Moldavie : entretien avec le Premier ministre Iurie Leancă

La crise ukrainienne fait écho à la situation en Moldavie : une minorité russophone et un territoire séparatiste pro-russe, la Transnistrie. Cette ex-République soviétique placée entre la Roumanie et l'Ukraine, inquiète d'une déstabilisation, veut devenir membre de l'Union européenne en 2019. Depuis fin avril, Bruxelles a levé l'obligation de visa pour les Moldaves se déplaçant dans l'espace Schengen. Le Premier ministre Iurie Leancă évoque sur TV5MONDE ce choix moldave en faveur de l'Union européenne.

dans
Moldavie : entretien avec le Premier ministre Iurie Leancă

07.05.2014Par Léa Baron
Ukraine

« Nous sommes très préoccupés par le développement de la situation en Ukraine,  explique en duplex sur le plateau du 64’ ce mercredi 7 mai 2014, le Premier ministre moldave Iurie Leancă. C'est notre voisin, un pays avec lequel nous partageons une frontière de plus de 1200km. C'est un pays très important pour nous du point de vue énergétique et avec qui nous entretenons des relations économiques, culturelles et humaines très étroites. »

La crise ukrainienne (et l’explosion récente à Odessa) inquiète d’autant plus le gouvernement moldave que ce petit pays de 3,5 millions d’habitants, a pour frontière commune avec l’Ukraine : la Transnistrie, une région séparatiste pro-russe (lire notre article). « La question la plus importante pour nous est de trouver une solution pour stopper l'escalade de cette situation (en Ukraine, ndlr). Bien sûr, pour nous, le principal est de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. » Comme celle de la Modalvie ?

Le président russe Vladimir Poutine fait, semble-t-il, marche arrière. Il a déclaré ce mercredi 7 mai avoir retiré ses troupes à la frontière avec l’Ukraine. Et il a également demandé aux séparatistes pro-russes ukrainiens de reporter le référendum prévu le 11 mai concernant l’indépendance de la « république » autoproclamée de Donetsk.

Mais par crainte d’une déstabilisation comme en Ukraine avec la Crimée, la Moldavie a accéléré son processus d’intégration dans l’Union européenne : « C'est notre droit souverain de choisir », explique le Premier ministre moldave Iurie Leancă écartant ainsi la réaction de Moscou qui ne soutient pas cette décision.


©TV5MONDE
©TV5MONDE
Europe

Pour le chef du gouvernement moldave, l’intégration de son pays dans l’Union européenne sera un gage de stabilité qui a manqué à l’Ukraine aujourd’hui en train de traverser une grave crise. « La priorité du gouvernement, des autorités moldaves est de continuer le processus de modernisation c'est-à-dire l'européanisation de la Moldavie, souligne-t-il. Continuer le rapprochement avec l'Union européenne, avec ses valeurs qui ont fait preuve de leur viabilité dans d'autres pays de l'Europe centrale. »

L’entrée pourrait se faire en 2019. En attendant, les citoyens moldaves n’ont plus besoin de visas pour se déplacer dans l’espace Schengen depuis la fin avril 2014.

L’intégration de la Moldavie repose aussi sur de grands changements dans le pays auquel doit s’atteler le gouvernement : « le principal est de créer des institutions et une  une économie de marché fonctionnelles, et bien sûr de respecter les droits de l'Homme, les droits fondamentaux. Bien sûr, c'est aussi important de poursuivre la réforme de la justice, de lutter contre le corruption, souligne le Premier ministre Iurie Leancă. Il est important de montrer à nos partenaires européens que nous ne sommes pas Européens seulement d'un point de vue géographique ou historique. »

Les autorités qui tiennent un discours pro-européen, vont devoir convaincre l’Union européenne mais aussi la population : « La tâche la plus importante pour le moment est de convaincre les citoyens moldaves que le choix européen correspond à leurs meilleurs aspirations et intérêts. Ce n'est pas quelque chose de facile mais ce n'est pas impossible. »