Mana Neyestani : du crayon à la prison iranienne

dans

Lire l'entretien


Dans sa bande dessinée intitulée "Une métamorphose iranienne", Mana Neyestani raconte comment un simple dessin pour enfants publié dans un magazine iranien l'a mené derrière les barreaux en 2006.

Après avoir travaillé pendant plus de dix ans comme dessinateur de presse et illustrateur dans des magazines réformistes ou d'opposition en Iran, il se tourne en 2003 vers le dessin pour enfants.

En 2006, il dessine un cafard prononçant un mot Azéri (communauté du Nord de l'Iran) sur l'une de ses planches. Un dessin anodin qui va enflammer le pays et susciter la colère des Azéris. Ceux-ci se sentent humiliés par le dessin. Pour calmer les soulèvements populaires et trouver un coupable, le gouvernement iranien envoie Mana Neyestani en prison. Il y restera trois mois. Dès sa libération, il décide de quitter le pays. C'est le récit de son ouvrage "Une métamorphose iranienne" publié en France en février 2012.

Il confie à TV5monde les difficultés d'exercer la profession de dessinateur de presse en Iran, ses craintes et ses espoirs pour son pays.

Mana Neyestani

Mana Neyestani / Photo Léa Baron
Mana Neyestani / Photo Léa Baron
Né à Téhéran en 1973, Mana Neyestani suit pendant deux ans une formation d’architecte. Mais il choisit finalement ses premières amours en poursuivant une carrière de dessinateur de presse et d’illustrateur dès 1990. Mana Neyestani collabore à différents magazines réformistes iraniens culturels, économiques et politiques.

Il trouve son inspiration dans les dessins de Jean-Jacques Sempé, Claude Serre ou Roland Topor.

En 2000, il publie son premier livre d’illustrations, Kaaboos (Cauchemar), Ghost House (2001) et M. Ka’s Love Puzzle (2004). En 2006, après avoir choisi de travailler pour des rubriques enfants de magazines, il se retrouve dans les geôles iraniennes. Son tord ? Avoir publié le dessin d’un cafard. Une illustration qui avait alors envenimé les rapports entre l’Etat iranien et la population Azérie du nord du pays.

De 2007 à 2010, il vit en exil en Malaisie d’où il continue de travailler pour des journaux et magazines dissidents iraniens.

Depuis deux ans, il est invité en résidence par la Cité Internationale des arts de Paris dans le cadre du programme international ICORN qui soutient les artistes en danger dans le monde.

Aujourd’hui, il attend d’obtenir le statut de réfugié politique.