour, c’est une Québécoise, Nycole Turmel, une ancienne syndicaliste, qui le va remplacer temporairement à la tête du NPD.

Et moi je joins ma voix à celle des Canadiens pour souhaiter BONNE CHANCE à Jack Layton, car il me tarde de revoir cette bonne bouille au sourire malicieux faire face au visage austère et gris du premier ministre Stephen Harper…

Une affaire de goût ?

Petite anecdote de la trépidante vie politique sur la colline parlementaire à Ottawa…

Le nouveau ministre des Affaires étrangères John Baird, a récemment décroché deux tableaux d’Alfred Pellan, grand peintre québécois, des murs de son bureau pour les remplacer par un portrait de la Reine d’Angleterre.

La nouvelle en a fait crier plusieurs au Québec et le Parti québécois – le parti qui prône la souveraineté du Québec – a suggéré que le Québec se porte rapidement acquéreur  des toiles – le Musée des Beaux Arts du Québec s’est montré intéressé.

Mettons qu’entre un Pellan et un portait de sa majesté, je trouve qu’il n’y a vraiment pas photo, comme on dit, mais bon, chacun ses goûts. Rien en tous cas pour rapprocher les fameuses « deux solitudes », celle du Canada anglais et celle du Québec francophone et rien non plus pour redorer  le blason déjà bien terni du gouvernement conservateur auprès des Québécois… 

Mais finalement, on devrait peut-être dire merci à Mr Baird, car sa décision risque de permettre au public, si jamais les tableaux, qui représentent des paysages typiques de l’est et de l’ouest du Canada,  se retrouvent exposés dans un musée, de les découvrir et les admirer, ce qui n’était pas vraiment le cas quand ils étaient accrochés sur les murs du ministère des Affaires étrangères. Il faut peut-être voir ça… comme ça…


Dans la cabane de Catherine François au Canada

Que se passe-t-il dans le « plus beau pays du monde » - comme aimait le définir l’ex premier ministre du Canada Jean Chrétien - ? Correspondante depuis maintenant deux ans de TV5 Monde au Canada - en poste à Montréal - je vous propose dans ces carnets de suivre l’actualité de cet immense pays, baigné d’un océan à l’autre, avec toutefois un éclairage braqué plus spécifiquement sur le Québec, la province où vit la majorité francophone… je veux, dans ces carnets que je vous offrirais sur une base régulière, vous présenter ce qui fait les grands titres de la presse d’ici et vous parler de sujets d’actualité dont je ne parle pas forcément dans les reportages que je produis pour TV5 Monde. Cette nouvelle tribune me donnera aussi l’occasion de revenir plus en détails sur certains de ces reportages et de vous narrer des anecdotes de tournage quand j’en aurais – il y en a souvent - Bref, de quel bois se chauffe ma « cabane au Canada » ? Vous le saurez en venant consulter régulièrement ces pages…