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Liberia : Ellen Johnson Sirleaf, un bilan décevant ?

Liberia , les attentes des électeurs

Elections générales ce mardi au Liberia. Un peu plus de 2 millions d'électeurs doivent notamment désigner leur président. 20 candidats en lice. Scrutin crucial pour l'unité d'un pays ravagé par la guerre civile entre 1989 et 2003. 

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Des petites filles studieuses dans une école privée de Monrovia et sur le tableau une citation de Nelson Mandela en guise de mantra : "Nous pouvons changer le monde et en créer un meilleur. Le pouvoir de faire une différence est entre vos mains"

Et elles y croient toutes ici. Une femme a bien été à la tête du pays pendant 12 ans, alors pourquoi pas elles ?

Nous regardons les femmes, nous regardons la présidente. Ce qu'elle fait, nous pouvons le faire, parce qu'elle a apporté  la preuve à cette nation et au monde entier et à tous les hommes que les femmes peuvent être les meilleures.Give Fallah, une écolière de Monrovia

Mais dans les faits, au Liberia, où en est-on ? Qu'a fait la première présidente élue du continent pour le droit des femmes, une de ses principales promesse de campagne ? Pour ses détracteurs, pas grand-chose.

Sur le terrain éducatif, seules 17 % des filles atteignent le secondaire contre 40% chez les garçons.
Pour Leymah Gbowee, qui recu le prix nobel avec Ellen Johnon Sirleaf en 2011, la présidente sortante est une déception : "Peut-être que le problème que nous avons en tant que femmes, c'est que nos attentes étaient très élevées. C'est peut-être aussi pour ça que la déception est plus grande chez nous que dans d'autres franges de la population. L'éducation, la santé, la justice pour les femmes, ce sont vraiment les trois domaines où je peux dire que nous n'avons rien obtenu", estime la militante féministe.

Les autres franges de la population lui reprochent aussi de n'avoir rien fait pour lutter contre la corruption, ni même pour la réconciliation. Les anciens chefs de guerre tiennent encore des positions de pouvoir sans jamais avoir été inquiétés par la justice. A son actif toutefois, la présidente sortante a su protéger la liberté d'expression, elle qui a été tout au long de ses deux mandats régulièrement épinglée par la presse. Enfin, elle a su aussi et surtout préserver la paix, une gageure dans un pays profondément traumatisé par 15 ans de  guerre civile.