Info

Les prix littéraires : levier marketing ou rencontre avec le public ?

Goncourt, Renaudot, Femina... En France, la saison des prix littéraires bat son plein et culmine ce lundi 4 novembre 20113 avec l'attribution du Goncourt. A quoi servent ces prix ? Quelle est leur incidence sur les ventes ? Récompensent-ils vraiment les meilleurs livres ? Que deviennent les anciens lauréats ? Gros plans sur cette spécificité française que sont les prix littéraires de la rentrée.

dans

Enjeux et délibérations

“Un prix littéraire, c'est aussi une rencontre avec le public“


La rentrée littéraire : temps fort du marché du livre

Liliane Charrier, avec AFP

La rentrée littéraire de septembre est un rendez-vous stratégique pour le monde de l'édition avec, en point d'orgue, les prix littéraires. Les romans couronnés voient leurs ventes rapidement s'accélérer, avec des coefficients multiplicateurs de deux à dix, selon les ouvrages et les récompenses, Goncourt en tête. Le pic des ventes est atteint avant les fêtes de fin d'année, les prix littéraires demeurant des valeurs sûres à offrir. A la veille du Goncourt, 1,15 million d'exemplaires estampillés "Rentrée littéraire" se sont déjà vendus entre fin août et mi-octobre, générant un chiffre d'affaires de 22,3 millions d'euros. Pour le lauréat du Goncourt, créé en 1903, le plus vieux et convoité des prix et le plus prescripteur, l'enjeu est énorme : s'il n'est récompensé que par un chèque symbolique de 10 euros, le Goncourt génère des ventes de 300 000 à 400 000 exemplaires en moyenne, soit un chiffre d'affaires de 6 à 8 millions d'euros, auxquels s'ajoutent des traductions et des enchères juteuses en format de poche.
       

Papier versus numérique         

En cette rentrée, la majorité des 555 romans français et étrangers étaient proposés par les éditeurs en format papier et version numérique. La part estimée des ventes numériques des dix titres les plus vendus est de 4,5% en moyenne, bien supérieure à celle de l'ensemble du marché pour l'année 2013, estimée à 1,5% du total des volumes vendus, soit 5,4 millions d'unités. 
                 

Les chouchous de la rentrée 2013

Comme en 2012, le palmarès à la mi-octobre est dominé par Amélie Nothomb, avec La nostalgie heureuse (Albin Michel) : 92 600 volumes papier écoulés et 3 530 estimés en numérique, précise l'institut. Viennent ensuite d'autres habitués des rentrées littéraires et des listes de meilleures ventes comme Jean d'Ormesson, Eric-Emmanuel Schmitt, Yasmina Khadra, Chantal Thomas, Richard Ford, Jean-Louis Founier ou encore Claudie Gallay.
                 

Les favoris des grands prix

Aux 3e et 5e places, Romain Puértolas et Pierre Lemaitre, en revanche, sont plus inattendus dans ce classement. Le premier roman de Romain Puértolas, L'extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (Le Dilettante), finaliste de dernière minute du prix Renaudot, s'est écoulé à 45 000 exemplaires papier, auxquels s'ajoutent 2.060 ventes numériques (4,4%).
                 
L'un des favoris du Goncourt, Au revoir là-haut (Albin Michel) de Pierre Lemaitre, écrivain de romans noirs reconnu, mais dont c'est la première incursion hors du polar, s'est vendu à 38 400 exemplaires papier et 1 885 versions numériques (4,7%).

“Un prix littéraire, c'est aussi une rencontre avec le public“

02.11.2013Paula Jacques et Sylvie Ducas invitées du 64' de TV5MONDE
Sylvie Ducas, auteur de La littérature à quel(s) prix, et Paula Jacques, lauréate du prix Femina 1991 et membre du jury depuis 1996, échangent leurs vues sur le bien-fondé et les pratiques d'attribution des prix littéraires de la rentrée.
“Un prix littéraire, c'est aussi une rencontre avec le public“


Les finalistes du Goncourt 2013