Mobilisations citoyennes pour aider des migrants

Des humanitaires ou bénévoles d'association aide un enfant alors qu'il vient de débarquer d'un bateau des gardes côte italien le 3 août 2015.
Des humanitaires ou bénévoles d'association aide un enfant alors qu'il vient de débarquer d'un bateau des gardes côte italien le 3 août 2015.
©AP Photo/Adriana Sapone

Des donateurs du monde entier contribuent à une collecte de fonds lancée par un Islandais pour aider un réfugié syrien qui vendait des stylos dans les rues de Beyrouth. En Allemagne, des Berlinois accueillent chez eux des réfugiés rencontrés par l’intermédiaire d’un site Internet. Certains Européens se démènent pour aider les migrants qui affluent.

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L’image est poignante. Dans les rues de Beyrouth, un homme porte sur un bras sa fille endormie, le visage posé sur l’épaule de son père. De son autre main, il tend des stylo-billes qu’il vend aux passants. Touché par ce père démuni, un Islandais le prend en photo et la publie sur son compte Twitter le 25 août.

Son post est retweeté plus de 6 000 fois. La photo émeut. Des internautes lui demandent rapidement comment aider ce père de famille. Gissur Simonar lance alors un avis de recherche sur les réseaux sociaux. Il parvient finalement à retrouver cet homme qui se nomme. Abdul Halim Attar. Ce Palestinien de nationalité syrienne s'est réfugié au Liban comme plus d'un million d’autres Syriens.

> Lire notre reportage sur Adam, un réfugié syrien qui a est passé par le Liban, puis l'Allemagne. "Syrie : le douloureux exil d'une génération perdue"

Il vit dans un appartement en banlieue de la capitale libanaise avec ses deux enfants Audi, 9 ans et sa soeur Reem, 3 ans, qui apparaît avec lui sur la photo diffusée sur les réseaux sociaux.

Abdul Halim Attar a fui son pays quand la guerre en Syrie a débuté pour rejoindre l’Egypte où vit sa belle famille. Puis la situation se dégrade avec son épouse, explique-t-il à la chaîne de télévision Sky News Arabia. Il repart et atteint finalement Beyrouth. Là, il vit de l’aide du Haut comité aux réfugiés de l’ONU qui lui donne 13 dollars par personne par jour. Il décide alors de vendre des stylos dans la rue « parce que tout le monde a besoin d’un stylo »,  raconte-t-il à Al Jazeera. Les bons jours, il peut gagner 35 dollars. C’est là que Gissur Simonarson le croise et décide de l'aider.

L’Islandais créé un compte Twitter @Buy_Pens (Achète des stylos) et lance, le 27 août, une collecte de fonds sur Internet pour soutenir ce réfugié syrien et ses deux enfants.
 


Alors que la somme à atteindre pour cette levée de fonds était fixée à 5 000 dollars, la collecte atteint près de 180 000 euros (le 2 septembre), en seulement 6 jours grâce à la participation de près de 7 000 internautes du monde entier. Les dons peuvent encore se faire jusqu'au 11 septembre.

Un Islandais a lancé sur un internet une collecte de fonds pour venir en aide à un réfugié syrien qui vit à Beyrouth avec ses deux enfants.
Un Islandais a lancé sur un internet une collecte de fonds pour venir en aide à un réfugié syrien qui vit à Beyrouth avec ses deux enfants.

« Je suis dans un rêve », confie Abdul Halim Attar dans une interview sur Sky News Arabia. La somme réunie lui sera donnée par l’intermédiaire d’une ONG qui s’occupe actuellement de lui et l’aide à être régularisé au Liban.

"Processus de régularisation ! Préparation des papiers officiels pour Abdulhalim, ses enfants."

Avec cet argent il veut offrir une éducation à ses deux enfants et aider les autres réfugiés car « il y a des gens dans une situation pire que la mienne », explique-t-il à Al Jazeera.  Tous n’ont pas eu la chance de bénéficier, en effet, comme lui, ni d’une telle aide financière, ni d’une telle médiatisation.

Un « Airbnb » solidaire

En Allemagne, un site internet "Flüchtlinge Willkommen" « Refugees welcome »  (bienvenue aux réfugiés) a été lancé en novembre 2014 sur une idée de quatre jeunes Berlinois. Leur but ? Trouver un logement aux migrants en situation légale ou illégale. Comment ? En les mettant en contact avec des Allemands qui acceptent les accueillir chez eux en leur louant une pièce. Une sorte de « Airbnb » solidaire.

La démarche se veut simple. Les internautes allemands s’inscrivent sur le site Internet en renseignant quelques informations :  leur type logement, le nombre de personnes qui y vivent, les langues parlées. Puis, grâce à une association d’aide aux réfugiés de la ville où habitent les internautes, le site s’occupe de mettre en contact le migrant et son hôte. Sur son site, « Refugees welcome » affirme être parvenu à trouver un logement à 134 réfugiés venus d’Afghanistan, d’Irak, d’Iran, de Syrie, d’Algérie, du Cameroun, du Mali, … Près de 800 Allemands dans 17 villes différentes se sont déjà inscrits sur le site.

Le site Refugees welcome permet de mettre en contact des Allemands et des migrants qui cherchent un logement.
Le site Refugees welcome permet de mettre en contact des Allemands et des migrants qui cherchent un logement.

Le loyer des migrants est entièrement pris en charge par ces derniers grâce au revenu généré par leur travail, des aides sociales ou bien des dons.

Ce concept d’entraide qui s’est aussi créé en Autriche depuis le début de l’année, pourrait bientôt être mis en place en Grèce, au Portugal et au Royaume-Uni.

Pétition en Islande

Sans passer par un tel site Internet, une écrivaine et professeure islandaise Bryndís Björgvinsdóttir a lancé dimanche 30 août une pétition sur Facebook. Près de 15 000 Islandais qui l'ont signée souhaitent accueillir des réfugiés syriens chez eux. Une position qui va à l’encontre de celle du gouvernement islandais qui avait annoncé accepter d'accueillir seulement 50 réfugiés au titre des quotas européens. Peu importe les imbroglios politiques soulevés par l'afflux de milliers de migrants, les citoyens européens trouvent, eux, leurs solutions pour les accueillir décemment.