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A Mexico, dernières heures cruciales pour extraire des survivants des décombres

(AP Photo/Eduardo Verdugo)

Le temps pressait jeudi 21 septembre à Mexico, deux jours après le très fort séisme dans lequel au moins 286 personnes ont péri, pour extraire d'éventuels survivants d'une école qui s'est effondrée, entraînant dans la mort une vingtaine d'enfants.

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Contrairement à ce qu'avaient affirmé plusieurs responsables depuis mardi, les autorités mexicaines ont démenti jeudi après-midi la présence d'une jeune fille vivante sous les décombres de l'établissement scolaire Enrique Rebsamen, dont le sort tenait en haleine le pays et les médias du monde entier. "Nous avons la certitude que tous les enfants sont soit malheureusement morts, soit dans des hôpitaux ou chez eux", a déclaré à une chaîne de télévision locale le ministre de la Marine Angel Sarmiento, assurant néanmoins qu'un adulte était encore en vie sous les gravats.

Depuis plus de 48 heures, secouristes et bénévoles poursuivaient sans relâche leurs recherches sur le site de cette institution scolaire privée où une vingtaine d'élèves âgés de sept à treize ans ainsi qu'une demi-douzaine d'adultes sont morts. Comme dans d'autres zones frappées par le tremblement de terre, les secouristes volontaires commençaient à cet égard à montrer des signes d'épuisement.

"On tient bon"

Selon un nouveau comptage reposant sur la compilation des chiffres des autorités locales et nationales, on comptait 137 morts à Mexico, 73 dans l'Etat de Morelos, 43 à Puebla, 13 dans l'Etat de Mexico, cinq dans le Guerrero, un à Oaxaca, soit 272 au total. Un Taïwanais, une Panaméenne et un Espagnol font partie des morts, d'après les autorités de leurs pays respectifs.

Dans la capitale mexicaine, dans le quartier branché de Roma, particulièrement touché, les secours étaient également engagés dans un contre-la-montre pour trouver des survivants dans les ruines de ce qui était un immeuble de sept étages où travaillaient quelque 70 salariés. 28 personnes en vie ont déjà été extraites de là, explique un des responsables des opérations, qui refuse de dire combien y seraient encore prisonnières.

Armando Albarran, 49 ans, garde l'espoir de revoir vivante sa nièce Karina, 30 ans. "Il y a des indices qui laissent à penser qu'il y a encore des personnes à l'intérieur. On nous dit qu'elle serait toujours en vie. On tient bon", a-t-il déclaré à l'AFP.

Pola Diaz, un des célèbres "Topos' ("taupes"), une brigade spécialisée qui s'est formée après le grand séisme de 1985 dans lequel plus de 10 000 personnes ont péri pour retrouver des rescapés dans les décombres appelle les autorités à faire preuve de "flexibilité". "Après 72 heures, on interrompt les opérations de secours et on commence à démolir (...) J'aimerais demander qu'on ne soit pas si strict (...) qu'on pense à ceux non seulement qui sont dedans mais aussi ceux qui sont dehors", fait valoir cette femme de 53 ans.

La rumeur d'une intervention prochaine des bulldozers pour déblayer les gravats se faisait de plus en plus pressante au sein de la population, obligeant les autorités à réagir. "Nous ne sommes pas en train d'utiliser des engins de chantier sur les bâtiments qui se sont effondrés", a tweeté jeudi le responsable national de la protection civile, Luis Felipe de la Puente.

Solidarité

Plusieurs pays, dont Israël, le Chili et le Salvador, l'Espagne et la Colombie, ont annoncé l'envoi de renforts. Une quarantaine de bâtiments se sont écroulés à Mexico, une mégalopole de 20 millions d'habitants, selon son maire Miguel Angel Mancera.

La solidarité des habitants y est telle que les secours et les médias ont appelé la population à ne plus envoyer d'aliments périssables. Des listes établies par les secours recensent le matériel et les volontaires nécessaires, désormais sélectionnés.

Le séisme de mardi est survenu 32 ans jour pour jour après celui de 1985 qui reste un traumatisme national au Mexique. Il a surpris nombre de Mexicains, la technologie antisismique ayant connu des ratés mardi : l'alerte sonore censée prévenir en cas de tremblement de terre n'a en effet pas fonctionné ou s'est déclenchée trop tard. Selon les experts, cela peut s'expliquer par la localisation de l'épicentre, dans le centre du Mexique, c'est-à-dire hors de la principale zone à risque, l'océan Pacifique, où l'on trouve une centaine de capteurs le long de la côte.

Cette nouvelle tragédie frappe un pays encore sous le coup d'un séisme de magnitude 8,2 - le plus puissant en un siècle au Mexique -, qui a fait une centaine de morts et plus de 200 blessés dans le sud le 7 septembre. Situé à la jonction de cinq plaques tectoniques, le Mexique est l'un des pays du monde où l'activité sismique est la plus forte.