Meles Zenawi : mort d'un poids lourd africain

Il était l'une des figures du continent africain. Au pouvoir depuis plus de vingt ans, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi est mort ce mardi à l'âge de 57 ans. 

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Meles Zenawi : une poigne de fer

Meles Zenawi : une poigne de fer

Deuil et interrogations

22.08.2012Par Grégory Fontana
Deuil et interrogations

L'Ethiopie : un pays tiraillé

21.08.2012Par AFP
L'Ethiopie, située au coeur de la volatile Corne de l'Afrique, fait aussi face à de nombreuses menaces, intérieures et extérieures. Tour d'horizon des principaux mouvements rebelles, d'opposition et autres menaces au pouvoir d'Addis Abeba.

L'Erythrée  
L'Ethiopie ne cesse d'accuser son voisin l'Erythrée, ennemi héréditaire, de financer des groupes armés et de soutenir, sur le sol éthiopien, des attaques de type guérilla ou des tentatives d'attentats à la bombe. Asmara ne cesse de nier.
L'Erythrée a gagné son indépendance de l'Ethiopie en 1993, après 30 ans de lutte contre Addis Abeba. Une guerre frontalière, qui a fait des dizaines de milliers de morts, a opposé les deux pays entre 1998 et 2000. Le différend frontalier n'a jamais vraiment été résolu.

En Somalie 
L'Ethiopie a lancé son armée en Somalie à deux reprises ces dernières années. La première fois en 2006 pour faire tomber le régime des Tribunaux islamiques dans la capitale Mogadiscio. La deuxième fois depuis fin 2011 pour combattre les insurgés islamistes shebab, un groupe récemment intégré à Al-Qaïda. Les shebab sont accusés de liens avec des cellules extrémistes en Ethiopie.

Des combattants du Front National de Libération de l'Ogaden (ONLF)
Des combattants du Front National de Libération de l'Ogaden (ONLF)
La rébellion d'Ogaden
Les mouvements de guérilla dans la région reculée de l'Ogaden, située dans le sud-est du pays et à majorité somali, combattent le gouvernement central depuis des décennies. Ils demandent plus d'autonomie, voire la séparation. La région est riche en réserves de gaz et pétrole mais, selon eux, est délaissée par Addis Abeba. Parmi ces mouvements de rébellion, le Front national de libération de l'Ogaden (ONLF), qualifié de "terroriste" par Addis Abeba, lutte depuis 1984.
        
Les groupes Oromo
Les Oromo constituent le plus vaste groupe ethnique de l'Ethiopie -- un tiers des 84 millions d'habitants. Le Front de libération Oromo (OLF) a pris les armes dans les années 70 contre le régime marxiste du dictateur Mengistu Hailé Mariam. De petites factions continuent de demander la création d'un Etat indépendant. La police éthiopienne accuse régulièrement le groupe d'actes "terroristes".
        
L'insurrection en pays Afar
Des rebelles du Front uni révolutionnaire démocratique afar (Arduf) mènent une guérilla larvée dans l'Afar, une région reculée de l'est éthiopien, désertique et frontalière de l'Erythrée. Ils entendent mettre fin aux "privations" politiques et économiques dont ils se disent victimes. Le groupe a dans le passé enlevé des touristes.
        
Les forces à Gambella
Des bandits et des guérilleros dans la région occidentale de Gambella, frontalière du Soudan du Sud, ont mené des attaques contre les forces armées éthiopiennes. Des organisations de défense des droits de l'homme ont fait état de violences généralisées perpétrées par l'armée contre la population Anuak, qui, en retour, a formé des milices locales.
        
Ginbot 7
Basé aux Etats-Unis, ce groupe est lui aussi considéré comme "terroriste" par Addis Abeba. Ses membres disent lutter pour la démocratie et la liberté en Ethiopie. Plusieurs personnes condamnées en 2012 en Ethiopie en vertu de la loi anti-terroriste ont été accusées de lien avec le groupe, emmené par l'ancien maire d'Addis Abeba, la capitale éthiopienne, Berhanu Nega.

Une mort attendue

L'état de santé de M. Zenawi faisait l'objet de nombreuses rumeurs dans son pays

21.08.2012Par AFP
"Le Premier ministre Meles Zenawi est décédé hier soir aux environs de minuit," a précisé mardi matin à l'AFP le porte-parole du gouvernement Bereket Simon. Il se trouvait "à l'étranger", a-t-il poursuivi sans plus de détails.
M. Meles, âgé de 57 ans, n'avait plus été vu en public depuis juin et son état de santé faisait l'objet de nombreuses rumeurs. En juillet, des sources diplomatiques à Bruxelles avaient indiqué à l'AFP que M. Meles était hospitalisé dans la capitale belge et qu'il se trouvait dans un état critique.
"Il récupérait bien mais tout d'un coup il s'est passé quelque chose et il a dû être emmené d'urgence en unité de soins intensifs et ils n'ont pu le maintenir en vie," a ajouté mardi M. Bereket, sans donner de précision sur la maladie dont souffrait le Premier ministre.
Le porte-parole a ajouté un peu plus tard en conférence de presse que M. Meles se débattait avec ses problèmes de santé depuis un an. Mais "l'une des meilleures choses avec lui, c'est qu'il ne s'est jamais considéré comme malade et qu'il était prêt pour le travail tout le temps, tous les jours, tous les soirs," a-t-il ajouté.
Le vice-Premier ministre Hailemariam Desalegn va désormais assurer l'intérim, a-t-il encore déclaré.
La date des funérailles de M. Meles n'a pas encore été précisée.
"Le processus des funérailles se déroulera selon un plan préparé par un comité qui travaille là-dessus," a indiqué M. Bereket, précisant seulement que le pays serait en "deuil national" jusqu'à ces funérailles, "en souvenir du Premier ministre".