A Madagascar, on mise sur les jeunes entrepreneurs

Incubateur Madagascar
©Reportage de Gaëlle BORGIA/TV5MONDE

L'un des objectifs de l'Organisation internationale de la Francophonie, c'est d'encourager les jeunes à entreprendre. Dans cette optique, l'OIF a aidé deux Malgaches à la création du premier incubateur du pays. Sa spécificité ? Aider à développer l'entrepreunariat social et solidaire.

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A Madagascar, à part quelques associations, il n'existait pas de véritable plateforme d'aide aux chefs d'entreprise. Aujourd'hui, une dizaine de jeunes bénéficient d'un accompagnement et d'un réseau. L'idée est aussi de créer une communauté d'entrepreneurs qui pourrait insuffler une nouvelle dynamique économique. 

Autour la table ce jour-là, des jeunes entrepreneurs et porteurs de projets qui se rencontrent et échangent. Nous sommes dans le premier incubateur d'entreprise malgache : un espace mis à disposition par l'Organisation internationale de la Francophonie, où l'on peut être appuyé gratuitement dans l'élaboration d'un projet éco-responsable. Une nécessité dans un pays où entreprendre est difficile. 

C'est tout un éco-système qui est défaillant. 

Mino Andriamijoro

"Je sais que c'est très dur d'entreprendre peu importe où on est dans le monde mais à Madagascar c'est encore plus dur, raconte Mino Andriamijoro, gérant de l'Agence événementielle Mercatis&Co. C'est dur dans le sens où c'est tout un éco-système qui est défaillant. En termes de financements si les jeunes entrepreneurs vont à la banque, c'est 18%, 20%, 30%. Y a ça nulle part ailleurs dans le monde. Même pour payer le loyer, c'est difficile pour une start-up, comment voulez-vous qu'ils paient 18% de taux d'intérêt? C'est pas possible et deuxièmement, c'est tout un système d'éducation qui n'est pas formé à l'entreprenariat."

Pour faciliter sa démarche de création d'entreprise, Dina Antsa Meva, designer graphique et illustratrice s'est tournée, elle, vers "Incubons". Elle est passée de quelques ventes d'agendas via Facebook à une véritable entreprise solidaire

"C'est une question d'audace, il faut oser, explique Dina Antsa Meva. Parce que les idées sont là mais on a peur d'essuyer un échec. Je manque beaucoup de confiance en moi donc quelque part ils m'ont beaucoup aidée aussi à reprendre confiance en moi. Ils ont vu du potentiel dans ce que je faisais et puis ils y ont apporté de l'envergure"

Un appui administratif mais surtout humain

"Ce qui manque c'est l'appui humain de nos entrepreneurs, souligne Tsiory Razafimpahanana, fondateur d'Incubons. Les entrepreneurs sont des gens solitaires. Incubons c'est 80% de psychologie et 20% de pratique."

Grâce à Incubons, la société de Corinne Rabesoelina a élargi sa clientèle et est devenue éco-responsable. 

"Avant Incubons, nous replantions mais c'était obligatoire,raconte Natacha Corinne Rabesoelina, DG The Wood Way. Dans la région de Moramanga, à chaque fois qu'on coupait des arbres, il fallait replanter. Donc c'était surtout une obligation mais après Incubons, nous avons décidé de notre plein gré de replanter 5 arbres à chaque arbre coupé. Incubons m'a fait prendre conscience que pour pérenniser le secteur du bois, il fallait replanter et replanter davantage".

Seule une dizaine d'entrepreneurs a bénéficié d'Incubons en 6 mois. Dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 18 ans, l'entrepreunariat des jeunes est un des enjeux du développement.