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Nouvelles tensions entre le Vénézuela et les Etats-Unis

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TV5 Monde-Commentaire : Anaïs Renevier

Donald Trump n'exclut pas " l'option militaire " concernant le Vénézuela, au lendemain de la première intervention du président vénézuélien Nicolas Maduro devant la toute récente Assemblée Constituante.

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"Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire", a déclaré vendredi 11 août Donald Trump. Une réaction aux propos tenus la veille par son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro déterminé à répondre "les armes à la main" à une éventuelle agression américaine. Lors de son premier discours devant les 545 membres de la toute récente Assemblée Constituante, Nicolas Maduro avait également déclaré souhaiter " une conversation personnelle" avec son homologue américain, Donald Trump. La réponse du président des Etats-Unis a été sans appel : " J'accepterai de parler avec Nicolas Maduro dès que la démocratie sera rétablie au Vénézuéla ".
 

Un régime contesté

Traité de "dictateur, par les Etats-Unis, Nicolas Maduro est depuis quelques mois vivement critiqué par la communauté internationale pour avoir enclenché une réforme institutionnelle. La nouvelle Assemblée Constituante, élue fin juillet est chargée notamment de réécrire la Constitution de 1999. Elle a notemment le pouvoir de dissoudre le Parlement actuel. Elle régira le pays durant au moins deux ans, le mandat du président s'achevant en janvier 2019. Les constituants sont pour la plupart issus de la société civile et appartiennent tous au camp présidentiel, l'opposition ayant boycotté le scrutin. L'élection des membres  cette Assemblée Constituante s'est effectuée dans un climat de violences entre forces de l'ordre et opposants à Nicolas Maduro. Depuis début avril, les manifestations ont fait plus de 125 morts dans un contexte de crise institutionnelle et économique. Des violences dénoncées par le haut-commissaire aux droits humains à l'ONU, Zeid Ra’ad Al-Hussein : « Depuis le début des manifestations, en avril, on constate une tendance évidente à l’usage excessif de la force à l’encontre des manifestants. Plusieurs milliers de personnes ont été placées en détention arbitraire, beaucoup auraient été victimes de mauvais traitements et même de torture", a-t-il précisé.
 

Le Vénézuela de plus en plus isolé


Une dizaine de pays ont ont refusé de reconnaître l'Assemblée Constituante depuis son élection. Les violences en marge du scrutin ont été vivement condamnées par l'Union européenne. Douze pays d'Amérique latine ainsi que le Canada ont dénoncé une "rupture de l'ordre démocratique" au Vénézuela. Début août, les Etats-Unis ont infligé des sanctions financières à l'encontre de huit responsables  vénézuéliens impliqués dans la mise en place de l'Assemblée Constituante. Leurs biens sur le territoire américain ont été gelés.
Face aux critiques internationales, Caracas a choisi d'envoyer un message clair :  "Nous, les Vénézuéliens, résoudrons notre conflit, notre crise, sans aucune sorte d'interférence étrangère, sans aucune sorte de mandat impérial", a prévenu la présidente de la Constituante vendredi 4 août, lors de son discours d'investiture.