Les Suisses rejettent la limitation des salaires

Par référendum, les Suisses ont rejeté largement ce dimanche l'initiative populaire visant à limiter les écarts de salaires dans les entreprises du pays.

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C’était la grande peur des milieux patronaux et des partis de droite, mais ce dimanche, ceux-ci peuvent souffler. Par référendum, dimanche 24 novembre 2013, les citoyens suisses ont largement rejeté l’initiative populaire visant à limiter les plus hauts salaires.
La démarche avait été lancée sous le nom de « 1:12 » par les Jeunes Socialistes pour prévenir des écarts trop important à l’intérieur des entreprises. « 1:12 » prévoyait simplement qu'aucun employé d’une entreprise ne pourrait gagner moins en un an que ce que gagne le dirigeant le mieux rémunéré en un mois.
Un thème porteur dans un pays qui se distingue par ses multinationales puissantes,  ses banques d’affaires, ses négociants en matière premières, tous générant à leur sommet des rémunérations se chiffrant en millions de francs suisses. Il y a huit mois, les Suisses avaient approuvé à 67 % un texte supprimant les parachutes dorés des grands patrons.
« Ces dernières années, une petite partie de la société s’est emparée de la plus grosse partie des bénéfices » répétait David Roth, le président de la JS qui avait réuni facilement les 100 000 signatures nécessaires pour déclencher une consultation populaire.

Menace de délocalisation

Mais celle-ci a trouvé des adversaires puissants, et en particulier le Conseil Fédéral (gouvernement) qui craignait pour l’attractivité économique du pays.  Certains patrons n’hésitaient pas à menacer de se délocaliser avec leur entreprise, d’autres estimaient qu’il leur serait difficile de recruter les cadres de hauts niveaux dont le pays a besoin. Des salariés ont rendu public des courriers internes appelant à voter « non ».
Ces arguments semblent avoir porté. Selon les résultats définitifs, 65,3 % des Suisses ont dit "non" à ce texte. Exit le 1:12. Mais dans un pays dont les bons résultats économiques sont cités en exemple, la question sociale reste un sujet de débat. En 2014, les électeurs seront à nouveau appelés aux urnes pour décider –ou non – de la création d’un salaire minimum de 4000 CHF/ mois (3333 €) pour 42 heures de travail par semaine. L’initiative est portée cette fois par l’Union syndicale suisse.




En images : l'échec du 1:12

24.11.2013par David Gilberg
En images : l'échec du 1:12