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Les journaux britanniques s'engagent dans la campagne

Au Royaume-Uni, comme aux États-Unis, les journaux affichent une longue tradition d’engagement politique conjuguée à une indépendance critique forcenée vis-à-vis des partis qu’ils soutiennent.

Nous avons donc demandé à des journalistes écrivant pour trois publications identifiées politiquement de répondre aux mêmes questions sur l’avenir politique britannique :

Jon Henley, chroniqueur au Guardian qui accompagne les Travaillistes, Rosa Prince, correspondante politique au Daily Telegraph lié aux Tories (conservateurs) et enfin John Peet, l’une des plumes de The Economist, le magazine de l’extrême centre, dont plusieurs rédacteurs en chef furent des membres influents du parti libéral...

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Rosa Prince : “Il y a beaucoup d'enthousiasme autour des élections“

Quels sont selon vous les principaux atouts et faiblesses de chacun des trois candidats ?

Le principal atout de Gordon Brown est son expérience. Il revendique également avoir orchestré le sauvetage des banques durant la crise financière et économique. Ses handicaps : il est mal à l'aise en public, et face aux médias.

Les atouts de David Cameron sont son enthousiasme, son énergie, et sa solide assise financière : en clair, il peut dépenser des millions de plus que les autres candidats dans cette campagne. Il est desservi par la mauvaise image des conservateurs, qu'il a du mal à redorer. Le fait qu'il soit issu d'un milieu privilégié est mal perçu par certains.

Nick Clegg a l'habileté de se présenter lui-même comme un outsider, à un moment où le désenchantement des britanniques face à la politique est grand. Son handicap, c'est le système électoral : il empêche son parti de percer et de gagner assez de sièges de députés pour faire la différence.


Jon Henley : “Le principal atout de Nick Glegg est qu'il n'est ni Gordon Brown, ni David Cameron.“

Quels sont selon vous les principaux atouts et faiblesses de chacun des trois candidats ?

Le principal atout de Gordon Brown est son expérience du pouvoir. Il a occupé durant 13 années les plus hauts postes du gouvernement. La fonction qu'il a le plus longtemps exercée est celle de ministre des Finances sous le gouvernement de Tony Blair. Il maîtrise sans aucun doute l'économie du pays et est largement respecté sur la scène internationale. Mais ses treize années d'expérience constituent aussi son principal handicap. Son image est associée à celle d'un gouvernement qui a conduit la Grande-Bretagne à faire une guerre très impopulaire.

Il a dirigé les finances du pays pendant le plus long boom économique qu'a connu la Grande-Bretagne mais aussi pendant la pire des récessions des 70 dernières années. Et sa réputation reste entachée, bien que ce ne soit pas personnel, par l'affaire des notes de frais des parlementaires qui a considérablement décridibilisé la classe politique britannique.

Contrairement à Tony Blair, Brown n'est pas un communicant né. Il est assez distant et n'a pas le contact facile avec les gens ordinaires. C'est ce qui le dessert le plus.



John Peet : “Si aucun parti ne dispose d’une franche majorité, alors j’imagine voir de nouvelles élections l’année prochaine.“

Quels sont selon vous les principaux atouts et faiblesses de chacun des trois candidats ?

Brown a l’expérience, mais aussi il a entrainé l’économie vers la récession.

Cameron est nouveau et parle bien mais il est considéré comme un candidat qui favorise les riches et les aristos.

Et Clegg est vu comme frais et inconnu, mais aussi un peu naïf et trop enclin à l’augmentation des impôts.