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Migrants : une mobilisation des dirigeants européens ?

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			Un gilet de sauvetage est accroché aux barbelés de la frontière gréco-macédonienne, le 29 août 21015 à Gevgelija, en Macédoine</div>
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			Photo AFP- ARIS MESSINIS</div>
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Un gilet de sauvetage est accroché aux barbelés de la frontière gréco-macédonienne, le 29 août 21015 à Gevgelija, en Macédoine
Photo AFP- ARIS MESSINIS

71 cadavres cachés dans un camion abandonné au bord d'une autoroute en Autriche... La découverte macabre, jeudi, semble avoir secoué les opinions publiques et les dirigeants européens au drame des migrants en route à travers le continent.

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Ce dimanche, plusieurs responsables sont montés au créneau en faveur du droit d'asile. Dans un communiqué commun, les ministres français, allemand et britannique de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, Thomas de Maiziere et Theresa May rappellent notamment "l'urgence de mettre en place, et au plus tard avant la fin de l’année" en Grèce et en Italie des "hot spots", des centres de tri destinés à faire la distinction entre personnes pouvant relever du statut de réfugiés et migrants économiques clandestins. Ils demandent une réunion ministérielle dans les deux prochaines semaines "pour avancer concrètement" face à la crise migratoire.

Les trois ministres ont souhaité également l'établissement, "très rapidement", d'une "liste des pays d'origine sûre" afin de "compléter le régime d’asile européen commun, protéger les réfugiés et assurer l’effectivité des retours des migrants illégaux dans leurs pays".

Le dimanche a été également marqué par une série de déclarations au plus haut niveau. Ainsi, l'Italie fera de l'obtention d'un droit d'asile européen "la bataille des prochains mois", a affirmé dimanche le président du Conseil Matteo Renzi."L'Europe doit cesser de s'émouvoir et commencer à se mouvoir. On doit choisir enfin (...) d'avoir une politique d'immigration européenne, avec un droit d'asile européen", a-t-il martelé dans une interview au quotidien Corriere della Sera.

De son coté, le Premier ministre français, Manuel Valls juge que les migrants qui "fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions, doivent être accueillis"... "Chaque demande d'asile doit être examinée, rapidement", a ajouté M. Valls lors d'un discours à La Rochelle (ouest de la France). Les "migrants doivent être traités dignement, abrités, soignés". Dans la même veine, le pape François a dénoncé dimanche la mort des 71 migrants -- probablement syriens --  demandant une "coopération efficace" contre "des crimes qui offensent l'humanité entière".

Mais c'est le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, qui a durci le ton, jugeant "scandaleuse" l'attitude de certains pays de l'Est de l'Europe face à la crise des réfugiés. Il souligne par là pourquoi, pour le moment, l'Union Européenne n'a pu développer une vraie réponse unitaire. Ces pays ne sentent pas vraiment concerné par l'afflux des migrants. Ils refusent donc tout quota les obligeant à accepter des réfugiés. Ils laissent ainsi seuls en première ligne les pays "frontières" comme la Grèce ou l'Italie, ou les pays choisis en priorité par les migrants, comme l'Allemagne ou la Scandivie.

- Lambeaux sur les barbelés -

Cependant,  l'Europe ce dimanche en est resté au stade des déclarations et pendant ce temps, la marche des migrants continue. Ainsi des centaines ont continué de franchir la frontière serbo-hongroise, en dépit de l'achèvement d'une clôture de barbelés par la Hongrie sur les 175 km de frontière. En début de matinée, un groupe de quelque 200 personnes a passé la frontière, a constaté un journaliste de l'AFP, et d'autres migrants ont ensuite suivi régulièrement. La police a indiqué que 3.080 personnes avaient traversé samedi la frontière.
Dimanche, rares étaient les migrants à entrer en Hongrie en se faufilant sous la clôture de barbelés, sur laquelle on pouvait voir de nombreux lambeaux de vêtements. La grande majorité empruntait la voie de chemin de fer où aucune barrière n'a été érigée, et où les trains ne passent qu'à très faible allure.

Les autorités hongroises ont installé pour les migrants des tentes, des toilettes mobiles et des bacs à ordures. A leur arrivée, ils sont emmenés dans un camps d'enregistrement pour réfugiés. On pouvait également voir des membres des forces spéciales de la police, en train de longer les champs avec des bergers allemands en muselière."Je viens de Syrie, et je suis sur la route depuis un mois", déclarait l'un des migrants, demandant "où est la frontière de la Hongrie?" sans savoir qu'il venait de la franchir par les rails. Cet homme a expliqué dans un bon anglais qu'il voyageait avec son bébé, et l'oncle de celui-ci, et qu'on leur avait volé leur argent dans la nuit. En route depuis un mois, ils ont d'abord pris un bateau surchargé pour aller en Turquie, puis en Grèce, avant de rallier la Macédoine, et la Serbie.

Par ailleurs, à Budapest, un cinquième suspect, un Bulgare, a été interpellé par la police hongroise dans la nuit de samedi à dimanche dans le cadre de l'enquête sur le camion. Quatre hommes - trois Bulgares et un Afghan - avaient déjà été arrêtés vendredi. La justice les soupçonne d'être les "petites mains" d'un gang de trafic d'êtres humains. Selon les premiers éléments de l'enquête, les 71 migrants ont péri asphyxiés.